‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 269 sur 329 · Cette lettre est adressée à Marguerite d'Autriche · texte numérisé non relu

Cette lettre est adressée à Marguerite d'Autriche

TRtVULCE DEVANT BOLOGNE 3

hement brûlèrent publiquement la tête, disant dudit pape ce que bon leur semblait, tantôt après prirent aussi un certain évèque qui avait été secrétaire du cardinal Deauls, et depuis comme Ton dit fut occasion de sa prison, et le menèrent assez honteusement par la ville, lequel à la fin à coups d'épée entre eux tuèrent, et en outre pillèrent et dérobèrent aussi la maison d'un certain bourgeois leur ennemi, ensemble tous les gendarmes qui trouvèrent en la ville sans faire toutefois autre homicide comme l'on dit, sinon d'un Espagnol qui était laquais dudit cardinal.

L'armée dudit pape et des Vénitiens, qui était, comme aussi vous ai écrit, à une petite lieue près de la ville, ayant aussi entendu ce que dit est, le matin même se levèrent, pressant en grande hâte leur chemin vei*s Imole, mais le seigneur Jean -Jacques de Trivulce, chef de l'armée desdits Français, les poursuit de si près qu'il rua jus une grande partie des* dits Vénitiens qui étaient les derniers, et ceux qui s'enfuirent furent tous dépouillés des vilains de là entour; de là ledit seigneur s'en alla avec ceux de ladite ville mettre le siège devant le château dudit Bologne, que ledit pape a fait faire tout de nouveau, et depuis pour certaines raisons est allé avec toute l'armée devers ledit Ymole, qui est aussi cité dudit pape, et avec le reste desdits Vénitiens se sont pour la plupart réduits plus haut vers Ravenne ; aucuns disent que ledit pape est délibéré les faire là rassembler pour encore résister, avec tout autre aide qu'il pourra avoir, auxdits Français ; les autres disent que, comme désespéré, il retournera à Rome ou à Venise, mêmement à cause que déjà les citations sont été envoyées par deçà pour le faire citer au futur conseil, soit à Pise ou à Mantoue où il voudra de par l'empereur, le roi

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susdit de France et neuf cardinaux, et sais pour vrai que la copie en a été envoyée es Florentins, pour la faire publier, ce que encore n'ont fait.

En outre, madame, qui est encore plus énorme, le duc d'Urbin, neveu dudit pape et chef de son armée, samedi au matin dernièrement passé, en rencontrant sur le marché dudit Ravenne ledit cardinal de Pavie, qui était le premier envers ledit pape, lui bailla d'un poignard en Testomac, et incontinent sur le lieu même le fit achever de tuer par ses serviteurs, à cause tant seulement, comme l'on dit, que ledit cardinal, en présence de plusieurs, lui dit que par sa mauvaise conduite avait été occasion de tel inconvénient, avec ce aussi que paravant avait toujours eu quelque inimitié contre lui.

Tant est, madame, que fûmes par deçà tous en grand travel tellement qu'à ce qui me semble ne vous saurais dores en avant de guère plus servir par deçà, parquoi derechef vous prie en toute humilité, comme déjà par mes autres lettres ai fait, que votre plaisir soit me faire avertir de ce que vous voudrez que fasse, et aussi me faire payer de mes gages d'un demi-an échu le XXV de ce présent mois, soit que voulez que m'en retourne ou que demeure, car autrement ne pourrais bonnement obéir à vos commandements, comme grandement désire, et très tenu suis, à cause des grands frais que journellement m'a convenu et encore convient faire.

Madame, je prie sur ce le Créateur qui vous ait en sa sainte garde et vous donne l'entier accomplissement de vos très nobles et très hauts désirs. Ecrit à Fayence le 26 de mai, an mil cinq cent onze. Le tout votre très humble et loyal sujet et serviteur : Ferry Carondelet. ^ ,

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