‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 205 sur 329 · RÉPUTATION DE LA RÉPUBLIQUE DE VENISE · texte numérisé non relu

RÉPUTATION DE LA RÉPUBLIQUE DE VENISE

Qui est donc celui tant puissant prince, ayant sens et conseil, qui n'eût bien craint d'assaillir seul une seigneurie si grande, si puissante de terre, de cités, de villes et de pays? si riche, et si abondante d'or et d'argent, et de toutes choses nécessaires? si crainte, estimée et redoutée par toutes les parties du monde? et qui souvent, et par si longtemps, avait fait expérience de sa grandeur, et démontré clairement sa force et sa puissance? Mémement de notre temps contre tous les princes et tous les autres potentats d'Italie, lesquels au temps du pape Sixte, quatrième de ce nom, tous conjurés ensemble, firent contre eux leur effort. Et néanmoins, à la fin par appointement, ne retinrent et recouvrèrent pas tant seulement ce qu'ils avaient et tenaient auparavant la guerre; mais encore leur demeura une partie des terres qu'ils avaient prises sur le duc de Ferrare. Et qui plus fait à estimer, n'avaient-ils pas soutenu, un peu devant, la guerre contre MahomeV, le grand seigneur des Turcs, père de celui qui règne à présent (qui tant était craint et redouté de toutes nations, et tant avait conquis et soumis d'empires, de royaumes, de provinces et de pays), l'espace de quatorze ans, en diverses aventures, sans y faire grande perte, ayant néanmoins ce temps pendant plusieurs autres guerres en Italie? Pour lesquelles choses et autres grandes victoires qu'ils ont eues en divers temps, tant par mer que par terre, et tant en Europe qu'en Asie, leur renommée était si grande par tout le monde, et même entre les princes orientaux, qu'eux seuls avaient loi de demeurer en

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