DONT $ONT TIRÉS LES EXTRAITS DE CE VOLUME
Jean Bouchet.
Né à Poitiers en 1476, mort vers 1550 où 1555, Jean Bouchet succéda à son père dans la charge de procureur qu'il avait exercée à Poitiers. On a de lui un grand nombre de vers fort médiocres. Ses deux meilleurs ouvrages sont les Annales d* Aquitaine et Antiquités de Poitou, imprimées pour ta première fois à Poitiers en un vol. in-folio, en 1524; et l'autre est le Panégyrique de Louis de la Trémouille, que nous reproduisons ici. Ce dernier ouvrage fut imprimé en lettres gothiques à Poitiers, in-4, en 1527; on lit à la fin : « Cy finist le Chevalier sans reproche, composé par maistre Jehsui Bouchet, procureur es cours royalles de Poicliers. Imprimé par Jacques Bouchet, demourant audict Poictiers, à la Celle. Et se vendant en la boutique dudict Bouchet et au Pellican près le Palais, et fut achevé le 28« jour de mars 1527. »
C'est la seule édition complète. Les éditions qui ont paru depuis ne sont qu'une sorte d'extrait. Nous nous sommes contenté de donner des extraits de la partie purement narrative, laissant de côté toutes les phrases de rhétorique, qui sont, en effet, pleines d'une ridicule aiïectation de pédantisme.
Le Loyal ServHear.
Histoire du bon Chevalier sans peur et sans reproche
LE SEIGNEUR DE BaYARD.
Il n*y a pas, dans noire histoire militaire, de renommée plus populaire que celle de Bayard, ni, dans toute notre littérature, de livre plus attrayant que le récit du Loyal Serviteur. Il a, sur les romans de chevalerie, Tincomparable avantage de la vérité historique. Les aventures des paladins sont des Hélions merveilleuses, les actes du bon Chevalier sans peur et sans reproche sont des réalités admirables.
Publiée trois ans à peiDC après la mort de Bayard, en 1527, l'histoire de sa vie ne souleva aucune contradiction. Plusieurs de ses plus illustres contemporains, Bonnivet, la Trémouille, Suffolk, l'héroïque la Palisse, succombèrent dans la funeste journée de Pavie; mais il en restait beaucoup qui Pavaient vu d*assez près pour être en état de contrôler et de contester au besoin les assertions de son historien : au premier rang, le capitaine Louis d'Ars, qui l'avait connu dès sa première jeunesse; le capitaine Pierrepont, son lieulenaht pendant de longues années; Montmorency, son compagnon d'armes et son aide dans la défense de Mézières; avant tous, le roi qui l'avait choisi pour parrain dans l'ordre de chevalerie, François I^"^. Pourquoi, parmi ces témoins autorisés, ne placerions-nous pas Montluc? C'est en effet sous les ordres de Bayard que ce cadet de Gascogne servit d'abord comme archer dans la compagnie du duc Antoine de Lorraine.
Les documents écrits, les mémoires du temps s'accordent, en tout ce qui est essentiel, avec les récits du Loyal Serviteur. On peut donc tenir pour authentique le portrait quMl nous a donné de son maître.
Ce modèle de toutes les vertus militaires exerce un attrait invincible par son héroïque bravoure,' son désintéressement, son profond amour du bien public, son
humanité chevaleresque, sa modestie et sa verve toute française.
Le biographe d*un pareil homme, le Loyal Serviteur, qui avec une modestie trop grande a dérobé son nom à notre admiration, est à la hauteur de son sujet, avec lequel il semble s^être complètement identifié. Il est à peu près certain aujourd'hui que le nom du Loyal Serviteur était Jacques de Mailles. En 1719, le père Lelong disait déjà que l'auteur de la vie de Bayard était son secrétaire et que certaines libertés d'appréciations l'avaient empêché de se nommer. Cette opinion est confirmée par des recherches récentes. (Voir l'introduction de l'édition du Loyal Serviteur donnée par les soins de M. Lorédan Larchey, Hachette, 1884, in-4.) Jacques de Mailles fut probablement un gentilhomme du Grésivaudan, pays de Bayard, servant en qualité d'archer dans sa compagnie d'ordonnance et exerçant les fonctions de secrétaire auprès de lui. Après avoir suivi la carrière des armes, il aurait exercé la profession de notaire et reçu, en cette qualité, le contrat de mariage de la fille de Bayard avec le sire de Boczosel.
Claude de Seyssel«
Qlaude de Seyssel, né vers 1450 à Aix en Savoie, mort en 1520, occupa d'abord une chaire d'éloquence à Turin, puis fut appelé en France par Louis XII et Georges d'Amboise, et devint évêque de Marseille en 1509, ambassadeur de France à la diète de Trêves en 1512 et au concile de Latran en 1514, archevêque de Turin en 1517. On a de lui : Histoire singulière du roi l^Quis Xli, Paris, 1508, in-8; — la Grande Monarchie de France, 1519, in-4, sorte de traité en cinq parties sur la puissance de la France et le développement possible de sa prospérité; une traduction française de Justin; d'autres, d'après des versions latines, de Thucydide, Xénophpn, Appien, Diodore, Eusèbe, etc.; un traité de la loi ^alique en latin.
Roberl in de U Marck,
Seig.nedr de Fleuranoe et de Sedan.
Né ea 1492, niort en décembre 1336, Fleurange fut le fils du célèbre Robert de la Marck, surnommé le Grand Sanglier des Ardennes, qui tour à tour conquit, perdit et reprit sa souveraineté. 11 quitta une première fois le service de François P', pour Charles-Quint; puis, apprenant que Charles-Quint voulait le déposséder du duché de Bouillon, 11 lui déclara la guerre en pleine diète à Worms en 1521, repassa au service de François 1**, et devint le premier prétexte de la guerre qui s'alluma entre les deux rivaux.
Son Ûls Fleurange avait été envoyé dès Tâge de neuf ans à la cour de Louis XII et s*était attaché au jeune François d'ÂngouIême, depuis François I*', et il le servit toujours avec courage et dévouement. Le refus qu'il fit d'imiter, en 1518, la défection de son père lui valut d*étre déshérité. Charles-Quint n'était encore que roi d'Espagne. Au moment de la mort de Maxiroilien, François P%qui briguait la couronne impériale en même temps que le jeune roi, envoya Fleurange comme son ambassadeur en Allemagne; mais, malgré toutes ses prodigalités, Fleurange ne put réussir et Charles-Quint fut élu.
Quand la guerre commença, toutes les possessions de la maison de la Marck furent envahies; les trois frères Fleurange, Jamets et Saussy déployèrent le plus grand courage; mais il fallut céder au nombre, et ils furent réduits à la ville et au château de Sedan.
Fleurange suivit François 1% et fut fait prisonnier aussi à la bataille de Pavie en 1523. Charles-Quint lui ht subir un rigoureux emprisonnement dans la citadelle de l'Ecluse. Ce fut dans celte prison que, pour \ passer son temps plus légèrement et n'être oiseux, il composa les Mémoires dont nous publions des extraits. Il ne fut remis en liberté qu'après le traité dé Madrid, fut
fait capitaine des gardes et maréclial de France, et obtint pour dédommagement de ses pertes les villes de Château-Thierry et de Ghâtilion-sur-Marne. Dix ans plus tard, il défendit et sauva Péronne, assiégée par le comte de Nassau, général de Charles-Quint. Cette même année, son père étant mort, Fleurange se disposait à aller prendre possession de sa souveraineté de Sedan lorsqu'une fièvre violente l'arrêta à Longjumeau, où il mourut au mois de décembre 1536.
Ses Mémoires, pleins d'entrain et de gaieté militaires en même temps que de fine naïveté, ont été publiés dans les collection» Buchon (IX), Michaud (V), Pelitot (XV).
FIN
I. — La bataille de Bologne. — La situation européenne* La très Sainte Ligue (1511).
§ 1. — Détails relatifs à la bataille de Bologne et
à ses conséquences 2
§ 2. — Négociations entre le roi de France et le roi des Romains. — Afîaires du duc de Gueldre. — Tergiversations de l'empereur sollicité d'intervenir énergiquement en Italie. — Attitude équivoque du roi d'Aragon 8
§ 3. — La très Sainte Ligue 31
§ 4. -* Bernardo Dibbienna, secrétaire du cardinal , Jean de Médicis, légat de Bologne, annonce à ce dernier-ia promulgation ofGcielle de la Sainte Ligue 31
§ o. — La candidature de Maximilien à la papauté. 32
II. — La très Sainte Ligue. — La campagne de Gaston de Foix et la bataille de Ravenne (1511-1^12).
§ 1. — incursions des Suisses dans le Milanais... 35 § 2. — Marche des Français sur Bologne. — Prédictions de Tastrologue de Finale 36
§ 3. — Reprise de Brescia par les Vénitiens. —
.Massa,cre des Français. 44
ar 1
§ 4. — Gaston de Foix dans Bologne. — Retour
oCfensif sur Brescia
§ 5. — Défaite de Jean-Paul Baglione, envoyé par la seigneurie de Venise au secours de
Brescia 50
§ 6. — Prise et sac de Brescia par l'armée française. 52 § 7. — La blessure de Bayard. — Générosité du
bon Chevalier 60
§ 8. — Le duc de Nemours à Brescia. — 11 reçoit l'ordre d'aller livrer bataille aux Espagnols 63
§ 9. — Les armées espagnole et française en présence 65
§ 10. — Départ de Brescia du Chevalier sans peur et sans reproche. — Ses gn^acieux adieux
à SCS hôtes 67
§ 11. — Maximilien ordonne à ses lansquenets de faire défection aux Français dans les
murs de Ravenne 13
§ 12. — Le duc de Nemours et le conseil de guerre. 75
§ 13. — Assauts infiructtfeux 78
§ 14. — Reconnaissances et escarmouches à la veille
de la bataille 80
§ 15. — La bataille de Ravenne (41 avril 1512) 83
§ 16. — Les morts d-u champ de bataille de Ravenne. 98 § 17. — Pillage de Ravenne. -^ Les Français en retraite ;..... 100
§ 18. — Autre récit de la'bataille de Ravenne 102
111. — ÉVACUATION DE L'ItALIE. — GUBRRE DE NaVARRE. — RSNOUVELLBME^iT DE L'ALLIANCE VÉNITIENNE ET BATAILLE DE
NovARE. — Invasion DES FRONTiÈnte» (1512-1513).
§ 1. — Mauvaises mesures prises par Louis XII pour la défense de Tltalle. — Retour offensif des Suisses et des Vénitiens. . . ; . . 108
§ 2. — Évacuation par les Français de la plus gràride partie du Milanais. — Retraite de Pavie. -* Blessure de Bayard HO
§ 3. — Campagne de Navarre; — Siège infructueux
de Pampelune 114
§ 4. — Mort de Jules II (20 février 1513) 121
§ 0. — Renouvellement de l'alliance vénitienne. —
Retour offensif du roi de France en Italie. 122
§ 6. — Bataille de Novare (6 juin 1513) 124
§ 7. — Descente de Henri VIII en France. — Siège
de Thérouanne 129
§ 8. — Arrivée de l'empereur Maximilien au camp
du roi d'Angleterre 132
§ 9. — Bataille de Guinegate 132
§ 10. — Capitulation de Thérouanne. — Prise de
Tournay 141
§ 11. — Descente des Suisses en Bourgogne. —
Siège de Dijon 142
IV. — Dernières années de Louis XII et d'Anne DE Bretagne. — L'alliance anglaise. — Prospérité du règne.
§ 1. — Mort d'Anne de Bretagne (9 janvier 1514). 145
§ 2. — Négociations matrimoniales entre la France
et l'Angleterre , 148
§ 3. — - Célébration du mariage de François d'Angoulême et de mademoiselle Claude (10 mai 1514) 151
§ 4. -- Mariage du roi de France et dé Marie d'Angleterre (octobre 1514) 152
§ 5. — Couronnement de la reine. — Entrée à
Paris 156
§ 6. — Mort de Louis XII (1" janvier 1515) 158
§ 7. — Tableau de la prospérité intérieure de la
France sous Louis XII 161
Notices sur les auteurs 171
CouLOMMiLRS. — loip. P. BRODARD et GALLOIS.
This Book is Due
"ranoe r,a- Qporains,