DÉMÊLÉS AVEC PHILIPPE LE BEAU
(Saint-Gelais. — Jean d'Auton.)
Quelque temps ensuivant, les officiers de Tarchiduc, comte de Flandre, firent de grands excès à un sergent royal qui allait pour faire aucuns exploits de justice. Le roi, qui a mieux gardé l'autorité de sa couronne et de sa souveraine justice que ne fit oncques autre devant lui en aucuns temps, incontinent qu'il en fut averti, envoya à monseigneur le comte de Nevers, son cousin germain, devers ledit archiduc, à ce qu'il voulût faire réparer ledit exploit, l'avertissant que s'il ne le faisait, qu'il y donnerait provision telle qu'il appartiendrait. Et en effet, il y besogna si sagement et prudemment, que la réparation en fut faite, ainsi qu'il l'entendait à son grand honneur, et
1. La mort d'Isabelle, survenue le 26 novembre 1504, avait complètement changé la situation de la France dans ses rapports avec l'archiduc nouveau roi de Castille et Ferdinand le Catholique, ennemi de son gendre.
de la justice et de tout le royaume. Car eu tel cas qui concerne magnanimité et hautesse, oncques autre prince ne s'y montra plus vertueux. (Saint-Geiais.)
Philippe d'Autriche, archiduc, faisait lors la guerre au duc de Gueldre, parent du roi, et de tout son pouvoir contrariait au vouloir dudit seigneur, et mêmement pour l'évêché de Tournay dont il voulait pourvoir un des seigneurs de son conseil, nommé Charles du Hautbois, et avec ce, faisait prises et surprises sur les droits de la juridiction de Tournay appartenant au domaine de la couronne. Par quoi le roi envoya en ambassade par divers lieux Engilbert, monseigneur comte de Nevers, avec grand nombre de gentilshommes, et bien accompagné de gens de conseil, desquels étaient maître Jean Poncher, évèque de Paris; maître Pierre de Saint-Andrieu, juge-mage de Garcassonne, et maître Jacques Olivier, son avocat en parlement; auxquels ne voulut ledit archiduc donner audience, ni tenir paroles d*amitié, ni faire raison de son tort. De quoi, le roi, averti, délibéra donner secours contre lui au duc de Gueldre, et lui faire réparer par force le méfait que par amitié ne voulait amender. (Jean d'Auton.)
§ 2. — PROPOSITION d'alliance de la part du roi