‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 181 sur 329 · Boire, en allem. trinken · texte numérisé non relu

Boire, en allem. trinken

mand, qui avait le sien au poing, et la hallebarde en l'autre, mit son bâton contre une muraille près de là, et tout soudain en mauvais français commença à dire : « Ha! velain, veiain, appartient-il vous servi premier que moi ! » Et ce disant, prit le varlet par le collet et le voulut faire reculer. Mais le varlet fut vert, et se tint ferme ; et voyant que l'Allemand le voulait gouspiller, lâche son pot, et happe aussi son homme au collet, et du collet à la perruque, où bien à point se commencèrent à pellauder, et donner l'un à l'autre gros coups de poing sur la tète et par le visage. Là s'assemblèrent grand nombre d'autres Allemands et laquais français, lesquels, voyant ce combat, qui n'était qu'à coups de poing, et à cause de débat de vin, se commencèrent tous à rire, et les laissèrent battre longuement, jusqu'à ce que l'Allemand, qui avait eu un coup de poing sur le nez jusqu'au sang, voulut mettre la main à la hallebarde, et le varlet à l'épée ; dont furent départis par leurs compagnons, lesquels, enquis du tort, blâmèrent l'Allemand combien que volontiers eussent eu ensemble, et de léger, question de plus; mais, dun côté et d'autre, avait grosse bande, par quoi cessèrent et firent boire les deux compagnons ensemble et emplir leurs pots. Ainsi méprisaient, iceux Allemands, les piétons français, disant que, sans le secours de leurs lignes, les gens d'armes à cheval de France n'auraient sûr renfort de leurs piétons, car peu d'ordre tiennent en bataille, facilement sont épartis, et à grand'peine ralliés. Et de vrai, combien que prou de gens de pied soient en France bons combattants, hardis et légers à la guerre, toutefois les Allemands tiennent communément meilleur ordre, et plus malaises sont à rompre, et mieux duits au rallier , mais tant y a que, au plus des fois, sont difficiles au paie-

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