‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 150 sur 329 · AMBASSADE DU CARDINAL D*AMB01SE A ROME · texte numérisé non relu

AMBASSADE DU CARDINAL D*AMB01SE A ROME

noir, et le corps de drap d'or frisé de noir, le tout semé des armes d'Orléans. Grand nombre des seigneurs de France en deuil, des gentilshommes du roi et des archers de la garde, étaient à le conduire, et par toutes les villes où passèrent, comme à Giéry, à Orléans, à Etampes, et autres lieux sur le chemin de Paris, toutes les processions des collèges et églises parochiales, avec les seigneurs et le peuple desdits lieux, furent au devant du corps; et tous prêtres qui pour le défunt célébrer voulurent, furent payés et repus, et tous les pauvres qui furent trouvés par les chemins eurent chacun un grand blanc pour prier Dieu pour Tâme de celui bon prince. A l'approcher de Paris jusqu'au bourg de la Reine, furent au devant du corps tous les princes et seigneurs qui lors étaient en Cour, toute la Cour de parlement, le prévôt et les seigneurs de Paris, l'université, Tévêque de Paris avec tout le clergé des collèges de la ville en procession; tant d'hommes en deuil et portant torches étaient là, et telle multitude de peuple que le nombre était plus grand que mon estimation ne pouvait comprendre. Toutes les cloches de la ville sonnèrent à cette venue, en manière qu'on n'eût là ouï tonner; quoi plus? en cette manière triomphale fut porté le corps en l'église des Célestins, et là très honorablement servi et somptueusement sépulture.

§ 8. — AMBASSADE DU CARDINAL d'aMBOISE AU ROI DES ROMAINS.

En ce même temps, le roi transmit en ambassade maître Georges d'Amboise, légat lors en France, devers le roi des Romains étant lors en Allemagne : lequel légat s'en alla bien accompagné d'évêques et

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d'autres seigneurs d'Eglise et de gentilshommes à grand nombre; et lui avait baillé, le roi, vingt-quatre archers de sa garde pour le conduire, lesquels portèrent en leurâ hoquetons chacun quatre mille écus que le roi envoyait audit roi des Romains, pour certaine cause et aucun traité fait entre eux (à porte close, quant à moi). Si s'en alla donc celui légat faire son message d'ambassade, lequel fut honorablement reçu et doucement traité dudit roi des Romains et des princes d'Allemagne, et ouï sur son dire tellement, que ce qu'il demandait, il obtint, et ce fait, se mit à chemin pour s'en revenir en France.

§ 9. — maladie du roi.

A la fm du mois de février (1503), le roi se trouva dedans Paris, tout altéré, et mal de sa personne, pour la froideur et humidité dudit lieu, qui par temps d'hiver est moult froid et moite; par quoi ses médecins lui dirent que le changement de l'air et l'éloing de ce lieu où il était lui allégeraient son mal, et que, pour le mieux de sa santé, Jbesoin était de s'en aller autre part; ce qu'il fit, car incontinent délogea de Paris et s'en alla par eau jusqu'au pont Saint-Cloud, et outre, pour le danger audit pont, sur lequel nul roi de France ne passe. De là s'en alla par terre jusqu'à Chartres, à Châteaudun, à Bonneval et à Rlois, la reine toujours avec lui. Audit lieu de Biois se trouva, par un temps, assez bien, et fît très bonne chère, et là, avec la reine et Madame Claude, leur fille, fit joyeusement sa fête de Pâques, sur laqut^Ue finirai ma chronique de l'an 1504 (v. st.), pour commencer des laits de l'an ensuivant.

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