LE ROI SE FAIT LA MAIN POUR LA GUERRE
et monseigneur de Genève, son frère, vinrent au devant de lui, très bien accompagnés. Et durant tout ce voyage furent toujours avec ledit seigneur messeigneurs de Bourbon, de Lorraine et de Vendôme. Et monseigneur d'Alençon vint jusqu'à Ast, où il demeura malade, et quant à monseigneur le comte de Foix, il n'arriva jusqu'à ce qu'on fût à Gènes. Quand le roi fut arrivé à Ast, qui était le lieu ordonné pour assembler toute son armée, ainsi qu'il y séjournait, il ouït nouvelles comment ceux de Gènes, lesquels auparavant s'étaient retirés du siège de Monaco, avaient fait un duc d'un teinturier de soies. Lequel, combien qu'il fût de cette vocation, et non noble, ni de vertus ni de sang, avait bien eu l'audace d'entreprendre ce titre sur la prééminence, autorité et seigneurie d'un si très grand prince que le roi. Lequel, quand il le sut, n'en fit aucun compte, pensant de brief y pourvoir ainsi qu'il fit.