ET DE JACQUES TRIVULCE
§ 1. — NOBLES PAROLES DE LOUIS XII A LA VEILLE DE SA RUPTURE AVEC LE PAPE *.
(Ab. Desjardins, 'Négociât, de la France avec la Toscane, t. 11, p. 501.)
« Dieu m'a donné plus de grâce que je n'en mérite. Je suis en meilleure santé que je ne l'ai jamais été de ma vie. J'ai l'espérance d'avoir un successeur. Je suis plus riche que ne l'a jamais été roi de France jusqu'à présent; car j'ai la persuasion de pouvoir dépenser toutes les ressources de ce royaume comme si elles se trouvaient dans ma propre bourse. Et, s'il en était jamais besoin, je réunirais en un rien de temps une somme d'argent telle, que la dire en ce moment paraîtrait mensonge. Je me suis acquis, indépendamment des Etats qui m'appartiennent légitimement, l'amour et la crainte de mes peuples, en sorte que je ne désire que deux choses : le salut de
1. Dès le commencement de l'année 1510, on pouvait prévoir que le pape, après avoir fait une paix séparée avec Venise, ne songerait plus qu'à retourner contre Louis XII la ligue formée à Cambrai.