‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 264 sur 329 · DONT LES EXTRAITS DE CE VOLUME SONT TIRÉS · texte numérisé non relu

DONT LES EXTRAITS DE CE VOLUME SONT TIRÉS

Le Loyal Serviteur.

Histoire du bon Chevalier sans peur et sans repioche LE seigneur de Batard.

Il n*y a pas, dans notre histoire militaire, de renommée plus populaire que celle de Bayard, ni, dans toute notre littérature, de livre plus attrayant que le récit du Loyal Serviteur, Il a, sur les romans de chevalerie, Tincomparable avantage de la vérité historique. Les aventures des paladins sont des fictions merveilleuses ; les actes du bon Chevalier sans peur et sans reproche sont des réalités admirables.

Publiée trois ans à peine après la mort de Bayard, en 1527, l'histoire de sa vie ne souleva aucune contradiction. Plusieurs de ses plus illustres contemporains, Bonnivet, la Trémouille, Sufifolk, l'héroïque la Palisse, succombèrent dans la funeste journée de Pavie; mais il en restait beaucoup qui l'avaient vu d'assez près pour être en état de contrôler et de contester au besoin les assertions de son historien : au premier rang, le capitaine Louis d'Ars, qui l'avait connu dès sa première jeunesse; le capitaine Pierrepont, son lieutenant pendant de longues années; Montmorency, son compagnon d'armes et son aide dans la défense de Mézières; avant tous, le roi qui l'avait choisi pour parrain dans l'ordre de chevalerie, François I«'. Pourquoi, parmi ces témoins autorisés, ne

placerions-nous pas Montluc? C'est en effet sous les ordres de Bayard que ce cadet de Gascogne servit d'abord comme archer dans la compagnie du duc Antoine de Lorraine.

Lés documents écrits, les mémoires du temps s'accordent, en tout ce qui est essentiel. avec les récits du Loyal Serviteur. On peut donc tenir pour authentique le portrait qu'il nous a donné de son maître.

Ce modèle de toutes les vertus militaires exerce un attrait invincible par son héroïque bravoure, son désintéressement, son profond amour du bien public, son humanité chevaleresque, sa modestie et sa verve toute française.

Le biographe d'un pareil homme, le Loyal Set'viteur, qui avec une modestie trop grande a dérobé son nom à notre admiration, est à la hauteur de son sujet, avec lequel il semble s'être complètement identifié. Il est à peu près certain aujourd'hui que le nom du Loyal Serviteur était Jacques de Mailles. En 1719 le père Lelong disait déjà que l'auteur de la vie de Bayard était son secrétaire et que certaines libertés d'appréciations l'avaient empêché de se nommer. Cette opinion est confirmée par des recherches récentes. (Voir l'introduction de l'édition du Loyal Serviteur donnée par les soins de M. Lorédan Larchey, Hachette, 1884, in-4.) Jacques de Mailles fut probablement un gentilhomme du Grésivaudan, pays de Bayard, servant en qualité d'archer dans sa compagnie d'ordonnance et exerçant les fonctions de secrétaire auprès de lui. Après avoir suivi la carrière des armes, il aurait exercé la profession de notaire et reçu, en cette qualité, le contrat de mariage de la fille de Bayard avec le sire de Boczosel.

Jean dé Saiiift-Gelais.

Jean de Saînt-Gelais, frère et oncle des poètes Octavien et Mellin de Saint-Gelais, a écrit une Histoire de France depuis 14'70 jusqu^à 1510, publiée par Th. Godefroy.

i78 NOTICES

Glande de Seyssel.

Claude de Seyssel, né vers 1450 à Aix en Savoie, mort en 1520, occupa d'abord une chaire d'éloquence à Turin, puis fut appelé en France par Louis XII et Georges d'Amboise, et devint évêque de Marseille en 1509, ambassadeur de France à la diète de Trêves en 1512 et au concile de Latran en 1514, archevêque de Turin en 1517. On a de lui : Histoire singulière du roi Louis XII, Paris, 1508, in-8; — la Gi^ande Monarchie de Finance, 1519, in-4, sorte de traité en cinq parties sur la puissance de la France et le développement possible de sa prospérité ; une traduction française de Justin; d'autres, d'après des versions latines, de Thucydide, Xénophon, Appien, Diodore, Eusèbe, etc.; un traité de la loi Salique en latin.

Mémoires de Flearanf^e rAdventareax.

Né en 1492, mort en décembre 1536, Robert III de la Marck, seigneur de Fleurange et de Sedan, fut le fils du célèbre Robert de la Marck, surnommé le* Grand Sanglier dee ^Ardennes, qui tpur à tour conquit, perdît et reprit sa souverairieté. Il quitta une première fois le service de François I*' pour Charles-Quint,* puis, apprenant que Charles-Quint voulait le déposséder du duché de Bouillon, il lui déclara la guerre en pleine diète à Worms en 1521, repassa au service de Françoit^ V'^ et devint le premier prétexte de la guerre qui s'alluma entre les deux rivaux»

Son fils Fleurange avait été envoyé dès l'âge de neuf ans à la cour de Louis XII et s'était attaché au jeune François d'Angoulême, depuis François I»*', et il le servit toujours avec courage et dévouement. Le refus qu'il lit d'imiter en 1518 la défection de son père lui* valut d'être déshérité» Charles-Quint n'était encore que roi d'Espagne. Au moment de la mort de Maxiniilien* François Ic',qui briguait la couronne Impériale en môme

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temps que le jeune roi, envoya Fleurange comme son ambassadeur en Allemagne; mais, malgré toutes ses prodigalités, Fleurange, ne put réussir, et Charles-Quint fut élu.

Quand la guerre commença, toutes les possessions de la maison de la Marck furent envahies; les trois frères Fleurange, Jamets et Saussy déployèrent le plus grand courage; mais il fallut céder au nombre, et ils furent réduits à la ville et au château de Sedan.

Fleurange suivit François !«', et fut fait prisonnier aussi à la bataille de Pavie en 1525. Charles-Quint lui fit subir un rigoureux emprisonnement dans la citadelle de l'Ecluse. Ce fut dans cette prison que, pour passer son temps plus légèrement et n'être oiseux y il composa les Mémoires dont nous publions des extraits. Il ne fut remis en liberté qu'après le traité de Madrid, fut fait capitaine des gardes et maréchal de France, et obtint pour dédommagement de ses pertes les villes de Château-Thierry et de Châtillon-sur-Marne. Dix ans plus tard, il défendit et sauva Péronne, assiégée par le comte de Nassau, général de Charles-Quint. Cette même année, son père étant mort, Fleurange se disposait à aller prendre possession de sa souveraineté de Sedan lorsqu'une fièvre violente l'arrêta à Longjumeau, où il mourut au mois de décembre 1536.

Ses Mémoires, pleins d'entrain et de gaieté militaires en même temps que de fine naïveté, ont été pu- Wiés dans les collections Buchon (IX), Michaud (V), Petitot (XV).

FÎN

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