‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 108 sur 329 · ENTRÉE DU ROI A MIUN H · texte numérisé non relu

ENTRÉE DU ROI A MIUN H

Chartres et messire Guyon d'Amboise; puis allaient les cent Suisses de la garde, lesquels cheminaient tous en flotte, la pique au col, sous la conduite de messire Guillaume de la Marche, leur capitaine; en après, les vingt-quatre archers du corps, lesquels étaient tous Écossais.

Le roi allait après, monté sur un coursier bayard, et vêtu d'une robe de drap d'or, et avec un bonnet de velours noir à deux rebras sur son chef. Avec lui et tout joignant étaient le cardinal d'Amboise et le cardinal de Trévolce; et après étaient le duc de Ferrare, le comte de Ligny, le seigneur de Ravestain, le seigneur de la Trémouille, le marquis de Mantoue, le marquis de Saluées, le marquis de Montferrat, le maréchal de Gié, le seigneur Jfean-Jacques, le seigneur de Chaumont et plusieurs autres grands seigneurs. Après étaient les quatre cents archers de la garde, tous à cheval et en armes; et à leur queue plus de douze cents Lombards à cheval, moult richement accoutrés. En cet état entra le roi dedans son fort château de Milan. Les mortes-paies de la place, qui en nombre étaient cent cinquante hommes d'armes et trois cents archers, furent là tous en armes, c'est à savoir les hommes d'armes armés à blanc, et tous la hache au poing, et les archers en brigandines, la salade sur la tête et l'arc tendu; et étaient tous à pied et à deux rangs, en moult bel ordre, depuis l'entrée du pont du château jusque devant la porte de la salle du roi ; ce qui durait presque un jet d'arc de chemin, entre lesquels passa le roi avec ses gentilghommes et toute sa garde; et puis entra en la salle pour reposer.

i 10. — SÉJOUR A MILAN. — ENTREVUE DU ROI ET DU DUC DE VALENTINOIS.

Dedans la ville de Milan demeura le roi l'espace de onze jours, et là fit droit à chacun et contenta tous, en manière que tout son pays de Lombardie, sous sa main, fut en tranquille repos et union paisible. De Rome vinrent lors vers le roi les cardinaux Pétri ad Vincula^^ Saint-Georges, Saint-Séverin, évèque de Maillezais en Poitou; le cardinal Ursin, le cardinal d'Albret, et grand nombre d'archevêques, évoques, abbés et protonotaires, lesquels lui firent offre de le servir à Rome, à leur possible, de tout ce que métier serait, et poui* ce que le pape Alexandre sixième "était lors perclus et mal de sa personne, dirent iceux cardinaux au roi que, s'il venait tôt à mourir, que la main tiendraient tous pour quelque cardinal qui voudrait être pape ; et est à penser que si le cas fût lors advenu, que maître Georges, cardinal d'Amboise, était en voie d'en avoir les clefs apostoliques pendues à sa ceinture.

Pour dire donc plus, fut vrai qu'en ces jours, le roi eut, derechef, force plaintes des excès que par armes faisait le duc de Valentinois, nonobstant la défense qu'autrefois lui en avait faite. Dont fit marcher en avant sept cents hommes d'armes, et mit sus six mille Suisses ; avec ce, fît mettre au charroi dixsept pièces de son artillerie, prises dedans le château de Milan, c'est à savoir de gros canons, quatre coulevrines et onze faucons, et les fit mener à Turin en Piémont, pour aller les faire mettre sur la rivière du Pô, et les conduire par eau jusqu'à Parme, de

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