LA CONQUÊTE, LA PERTE ET LA REPRISE DU MILANAIS
Après avoir établi tordre et la paix à Vintérieur^ Louis m voulut recommence!' en Italie la tentative de ^m prédécesseur \ en face de V orage qui se préparait^ les Italiens ne surent pas encore mettre une trêve à iiUTS discordes. Et cependant le roi de France prenait ks titres de duc de Milan et de roi de Naples. Il voulait m effet, comme héritier des Visconti, faire valoir ses prétentions sur le Milanais. Au lieu de se réunir contre le nouvel agresseur, les Italiens lui facilitèrent encore la tâche, Venise, qui avait été Vàmc de la ligue contre Charles VIII, le reconnut comme duc de Milan, et s'en* gagea à attaquer Ludovic le More avec six mille hommes, sur la promesse de la ville de Crémone et de la Ghiara d'Adda, Alexandre VI, jusque-là adversaire assez décidé des Français, se laissa désarmer par la cession faite à son fils César Borgia du duché de Vakntinois, avec promesse de secours, pour f aider à se faire une principauté dans la Romagne, Le roi de France n'avait pas d'inquiétudes du côté de VAllemagne, Vempereur MaximiUen étant occupé contre les Suisses,
S2 LOUIS Xll — ANNE DE BRETAGNE
La lutte ne fut pas longue. Louis XII, en homme habile, mit à la tête de vingt-cinq mille gendarmes^ suisses et gascons, un Italien, Jacques Trivulce, condottiere, guelfe exilé et ennemi juré de Ludovic le
More [4499).
§ 1. — PBISE D^ALEXANDRIE PAR l'ARMÉE FRANÇAISE.
(Saint-Gelais.)
Quand le roi eut son armée prête, telle qu'il lui sembla suffisante pour parfmir son entreprise, il fît passer toutes sortes de gens de là les monts, et il les suivit de bien près, comme celui qui n'eût pas voulu s'exempter d'être au plus fort de l'affaire. Il y avait un capitaine italien nommé Jehan Jacques de Trivulce, lequel avait laissé le seigneur Ludovic longtemps paravant à l'occasion des torts et griefs qu'il lui avait faits ; et aussi qu'il connaissait qu'il n'avait aucun droit en la seigneurie de Milan, et ne la tenait que par usurpation et tyrannie. Ledit de Trivulce servit bien à cette conquête et s'y acquitta loyaument, et on se conduisait plus par lui que par aucun autre, pour ce qu'il connaissait le pays et la nature des gens. Et étaient monseigneur de Ligny et lui lieutenants du roi. Pareillement fut ordonné monseigneur d'Aubigny, lequel demeura malade. L'armée tira droit à Alexandrie, ville dudit duché, là où il y avait grande garnison de gens d'armes : car le seigneur Ludovic y avait mis la plupart de sa force. Ladite ville fut assiégée. A l'arrivée ceux de dedans saillirent, et y eut de belles escarmouches, mais ils furent rembarrés de près jusque dans leurs barrières. Ladite ville fut fort battue. Quand le seigneur Galéas, et autres gens de guerre qui étaient dedans, virent la puissance du roi, et considérèrent que c'était à bon