‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 222 sur 329 · RATIFICATION DES TRAITÉS PAR LE ROI DE FRANCE · texte numérisé non relu

RATIFICATION DES TRAITÉS PAR LE ROI DE FRANCE

(Sainl-Gelais.)

Au mois de février en cette même année (lo09), le roi partit de Blois et, en passant le temps à chasser et à voler, il arriva au commencement de carême en la cité de Bourges, et la reine avec lui, monseigneur et plusieurs autres seigneurs en sa compagnie. Et

1. Maximilien, qui avait conclu tout récemment une trêve de trois ans avec les Vénitiens, ne pouvait la rompre sans quelque honnête prétexte : on le trouva. Il fut convenu que le pape lui notifierait de venir, en sa qualité d'avoué et de défenseur de l'Eglise, aider Sa Sainteté à reconquérir les biens ravis au patrimoine de Saint- Pierre. Le traité relatif au duc de Gueldre fut solennellement publié dans la cathédrale de Cambrai ; quant à l'autre, on se garda bien d'en laisser soupçonner l'existence. La France était la moins intéressée dans cette coalition; ce fut néanmoins sur elle que toutes les charges retombèrent. Louis XII se laissait encore une fois j<^uer par ses ambitieux alliés. Maximilien, Louis XII, Jules II, Ferdinand le Catholique, le duc de Savoie, le duc de Ferrare et le marquis de Mantoue se liguaient pour la ruine de Venise, comme usurpatrice, tyrannique et provocatrice de discordes. C'est la France qui devait fournir une armée et entamer les hostilités.

Florence seule pouvait encore s'intéresser au sort de Venise. Le roi de France et le roi d'Espagne, pour la gagner, lui vendirent enfin, au prix de cent cinquante mille ducats, la malheureuse Pise, qui, après une lutte de quatorze ans, fut obligée de rouvrir ses portes et de retourner à l'ancienne servitude {alla catena antica).

Ai LA LIGUE DE CAMBRAI

étant là, l'ambassade du roi des Romains y arriva, et eurent audience publique en la salle, où le roi était accompagné de monseigneur le légat et de messeigneurs les princes de son sang et lignage, et de plusieurs archevêques et évéques, et autre grand nombre de gens de bien. Ils firent leur proposition belle et honorable, remontrant la cause pourquoi ils étaient là venus. Et, par le commandement du roi, monseigneur le Chancelier leur fît réponse ainsi qu'il appartenait, et furent très bien recueillis et festoyés tellement qu'ils avaient occasion d'être contents. Car sans point de faute, c'est une coutume quasi naturelle qu'en la cour de France tous ambassadeurs et autres étrangers y sont mieux et plus gracieusement recueillis qu'en nulle autre cour, ni maison de prince sur la terre. Car là est le séjour de tout honneur et courtoisie. En briefs jours après, en la Sainte-Chapelle du palais de ladite ville de Bourges, le roi jura la paix, qui avait été accordée à Cambrai, en la présence des dessusdits ambassadeurs, et d'autre grand nombre de gens de tous Étals. Dieu veuille qu'elle soit bien gardée et tenue.

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