‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 160 sur 329 · D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

D'ANGLETERRE

(Jean d'Ahton.)

Toutes ces choses résolues, le roi s'en alla de Tours à Amboise, où séjourna cinq jours, et puis tira droit à Blois, où devers lui vint en ambassade, pour le roi d'Angleterre (Henri VllI), un chevalier anglais nommé messire Charles de Sombreset, parent dudit roi d'Angleterre : lecjuel ambassadeur fut du roi honorable-

SÉJOUa DU ROI A BLOIS 61

ment reçu et festié à souhait et ouï sur ce qu'il voulait dire et demander, qui était que ledit roi d'Angleterre, qui bon pour les Français avait toujours été et était, en voulant de plus en plus fort être, et pour accroître Talliance et renforcer l'amitié d'entre le roi et lui, demandait avoir en mariage Marguerite d'Angoulême *, proche parente du roi; et sur ce, bailla, ledit ambassadeur, par articles, l'intention dudit roi d'Angleterre, et tout ce qu'il voulait dire. Le roi vit ces articles et lut de point en point, et iceux mit en conseil pour en avoir l'opinion. Le cas fut débattu à plusieurs fois, et sur ce allégué divers propos et maintes choses, et entre autres, dit que si le roi n'avait aucuns hoirs mâles de sa chair procréée, et que si monseigneur François d'Angoulême, par défaut de ce, succédait à la couronne comme le plus proche et aussi qu'en hoirs màles défaillît, au moyen du mariage de ladite Marguerite d'Angoulême, sœur dudit monseigneur, pourraient les Anglais, en l'avenir et contre l'ordonnance de la loi salique, quereller, comme par un tel cas ont fait, le royaume de France; ce qui pourrait à telle heure mouvoir guqrre qui serait immortelle entre les Français et Anglais, et à la perte de tout le royaume de France. Par quoi fut conclu, à la fin, que celui mariage ne se ferait; dont s'en retourna ledit ambassadeur sans autre chose faire.

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