‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 268 sur 329 · LE PAPE JULES II ET LOUIS XII · texte numérisé non relu

LE PAPE JULES II ET LOUIS XII

LA BATAILLE DE BOLOGNE. — LA SITUATION EUROPÉENNE.— LA TRÈS SAINTE LIGUE.

Maximilien était sollicité par Louis XII de convoquer un concile général; mais il craignait un schisme et plus encore la puissance des Français, qu'il voyait s'élever sur celle des Vénitiens, SHl eût pu recouvrer sans guerre les territoires quHl réclamait de la république^ il evi prêté Vordlle aux intrigues du pape et de Ferdinand^ qui le pressaient d'entrer dans leur alliance. Il convoqua à Mantoue un congrès pour la pacification de V Italie, et s'y fiJt représenter par Mathieu Langen, évéque de Qurk, Le roi de France y fit les propositions les plus modérées; mais le pape parvint à rendre le congrès inutile. Alors Louis, malgré les résistances de sa femme Anne de Bretagne et la mauvaise volonté de la gouver^^ nante des Pays-Bas Marguerite, qui cherchait à détacher son père de ralliance française, ne ménagea plus le pontife.

2 U TRÈS SAINTE LIGCE

Vassemblée du clergé de Lyon (mars-avril) décréta la convocation d'un concile universel à Pise. Des écrits menaçants contre V autorité pontificale furent publiés; enfin une grande armée s'apprêta à passer les Alpes, C'est sur ces entrefaites qu'eut lieu la bataille de Bologne {22 mai 15 H), .

§ 1. — DÉTAILS RELATIFS A LA BATAILLE DE BOLOGNE ET A SES CONSÉQUENCES.

(Lettres de Louis XII, t. II.)

Madame \ tant et si très humblement que puis, me recommande à votre bénigne grâce.

Madame, pour ce que les choses de par deçà sont si diverses et étranges que Dieu pour nos péchés comme je crois permet, aussi que par vos lettres m'avez ordonné vous en avertir souvent, depuis naguère vous en ai averti plusieurs fois, mémement de ce que sans titres et autre adresse ai pu écrire.

Et selon le contenu, madame, de mes dernières lettres, les Français jeudi dernièrement passé environ minuit ont aidé mettre les Bentivols en Bologne, qui paravant avaient été ensachés du pape, et incontinent que le cardinal de Pavie, légat et gouverneur dudit Bologne et de toute la Romagne, vit et connut la grande faveur et intelligence que lesdits Bentivols avaient audit Bologne, s'enfuit, mais la plus grande part de ses gens et de ses biens furent pris.

Lendemain du matin certains du peuple indignés contre le pape prirent la statue dudit pape, qui avait été mise pour mémoire sur le marché au-dessus du palais, et lui tirèrent jus la tête, depuis par contem-

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