LE PROJET DE CROISADE ET LE TRAITÉ DE GBENADE
Louis XU n*avait pas attendu qu'une huile d'Alexandre Vî vint faire un appel nouveau en faveur de la croisade contre les Turcs pour jurer guerre étemelle anx ennemis de la foi. En vain Bajazet II, admirant et redoutant la puissance du roi de France, recherha son amitié par tous les moyens ; en vain il voulut s'engager à ne jamais faire la guerre aux chrétiens, sinon par po'mission du roi; Louis XU repoussa toujours ces propositions, si avantageuses qu'elles fussent, quoiqu'il eût consenti à envoyer en Turquie le roi d'armes Montjoie avec d'autres ambassadeurs, à la faveur d'un saufconduit que lui'transmit de la part du Grand Turc le grand maître de. Rhodes, Il avait en effet conclu un traité offensif contre les Turcs, avec les Hongres, Bohèmes et Pollaques (Polonais), qui, ayant reçu des dommages innombrables de ces dangereux voisins, imploraient le secours des princes catholiques.
Ce traité fut signé et juré à Bade par les ambassadeurs du roi de France, Valérien de Saints, seigneur
de MartignaCy et Mathieu Toustain, qui étaient partis de Loches, le 29 janvier 1500, munis de pleins pouvoirs pour contracter une alliance perpétuelle avec Ladislas, roi de Hongrie et de Bohême^ et son frère Jean Albert, roi de Pologne, Le roi Ladislas, de concert avec Piene Wisniky, gouverneur de Sandomir et maréchal de Pologne, délégué par le roi son maître, accepta l'ailiance du roi très chrétien, en reconnaissant que « tous les rois étaient invités par les préceptes divins à s'unir d'une affection mutuelle qui fait non seulement la stabilité des empires, mais encore leur force ». Les trois rois alliés s'engageaient réciproquement à favoriser les relations commerciales de leurs sujets et à ne rien entreprendre au détriment de la cause sacrée de la religion chrétienne : « Car le souverain pontife Alexandre, prenant pitié des malheurs de la chrétienté, invoque une croisade générale contre les Turcs, ces cruels ennemis de la foi. Les rois de Hongrie et de Pologne, à la persuasion du pape et du roi de France, renonçant à la trêve qu'ils avaient alors avec les Turcs, ont résolu de s'armer pour le soutien de l'Église et se préparent à cette pieuse expédition, que le roi des Français, zélé protecteur de la foi, promet de seconder de toute sa puissance, dès que le temps et les circonstances lui permettront d'acquitter son vœu. Lorsque ledit roi enverra une armée contre les Turcs, les rois de Hongrie et de Pologne donneront passage sur leurs terres aux gens de guerre et veilleront à leur procurer des vivres. » Les rois alliés étaient convenus de se prêter aide fraternelle contre tout ennemi qui voudrait usurper leurs royaumes, excepté contre le pape, l'Église romaine et le Saint-Empire romain. Le roi de France établissait toutefois quelques réserves en faveur de la république de Venise; et les rois de HongtHe et de Po-