‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 4 sur 329 · Le sire de Graville · texte numérisé non relu

Le sire de Graville

lundi à dîner. La reine continue toujours en son deuil, et Ton ne la peut apaiser, Je crois que le roi la viendra voir quelque jour de cette semaine.

J'ai espérance au plaisir de Dieu de vous venir voir tantôt, après que le roi sera couronné; faites le mieux que vous pourrez en toutes nos affaires. Plus n'en aurez, fors que je prie Dieu, ma femme, ma mie, vous donner tout ce que vous désirez, sans qu'il s'en puisse rien faillir. Écrit à Amboise le onzième jour d'avril de la main de votre tout bon et loyal mari, Imbert de Batarnay.

Ma femme, ma mie, je me recommande à vous tant fort que je puis. J'ai reçu les lettres que par l'amiral m'avez écrites, ensemble les lettres que Mabilteau vous a écrites touchant l'usage des bois. Il le prend bien de faire faire l'information le plus tôt que faire se pourra ; vous me l'enverrez pendant que je serai à Paris.

Le corps du feu roi, que Dieu absolve, n'est parti aujourd'hui, mais demain, après le service, on le portera à quatre lieues d'ici et ira tous les jours jusqu'à ce qu'il soit à Saint-Denis, là où il sera enterré, excepté que dimanche il séjournera à Cléry, là où on lui fera un service. Le roi est parti aujourd'hui de Blois et s'en va à Orléans, attendant monseigneur de Bourbon qui y doit être pour toute la semaine, et de là s'en doit aller à Reims se couronner. Sitôt que le feu roi sera enterré, je m'en irai devers le roi.

Au regard des gages du magister, appointez -en avec lui, car autrement il ne demeurera pas, et me semble que jusqu'à trente ou quarante francs lui

pouvez bien donner, car il faudra qu'il s'habille honnêtement. Plus n'en aurez, fors que je prie Dieu, ma femme, ma mie, vous donner tout ce que vous désirez sans qu'il s'en puisse rien failhr. Écrit à Amboise, le dix-septième jour d'avril, de la main de votre tout bon et loyal mari, Imbert de Batarnay.

§ 2. — LE ROI LOUIS XU MANDE AUX GENS DES COMPTES DE SE TROUVER AUX OBSÈQUES ET ENTERREMENT DU ROI CHARLES VIU.

De par le Roi,

Nos amés et féaux, nous vous avons écrit et fait savoir par notre amé et féal conseiller et maître d'hôtel ordinaire, le sieur de Polisy, notre vouloir et intention touchant l'obsèque et enterrement de feu notre très cher seigneur et frère le roi, que Dieu absolve. Et pour ce que sur toutes choses désirons ledit obsèque et enterrement être fait au plus grand honneur et solennité que possible sera, nous vous en avons derechef bien voulu écrire, et vous prions que vous prépariez de recevoir et recueillir au plus grand honneur que faire pourrez le corps, au jour qu'il entrera dans Paris, qui sera le vingtquatrième jour de ce présent mois d'avril, et pareillement au jour qu'il en sortira, et en ce faisant, nous ferez service, qui nous sera très agréable. Donné à Blois le quatorzième jour d'avril.

Signé : Louis.

Et plus bas : Boterel.

Ensuite est écrit : Apporté le mardi vingt-quatrième avril après Pâques mil quatre cent quatre-vingt-dixhuit. Et à l'adresse : A nos amés et féaux les gens de nos comptes, à Paris.

§ 3. — DISPOSITIF DE l'ordre ET DES CÉRÉMOMES A OBSERYEft PENDANT LE CONVOI DU DÉFUNT ROI.

La vraie ordonnance faite par messire Pierre d*Urfé, chevalier, grand écuyer de France, ainsi qu'au grand écuyer appartient de faire pour l'enterrement du corps du bon roi Charles VIII, que Dieu absolve. Et ladite ordonnance lue et autorisée par Monseigneur de la Trémouiile, premier chambellan et lieutenant du roi, à accompagner ledit corps, et aussi par le conseil de messeigneurs les chambellans, et autres qu'il avait avec lui :

Le corps sera mis, partant du lit de parement au milieu de salle de deuil, en son cercueil, sur deux tréteaux, sur lequel sera mis un drap d'or, traînant en terre, auquel y aura un bord de velours bleu, semé de fleurs de lis d'or, et bordé d'hermines, et une croix blanche dessus. Sur lequel drap et corps sera mis un carreau de drap d'or à l'entour de la tète où sera la couronne, le sceptre et la main de justice, et la croix sur le corps. Et aura dessus un poêle de velours noir, à une croix blanche. Et à l'environ du corps y aura sur chandeliers vingtquatre cierges de six livres chacun, ardant jour et nuit, et quinze cordelicrs de l'observance d'un côté, et quinze des bons-hommes faisant jour et nuit service, et tous les jours grandes messes dites en ladite salle, tant qu'il y demeurera.

Sera ladite salle tendue de taffetas noir, et par autour de ladite salle il y aura une ceinture de velours noir, semée d'écussons aux armes de France, et sera la porte de ladite salle ouverte pour recevoir les églises de la ville, qui une fois le jour viendront chacune l'une après l'autre dire Vigiles et Libéra

OBSÈQUES DE CHARLES VIII tj

sur le corps, et la nuit semblablement, et aussi pour recevoir ceux qui auront dévotion de faire quelque oraison sur le corps, et y jeter de l'eau bénite.

Et au partir de ladite salle, pour le porter en réglise Saint-Florentin, y aura vingt-quatre officiers de la maison, habillés de noir, et leurs chaperons vêtus, qui porteront chacun une torche de six livres pesant, et un écusson aux armes. Et seront lesdits officiers depuis la porte de la salle tirant le long de la galerie, d'un côté et d'autre. Et suivant le rang desdits officiers, y aura des pauvres ordonnés pour les torches d'un côté et d'autre, jusqu'à la porte de l'église, lesquels tiendront semblablement des torches.

Parmi les vingt-quatre officiers dessus dits seront les vingt-quatre archers du corps d'un côté et d'autre entrelacés; entre deux hallebardes, une torche; lesquels archers seront vêtus de noir, et le devant de leurs robes ouvert, afin que l'on connaisse leurs hoquetons, et auront leurs chaperons vêtus.

Puis après monseigneur le cardinal de Gurce, délégué pour faire le service, viendra de l'église en son pontificat, avec la croix et l'eau bénite, et entrera dans la salle accompagné des évoques d'Angers, de Cornouailles, d'Angoulême et de Bethléem. Et avec eux lesdits quinze cordeliers de l'observance, et lesdits quinze bons-hommes, lesquels se mettront à l'en tour du corps, les uns d'un côté, et les autres de l'autre, et ledit prélat au milieu, et feront le service, et diront sur le corps telle oraison que bon leur semblera.

Et pendant que ladite oraison se fera, commenceront à marcher les huissiers, leurs verges au poing, pour faire place, et ^^uront leurs têtes nues, et leurs chaperons sur Fépaule, et ne les auront

vêtus, et suivront les trompettes, les embouchures mises dedans leurs étuis.

Et en suivant marcheront les hérauts, avec leurs eottes d'armes vêtues, et aussi leurs chaperons.

Après les hérauts marcheront les deux sergents à masse, leurs chaperons vêtus et porteront leurs masses la tête contre bas. Et quand ils seront à l'église, auprès du corps, lèveront la tête de leurs masses contremont; et entre deux sera le capitaine des vingt-quatre archers, qui semblablement marchera quant et eux, et aura son chaperon vêtu.

Et après lesdits sergents marcheront les deux rois d'armes, leurs cottes et chaperons vêtus.

Au côté sénestre desdits rois d'armes, marcheront un ou deux des maîtres des requêtes des plus anciens, qui semblablement auront leursdits chaperons vêtus.

Et suivant lesdits rois d'armes, au-devant du corps marchera le grand écuyer, son chaperon vêtu, et un bâton blanc au poing, comme le statut de l'office le porte. Et aux entrées des villes et es lieux où il se fera solennité, portera l'épée d'honneur et toujours durant ledit service l'aura, et sera assis devant et le plus près dudit corps, sur une selle qui sera couverte de noit.

Et après que ledit prélat et lesdits beaux pères auront dit sur le corps telles oraisons qu'il leur plaira, lesdits cordeUers et bons-hommes prendront chacun un des cierges qui seront au long du corps en ladite salie, et sortiront d'icelle salle, portant lesdits cierges ardant, et se mettront des deux côtés de ladite galerie en tel ordre qu'ils partiront de la salle. Et ledit prélat sera au milieu au droit et devant le corps. Et devant lui la croix et l'eau bénite, et puis marcheront par ordre. Puis y aura seize gen-

OBSEQUES DB CQARLES YIII

tilshomines de la chambre dudit défunt, ci -après nommés, qui prendront le corps et le porteront à l'église avec son cercueil, et le drap d'or croisé dessus, et auront leursdits chaperons vêtus.

Le corps de Charles VIII sur son lit de parade, d'après une miniature du temps.

Puis y aura quatre chambellans qui porteront chacun un des bords du drap d'or, et vêtus de leursdits chaperons. Et sont choisis pour ce faire mes-

seigneurs du Bouchaige, de Piennes, le sénéchal de Beaucaire, et Philippe du Moulin.

Et partant de ladite salle, sera porté sur le corps le poêle de velours noir, croisé de blanc, si porter se peut en si peu d'espace que la voie est entre la salle et l'église, et es autres lieux où il se pourra porter, par messeigneurs de Mauléon, de Montauban, de Rochepot et de Rouel. Et auront lesdits seigneurs leurs chaperons vêtus.

Et partant le corps de ladite salle, messeigneurs du sang qui porteront le deuil marcheront après à la main droite. Et avec celui qui marchera premier seront messeigneurs les cardinaux quant et quant lui, chacun en son degré. Et auront lesdits seigneurs leurs grands manteaux et chaperons vêtus.

Plus marcheront les autres seigneurs du sang, chacun en son degré, et avec chacun d'eux, à la main gauche, marchera un prélat, et si plus grand nombre de prélats y avait que de seigneurs du sang qui feront le deuil, ils marcheront en front après lesdits seigneurs du sang en ordre, selon l'état desdits prélats. Et sera tout Tordre dessus dit entretenu tout au long du voyage, et aux entrées des villes et églises. Et s'il y avait aucuns chevaliers de Tordre et chambellans qui n'eussent autre office à servir pour ce jour, marcheront après lesdits prélats, leurs chaperons vêtus.

Et pour ce que lesdits vingt-quatre archers de la couronne marchent devant quant et le corps, comme il leur appartient, a été avisé que les vingt-quatre Suisses, ayant chacun leurs chaperons vêtus, et leurs hallebardes au col, marcheront en truche après lesdits seigneurs du sang, prélats, chevaliers de Tordre et chambellans, es entrées et saillies des villes et des églises. Mais chevauchant par pays, lesdits Suisses

seront à pied autour du corps. Et le corps arrivé en Féglise et posé sous la chapelle ardente, toujours accompagné de vingt-quatre grandes torches, et desdits vingt-quatre archers et Suisses, en leurs degrés dessusdits et messeigneurs du sang et prélats assis en leur rang aux chaires, le service de 1 église se commencera. Et le service fait, demeurera le corps accompagné des gens d'Église, cordeliers et bons-hommes dessusdits et de ses chambellans, et autres, comme il a accoutumé, durant qu'il est en la salle de deuil.

Et au regard des chevaliers de Tordre et chambellans, seront assis sur un banc derrière le corps.

Et au côté desdits chevaliers de l'ordre et chambellans, y aura un banc au long du chœur où seront assis les quatre Bretons dessusdits qui porteront le poêle ; et ceux de la Chambre qui porteront le corps, après qu'ils l'auront mis sous la chapelle ardente, prendront leurs places aux basses chaises du chœur, et de là ne bougeront pendant le service.

Et après le service, et qu'ils auront mis le corps au chariot, monteront à cheval et se mettront hors de la salle, pour non rompre l'ordre, et s'en iront devant, pour être prêts à l'arrivée du corps, pour le descendre et recueillir.

Et le lendemain, les seigneurs du sang, prélats et autres dessusdits retourneront, chacun en son rang et offlce , en l'église , à l'heure que les grande messe et office commenceront, et y seront durant tout le service, lequel fini chacun se retirera. Et demeurera le corps accompagné de gens d'Église, comme il a accoutumé. Et si le jour ne porte que Ton puisse mettre le corps en chemin, venue l'heure du service de Vigiles, les seigneurs dessusdits et

autres se rendront chacun en son état et office, comme dit est.

Et quand le temps sera venu de mettre le corps en chemin, deux heures avant, sera fait un cri à son de trompe, que tous valets portant malles, et meneurs de sommiers, aient à aller devant, et sur peine d'être battus, et ne se trouver au train du corps.

Incontinent ledit cri fait, partira le maître d'hôtel de la dépense ordinaire Chasteaudieux. Avec lui marcheront en truche les menus officiers de la maison du roi, vêtus de noir, et s'en iront quant et ledit maître d'hôtel au logis, pour entretenir l'état accoutumé en la maison.

Puis les commissaires qui ont la commission de conduire les quatre cents pauvres qui portent les torches, mettront leurs gens en ordre, tous les pauvres vêtus de noir, et leurs chaperons vêtus.

Et après marchera le capitaine des cent archers, nommé Claude de la Ghastre, élu à porter le guidon du corps du roi, comme homme de bien et digne de le porter, en signe qu'il guide le premier train du corps dudit seigneur, portant ledit guidon roulé autour de la lance, montrant que c'est le guidon du corps et non d'archer, et aussi qu'il se met dessus quand il est enterré, et après lui sa bande à cheval, par le chemin d'entre lesdites torches. Et auront les archers leurs robes noires vêtues et ouvertes devant, pour montrer leurs hocquetons et leurs chaperons vêtus, et les bâtons qu'ils ont accoutumé porter en leurs mains, et aux champs ôteront leursdits chaperons. Et quand ils arriveront à l'entrée des logis, et es églises où le corps arrêtera, ledit capitaine et sa bande se départira des deux côtés en ordre, pour donner voie au corps et à la suite. Et tiendront toujours cet ordre jusqu'à l'arrivée de la ville de Paris,

OBSÈQUES DE CHARLES Ylll il

à l'entrée de laquelle il se mettra à tout son guidon déployé, au lieu et ainsi que dit sera ci-après.

Après et suivant ledit capitaine et archers, chevauchera le premier maître d'hôtel, et après lui les autres maîtres d'hôtel, qui n'auront charge pour le jour, lesquels sont au nomhre de quarante. Et auront leurs bâtons noirs, lesquels ils porteront contremont la main, et avec eux les gentilshommes de la maison, panetiers, échansons, et valets tranchants, tous portant le deuil.

Et s'il y avait aucuns pensionnaires, ou autres gentilshommes portant le deuil, qui n'eussent autre charge pour le jour, chevaucheront en la compagnie du premier maître d'hôtel, tous sous la charge de monseigneur le grand maître, qui les mettra devant soi. Et quand ledit premier maître d'hôtel trouvera à l'arrivée des logis des archers en ordre pour donner voie au corps et à sa suite, il fera semblablement mettre sa bande en ordre.

Et aux descentes du corps du roi aux églises où l'espace se trouvera, et où l'office solennellement se fera pour le corps, le grand maître aura son assiette au côté du corps, plus en avant deux pas ou trois, selon l'espace du lieu où le corps sera. Et demeurera le grand écuyer avec l'épée plus prochain du corps comme il appartient. Et au côté de main dextre où est le grand maître au-devant de lui, tirant le grand autel, seront les maîtres d'hôtel, officiers et gentilshommes de la maison qui sont sous la charge du grand maître, lesquels seront chacun selon leur degré assis sur le banc.

Et après les maîtres d'hôtel chevaucheront les huissiers d'armes, vêtus de noir.

Et suivant les huissiers chevaucheront les chevaucheurs d'écurie, vêtus de noir.

Et après les trompettes, vêtus de noir, en Tordre devant dit, et en l'église auront leur banc selon leur degré. Et suivant lesdits trompettes, chevauchera récuyer de corps de la dépense. Et devant lui seront les pages de l'écurie, qui chevaucheront les petites haquenées du roi, lequel écuyer de corps et autres d'écurie auront place en l'église au service, selon leur degré.

Et après ledit écuyer chevaucheront six pages, vêtus de velours noir, sur six coursiers housses de velours noir jusqu'en terre, avec la croix blanche dessus. Et après lesdits six coursiers, sera mené en main le cheval de l'épée, aussi housse de velours noir. Et au côté desdits six coursiers chevaucheront les hérauts, et les deux sergents à masse, qui auront semblablement leur place en l'église.

Et au côté gauche des hérauts chevaucheront deux des maîtres des requêtes, des plus anciens, qui auront leur banc en l'église en main gauche de l'épée plus en avant.

Et après lesdits six coursiers, chevauchera le grand

écuyer devant le corps, et au long de lui seront les

laquais qui marcheront quant et lui, pour soutenir et

redresser le chariot du corps s'il versait.

^' ' la sortie de la ville d'Araboise, le capitaine

^t et quatre archers du corps avec lesdits ar-

onteront à cheval et s'en pourront aller devant

jscendre à pied, et eux mettre en ordre à la

B du corps à chacune ville et église.

\ le grand écuyer marchera le chariot qui

le corps, autour duquel, en chevauchant, se-

vingt-quatre torches portées par lesdits offi-

t les vingt-quatre Suisses avec eux.

ur ce que les vingt-quatre archers, à l'entrée

es et autres lieux, se trouveront prêts pour

OBSÈQUES DE CHARLES VIII i3

recueillir le corps et eux mettre en leurs places avec les torches, les Suisses se mettront après les seigneurs du sang, chevaliers et chambellans, comme dessus estdit.

Et semblablement chemineront à pied les quinze cordeliers de l'observance, et quinze bons-hommes dessusdits.

Et au côté gauche du corps chevauchera ordinairement Louis Daux, premier valet tranchant, portant le fanon du roi, lequel il déploiera où il sera besoin de faire à l'entrée desdites villes et églises, où il se mettra à pied, et marchera dudit côté gauche sur le devant. Et durant le service aux églises ne bougera de son lieu où son siège sera mis, lequel sera approchant plus les chaises que la chapelle ardente, en signe qu'il demeurera toujours où est le corps, tant à la vie qu'à la mort, jusqu'à ce qu'il soit enterré.

Et au côté droit dudit corps chevauchera ordinairement monseigneur d'Alègre, lequel a été choisi pour bon personnage et de grande maison à porter l'enseigne du roi, à lui livrée pour enseigne du roi, et non comme enseigne de capitaine. Et en signe de ce demeurera ladite enseigne sur le corps, quand il sera enterré, et la portera roulée autour de la lance et en son fourreau, jusqu'à ce que le corps arrive à Notre-Dame des Champs, et lors mondit seigneur d'Alègre déploiera ladite enseigne et la portera à pied, au côté droit, jusqu'à l'égHse Notre-Dame de Paris, et de là à Saint-Denis. Et quand le corps sera à l'église, tant que le service durera, ledit seigneur demeurera en son lieu où son siège lui sera mis, lequel sera approchant plus les chaises que la chapelle ardente.

Semblablement,. quand viendra aux entrées des villes et églises, le capitaine des archers départira les archers es portes des églises et du chœur, princi-

paiement de Notre-Dame de Paris et de Saint-Denis, là où nuls ne doivent entrer, fors ceux qui sont ordonnés à accompagner le corps au chœur. Et mettra à Feutrée du chœur son lieutenant, auquel le maître d'hôtel Guinot baillera par écrit, selon l'ordonnance, ceux qui devront entrer au chœur, et non autres. Et à rentrée de la ville de Paris déploiera son guidon, et marchera ledit capitaine à tout sondit guidon déployé du côté droit dudit corps devant l'enseigne; et tant que le service durera à Notre-Dame de Paris et Saint-Denis, sera fait son siège en son lieu plus approchant les chaises que la chapelle ardente.

Et semblablement le cheval sur lequel se porte la bannière ployée et en son fourreau, marchera derrière le corps depuis Notre-Dame des Champs jusqu'à Saint-Denis, sur lequel sera monseigneur de la Trémouille, comme premier chambellan.

Et durant le service sera toujours ledit chambellan tenant la bannière sur son siège au derrière du corps, et sera son siège couvert d'un velours noir.

Suivant et joignant la bannière marcheront les seigneurs du deuil, cardinaux, prélats, chevaliers de l'ordre et chambellans. Après eux chevaucheront les gentilshommes de la maison, lesquels aux descentes des villes et églises suivront toujours lesdits seigneurs et prélats, ayant leurs haches au poing. Et si le chœur de l'église où le corps sera est si grand, qu'ils y puissent avoir un banc, ils soiront durant l'office. Et où il n'y aurait place au chœur, leur banc leur sera mis à la nef à l'entrée de la porte du chœur.

Et quand le corps sera arrivé à Notre-Dame des Champs, sur le tahuc * où est le corps sera faite une plate-forme, sur laquelle sera un lit de parement, où

\. Lit de parade.

sera mise la statue dudit seigneur en son habit royal, comme s'ensuit.

Premier au lit y aura un lodier * . Sur le lodier un linceul de toile de Hollande, traînant de toutes parts. Sur le linceul un grand drap de velours noir, contenant cinquante aunes de velours noir. Et sur le drap de velours un grand drap d*or, où il y aura vingtcinq aunes de drap d'or, du plus riche qu'il sera possible de fîner. Lequel drap d'or sera bordé d'un bord de la largeur du velours bleu, semé de fleurs de lis de broderie; et sur le drap d'or y aura deux oreillers de drap d'or, l'un sous la tête et l'autre au pied de la statue du roi, qui sera couchée sur le lit et ornée comme ci-après est déclaré.

Premièrement le visage dudit seigneur fait au vif aura le bonnet abattu et la couronne en tête, et sera chaussé de sandales de satin bleu semées de fleurs de lis, et une robe de taffetas pourpré, lezerée de ruban d'or, et sur la robe une tunique de satin bleu semée de fleurs de lis de brodure frangée de franges d'or, et par-dessus un manteau de velours bleu, semé de fleurs de lis, aussi de brodure fourrée d'hermines, fendu au côté droit, et un fermiUet d'or de Florence au-dessus de la fente, tenant en ses mains en la dextre le sceptre royal et à la sénestre la main de justice, et son ordre au col, et aura ses mains gantées ; et en la droite aura un anneau d'or, en la portant plus haut sur la poitrine que la sénestre.

Et au regard de ceux de la chapelle dudit seigneur, ils s'en iront devant d'un logis en autre, préparer les églises et luminaires, et autres choses nécessaires à recueiUir le corps.

1. Couvre-pied fait de laine ou de coton entre deux toiles piquées.

Les maîtres d*hôtel Guynot de Mazac, Pierre Louis, et Rigault auront ces présentes ordonnances, et ont charge de solliciter tous les chefs à ce que chacun d'eux en son endroit ait à tenir Tordre, et seront par-dessus tout pour le faire tenir. Et eux-mêmes y prendront garde dès lors que le corps partira de la salle de deuil, et jusqu'à ce qu'il soit enterré, sdit en repos ou en cheminant.

Le prévôt de l'hôtel prendra garde à faire venir de toutes parts vivres au train du corps. Et en cheminant, et aux entrées des villes, chevauchera en personne avec ses archers et sergents, le long du train d'un bout en autre, pour que nuls autres, quels qu'ils soient, ne viennent eux mettre parmi les autres et rompre l'ordonnance, et principalement gens qui ne sont pas vêtus de noir.

Les maréchaux et fourriers des logis partiront toujours un jour avant pour aller faire le logis, et avec eux le lieutenant et partie des sergents du prévôt, pour donner ordre aux logis et vivres.

Et quand le service des Vigiles sera dit en l'église Notre-Dame de Paris, messeigneurs qui porteront la bannière, l'enseigne, le pennon et le guidon, laisseront en leurs sièges lesdites bannière, enseigne, pennon et guidon ; et y aura un trou où ils les mettront plantés et demeureront là jusqu'au lendemain que lesdits seigneurs se viendront mettre en leurs places, et les prendront à l'heure du service. Et quand le corps partira, à cause que la statue du roi sera toujours portée découverte jusqu'à Saint-Denis en France, lesdits seigneurs porteront en personne sur leurs che-' vaux lesdites bannière, enseigne, pennon et guidon, au long de la ville de Paris, et depuis l'issue jusqu'à l'entrée de la ville de Saint-Denis, là où ils descendront près le corps, et reprendront leur ordre devant dit.

Et quand se viendra au Libéra, à la fin de la messe, que Ton portera le corps du chœur jusqu'à la fosse pour le mettre en terre, ainsi que Ton le portera, tiendront leur ordre. Et lorsque le corps mettra les pieds dedans la tombe, les maîtres d'hôtel seront appelés par les hérauts d'armes, lesquels maîtres d'hôtel viendront l'un après l'autre mettre leurs bâtons dans la fosse. Et ce fait, les hérauts et sergents d'armes mettront leurs cottes d'armes et masses sur la tombe. Et incontinent après le portant le guidon couchera sa lance sur la tombe, en la plus grande^révérence que faire se pourra, et aussi quand le corps sera à demi dedans la fosse. Semblablement fera monseigneur d'Alègi'e, qui porte l'enseigne. Et après, quand le corps sera dedans, semblablement fera celui qui porte le pennon. Et le dernier sera le premier chambellan, qui semblablement abattra la bannière, et la mettra sur toutes les autres choses, au droit de la tête du corps. Et lors le grand écuyer, qui aura couché son épée sur le corps, à l'entrée de ladite tombe, la relèvera la pointe contremont, et criera : « Vive le roil »

Après ce cri, les hérauts relèveront leurs cottes d'armes, et les revêtiront. Et semble que le premier chambellan doit relever la bannière, car elle ne meurt jamais. Et un commis de l'église la doit venir prendre entre ses mains, pour la poser où il appartient. Puis après, le grand maître se doit mettre le premier pour aller au logis du roi, et messeigneurs du sang, et chambellans après lui. Et là le diner se doit faire et les cérémonies accoutumées être faites par le grand maître.

Les dessusdites ordonnances ont été bien faites et entretenues, tant à Amboise, que depuis le jour que

18 LOUIS XII -t* ANNE DE BEETAGiNE

le corps en partit, allant de logis en autre, jusqu^à Notre-Dame des Champs près Paris, auquel lieu messeigneurs de la Cour, de TUniversité, des Comptes, prévôt de Paris, prévôt des marchands et échevins de ville remontrèrent les ordonnances et anciens privilèges qu'ils avaient, chacun en son endroit particulier, pour accompagner le corps depuis Notre-Dame des Champs jusqu'à la croix pendante et à Saint- Denis. A quoi, monseigneur de la Trémouille, lieutenant dii roi, messeigneurs les chambellans et grand écuyer dessus nommés, qui étaient en sa compagnie, afin que le corps fût mieux et plus gran* dément accompagné, qu'aussi pour honorer nosdits seigneurs de la Cour et autres dessusdits, se voulurent consentir et accorder. Ensuivant leurs quels privilèges et -ordonnances, le corps partant de Notre- Dame des Champs, le dimanche 29 jour d'avril 1498, entra en la ville de Paris en Tordre qui s'ensuit.

§ 4. — ORDRE DE LA POMPE FUNÈBRE DU ROI CHARLES VIII PASSANT PAR PARIS.

Premièrement marchait un commissaire avec un bon nombre de sergents à verge, pour faire vider les rues ; lesdits sergents habillés de noir, et chacun son bâton noir à la main.

Après marchèrent en ordre des deux côtés de la rue les quatre cents pauvres, ayant leurs chaperons vêtus, et portant les torches allumées, et en chacune torche deux écussons des armes de France.

Puis suivant lesdites torches marchèrent semblablement en ordre des deux côtés de la rue les vingtquatre crieurs de la ville de Paris, étant vêtus de noir, et portant chacun deux écussons aux armes

OBSÈQUES DE CHARLES \11I iO

dudit seigneur, rim devant, l'autre derrière, et sonnaient incessamment leurs cloches. Iceux crieurs de Ja ville de Paris, étant vêtus de noir, dès le matin, ils avaient été en tous les quartiers de la ville, et publié le trépas et entrée dudit seigneur, ad visant le peuple pour prier Dieu pour son âme.

Puis marchaient en ordre, au côté dextre du corps, ayant la croix devant eux, les quatre ordres des mendiants, et les religieux des Billettes, des Blancs- Manteaux, des Mathurins, de Saint-Germain des Prés et de Saint- Victor, qui étaient tous en grand nombre.

Puis après, dudit côté dextre, suivant les mendiants et les religieux, marchaient le chevalier et tous les sergents du guet de la ville de Paris, vêtus de noir. Et après eux les vingt-quatre porteurs de sel de la ville, que Ton appelle hanoyers, et aussi les sergents de la douzaine, tous vêtus de noir. Lesdits hanoyers disaient que par privilège ils devaient porter le corps dudit seigneur depuis l'entrée de la ville de Paris jusqu'à la croix pendante près dudit Saint-Denis. Mais il fut avisé par messeigneurs que lesdits gentilshommes de la Chambre le porteraient, sans préjudice du privilège que disaient avoir lesdits hanoyers.

Et après lesdits chevalier et sergents du guet, hanoyers et sergents de la douzaine dessusdits , marchaient à pied les chevaucheurs de l'écurie dudit seigneur.

Et après lesdits chevaucheurs , marchaient les archers de la garde et les Suisses, tous en deuil, leurs chaperons vêtus, et lôs robes desdits archers ouvertes devant, afin de connaître leurs hocquetons, et portant leurs hallebardes, et avec eux le lieutenant du capitaine Claude, chef desdits archers.

20 LOmS XII — ANNE DE BRETAGNE

Et après eux, dudit côté, marchaient les enfants d^honneur en ordre, et leurs chaperons vêtus.

Après les enfants d'honneur dudit côté dextre marchaient les maîtres d'hôtel, chacun portant soa bâton noir et leurs chaperons vêtus.

Et au côté sénestre, à l'opposite desdits mendiants et religieux, sergents et autres dessus nommés, suivant les crieurs dessus dits, marchaient en semblable ordre messeigneurs de l'Université, tous gradués , tant es arts, décret , médecine , théologie qu'autres facultés, étant en habits et chaperons selon leur faculté. Et monseigneur le recteur, avec grand nombre de docteurs desdites facultés, tous revêtus de chapes, et les bedeaux de toutes les nations devant lui, ledit seigneur recteur se mit en devoir, et fît offre d'amener la totalité des étudiants de la dite Université, que l'on estime à plus de vingt-cinq mille hommes. Mais pour éviter la presse, l'on s'arrêta à n'avoir que lesdits gradués, qui étaient quatre à cinq mille hommes. Et tenait le rang de ladite Université du côté sénestre jusque près du corps et statue ci-après déclarée.

Et par le milieu de la rue, entre ladite Université et les dessusdits qui allaient à l'opposite d'eux, marchaient par ordre ceux qui s'ensuivent :

A l'endroit où faillait la bande des torches, marchait le maître d'hôtel de la dépense Chasteaudieux, qui pour lors servait, étant monté sur sa mule, menant après lui à pied tous les officiers de la maison, qui allaient par ordre et leurs chaperons vêtus.

Et après eux marchaient les trompettes et hérauts, tous en deuil et en leur ordre.

Puis suivant les dessusdits marchait le capitaine Claude, sur un coursier housse de velours noir, lequel

OBSÈQUES DB CHARLES VIII 2i

Claude avait son chaperon vêtu, et portait le guidon du roi déployé.

Et suivant le guidon, par le milieu de la rue, marchait le chariot où avait été apporté le corps dudit seigneur depuis Amboise jusqu'à Notre-Dame des Champs, lequel chariot était couvert d'un drap de velours noir. Et par-dessus le velours d'un autre drap d'or, ayant un bout de velours bleu, de la largeur du velours, semé de fleurs de lis et bordé d'hermines. Et y avait sur le drap d'or une grande croix blanche, et six chevaux qui menaient ledit chariot, lesquels étaient tous couverts jusqu'en terre de velours noir, et la croix blanche dessus. Et semblablement les colliers et traits tous couverts de velours noir.

Et aux côtés du chariot marchaient à cheval les deux écuyers de corps, Emar Rony et Camiquan, servant lors du trépas dudit seigneur.

Et après ledit chariot marchait l'écuyer de la dépense Blandin, étant à cheval.

Et après lui marchaient six pages , vêtus de velours noir, sur les six coursiers, tous couverts de velours noir, la croix blanche dessus.

Après les six chevaux était mené le cheval de l'épée, couvert de velours noir, et la croix blanche dessus.

Et suivant ledit cheval marchaient les écuyers Stissac, Genlis et Sainte -Mesme, qui étaient sur leurs mules.

Puis au côté dextre, marchaient par ordre les églises séculières et paroissiales de Paris.

Et après eux marchaient dudit côté ceux des églises de la Sainte-Chapelle et de Notre-Dame de Paris, tous par ordre.

Et audit rang dextre, suivant les dessusdits, mar-

chaient en ordre les prélats qui s'ensuivent, tous revêtus en pontificat, ayant chacun leurs crosses : Fabbé de Saint- Victor , Tabbé de Saint-Magloire, Fabbé de Sainte-Geneviève, Fabbé de Fécamp, Fabbé de Sarlat, Févéque de Valence, Févêque d'Angers, Févêque d'Auxerre, Févêque de Bethléem, Févêque d'Évreux, Févêque de Cornouailles, Févêque d'Angoulême et Févêque de Paris, les cardinaux de Gurce et de Luxembourg. Et toujours au rang sénestre, à Fopposite des dessusdits, marchait le rang de ladite Université en Fordre devant dit. Et entre les deux rangs d'Église et Université marchaient les sergents à masse, portant la tête de leurs masses contre-bas. Et les deux rois d'armes Monjoye et Clervoye, leurs chaperons vêtus. Et au côté sénestre desdits rois d'armes marchaient les maîtres des requêtes.

Et après lesdits rois d'armes marchait le cheval de parement, mené en main, tout couvert de velours noir jusqu'en terre, et ne lui voyait- on que les yeux, et avait la croix blanche dessus.

Après lequel cheval marchait le grand écuyer sur une mule basse, couverte d'un caparaçon de velours noir, portant Fépée.

Et à côté de lui, trois ou quatre pas plus en avant, marchait le prévôt de Paris à pied, portant sa verge en sa main, comme à son office appartient.

Incontinent après ledit grand écuyer marchaient les seize gentilshommes qui portaient la litière où était le corps, et au-dessus du corps la statue et représentation du roi faite au vif, comme dessus est dit. Et étaient messeigneurs les quatre présidents portant les quatre coins du drap d'or du lit de parement, et étaient vêtus d'habits royaux, et tous messeigneurs de la cour autour dudit corps, tous vêtus

d'écarlate, ayant les huissiers de ladite cour devant eux, vêtus de noir.

Et était le ciel porté par messeigneurs le prévôt des marchands et les échevins de la ville, duquel ciel le fond était de drap d*or, et les pentes de velours bleu, semé de fleurs de lis de brodure, et dix bâtons, sur quoi il était porté, couverts de velours bleu, semblablement semés de fleurs de lis.

Au côté sénestre dudit corps marchait Louis Daux, premier valet tranchant, portant le pennon dudit seigneur déployé.

Et au côté droit marchait le seigneur d'Alègre, portant renseigne dudit seigneur aussi déployée.

Après le corps et statue marchait monseigneur de la Trémouille, premier chambellan, portant la bannière comme dit est, et à côté de lui la personne de monseigneur le grand maître monseigneur de Ghaumont.

Et après, du côté droit du corps, marchaient messeigneurs les princes du sang. C'est à savoir monseigneur de Montpensier, monseigneur de Guise, monseigneur de Dunois, monseigneur le duc d'Albanie et monseigneur d' Avenues , lesquels portaient le deuil, leurs grands manteaux et chaperons vêtus. Et après eux messeigneurs les chambellans et chevaliers de Tordre, et les quatre barons qui avaient porté le poêle. Et après eux en truche les vingtquatre archers du corps en deuil.

Et après lesdits archers marchaient les gentilshommes, leurs haches au poing, selon le premier ordre dessus déclaré.

Et de l'autre côté de la rue, au côté sénestre du corps, à Topposite desdifs seigneurs du sang, marchaient messeigneurs de la Chambre des Comptes, les généraux de la Justice, les officiers du Trésor et

du Châtelet, tant criminel que civil, et les bourgeois de la ville. Et après en truche marchaient les archers de la ville.

Et en cet ordre fut le corps conduit jusqu'à Notre- Dame de Paris. Et de là, le lendemain, dernier jour d'avril, après le service qui fut moult solennel en ladite église, fut le corps conduit en semblable ordre jusque hors Paris, là où chacun monta à cheval et reprit le premier ordre dessus déclaré.

Et après la croix pendante près Saint- Denis, se trouvèrent les religieux dudit Saint-Denis au-devant dudit corps. Et fut ledit corps porté à Saint-Denis en l'ordre dessus dit. Et à l'entrée de la porte dudit Saint-Denis, mesdits seigneurs les présidents et de la Cour reprirent leurs ordres, comme ils avaient fait à Paris, et accompagnèrent le corps ce jour et le lendemain, jusque sur le bord de la fosse.

Et le lendemain de son arrivée audit Saint-Denis, qui était le premier jour de mai, fut fait le service solennel par monseigneur le cardinal de Luxembourg et plusieurs autres desdits prélats; et par monseigneur d'Angers fut faite une belle prédication. Et le service fait, fut le corps mis en sépulture, là où par messeigneurs les cardinaux et prélats dessusdits furent faites les cérémonies et solennités de l'Église à eux appartenant. Et semblablement par les seigneurs et officiers dessusdits furent gardées et faites le révérence toutes les autres cérémonies et s en tel cas requises, et ci-devant contenues nances faites par le grand écuyer.

§rand écuyer se déporte de parler des funéaumônes, services et cérémonies faites et ant es églises de Cléry, où le cœur dudit a été enterré, à Notre-Dame de Paris et nis, qu'aussi es autres églises, où le corps

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a reposé depuis son trépas, et où il a été fait service solennel. Car messeigneurs les prélats qui en ont eu la charge y ont procédé dignement, tant en aumônes, continuation de service jour et nuit, depuis l'heure du trépas dudit seigneur, et jusqu'à son enterrement, qu'aussi en luminaires, et s'en sont acquittés très dignement, ainsi que chacun a vu et connu.

Et au regard des parements de soie pour les autels des églises et ceintures de velours et satin, qu'autres semées de fleurs de lis, tentes de chaises, et sièges en icelles églises, tant de draps de soie que de draps de laine, et écussons et broderie, qu'autres choses es dites églises, ont été ordonnés selon les lieux tels que chacun a pu évidemment voir, et par ledit maître d'hôtel Pierre Louis bien exécutées.

Les noms de messeigneurs les princes pour porter les manteaux de deuil : monseigneur de Montpensier, monseigneur de Guise, monseigneur de Dunois, monseigneur d'Avennes, monseigneur le duc d'Albanie.

Les chambellans pour porter le drap de dessus le corps : monseigneur de Piennes, monseigneur du Bouchaige, le sénéchal de Beaucaire, monseigneur du Moulin.

Les seigneurs et barons pour porter le grand poêle : Jacques monseigneur de Rohan , monseigneur le Vidame, monseigneur de Montauban, monseigneur de Mauléon, monseigneur de Ravel, le fils de monseigneur de Lautrec, monseigneur de la Rochepot, monseigneur de Maisières, le fils de monseigneur de Lille.

Les gentilshommes pour porter le corps : René de Cossé, le sénéchal d'Armaignac Bourdillon, Georges de la Chambre, Saint-Amadour, Antoine des Aubus,

urcou, Bernard de Villeneuve, Lailler, le le Lyon, Pocaire, Jean du Moustief , le baillif n, Espery, Briant, le grand Bâtard du Liège, rand maître, monseigneur de Ghaumont.

LE DUC D'ORLÉANS. LE ROI LOUIS X!l.

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