‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 223 sur 329 · AFFAIRES INTÉRIEURES DE FRANCE ET MORT · texte numérisé non relu

AFFAIRES INTÉRIEURES DE FRANCE ET MORT

DU CARDINAL DAMBOISE.

§ 1. — DÉCLARATION DE GUERRE AUX VÉNITIENS. — DÉPART DU ROI POUR LA GUERRE.

• Peu de jours après la paix jurée, les gens du roi des Romains, très contents par semblant, à voir leur raine et contenance, s'en retournèrent devers leur maître. Et le roi partit de Bourges pour s'en aller à Lyon, là où il arriva environ la semaine sainte. Il y fit les Pâques, et au lendemain, mil cinq cent neuf, il partit de ladite ville de Lyon, pour parfournir son entreprise contre les Vénitiens. Car il avait promis de commencer sept semaines plus tôt que les autres. Ce qu'il fît. Car il n'est aucun qui tienne sa promesse si loyalement qu'il fait, et, plus de trois semaines avant, il avait envoyé Montjoye, son héraut, sommer lesdits Vénitiens qu'ils eussent à lui rendre ce qu'ils usurpaient du sien au duché de Milan, et ce qu'ils tenaient du pape, et de l'Église, et des rois des Ro-

mains et d'Espagne, ses alliés. Et s'ils étaient refusés de ce faire, ledit Montjoye avait charge de les défier, en leur déclarant la guerre en telle sorte que tels princes ont accoutumé en tel cas. Et ils firent refus de tout, pourquoi à bonne et juste cause leur fut la guerre déclarée, et commencèrent les Français à courir sur leurs terres, et prendre places, villes et châteaux. Et cependant lui arriva à Grenoble et la reine l'accompagna jusque-là. Il n'y séjourna guère qu'il ne passât les montagnes, qui est un chemin qu'il a assez souvent fait, combien qu'il soit très mal plaisant. Il laissa avec la reine Monseigneur *, lequel sans point de faute fût de bon cœur allé avec lui, et lui en fit plusieurs fois requête, mais la reine ne s'y voulut accorder. Messeigneurs d'Alençon, de Bourbon, de Nemours, de Lorraine, de Vendôme et de Nevers allèrent quant à lui. Il laissa monseigneur le chancelier et messeigneurs de Saint- Vallier, de Montmorency et du Bouchage, pour tenir compagnie à la reine, et pour aviser aux affaires, s'il en survenait aucunes.

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