‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 65 sur 329 · Querelle mortelle · texte numérisé non relu

Querelle mortelle

ferai pour passer outre. Mais, quoi que ce soit, le bruit fut si grand par tout Rome, que jusqu'aux oreilles du pape en furent les nouvelles; lequel, pour rapaiser la noise, là transmit aucuns de ses gens, et le comte de Gayas, qui lors était avec lui, lesquels, à toute peine, adoucirent le tumulte, et firent cesser le débat.

Ce propre jour, les lieutenants du roi et plusieurs des capitaines de l'armée de France furent voir le pape dedans le palais de Rome, où trouvèrent grand nombre de cardinaux et seigneurs de la ville ; et là était lors le seigneur de Grammont, ambassadeur pour le roi. Le pape, nonobstant qu'il fût Espagnol et mauvais Français, toutefois dissimula son vouloir, et avec joyeuse chère reçut les capitaines français de l'armée de France, et de plusieurs choses joyeuses leur tint propos. A messire Bérault Stuard, lieutenant général du roi, donna un coursier gris, bien puissant, moult vite, et très léger à la main, avec les bardes tant riches et belles, que chacun en fit spectacle de merveilles. En divers passe-temps, illec finit ce jour jusqu'au soir, que le cardinal de Saint-Séverin, évèque de Maillezais, et frère du comte de Gayas, fit auxdits capitaines français un banquet tant solennel, que de toutes viandes exquises et plaisants déduits furent repus et festoyés. Dedans un jardin qui était au cardinal Ascaigne fut fait celui banquet, auquel étaient orangers, citronniers et grenadiers, et autres arbres fruitiers de singulière estime, et fleurs odorantes de diverses espèces ; et les chantres, ménétriers, tragédiques et comédiens, tous par ordre, y exercèrent leur métier. Celui banquet fini, les Français allèrent prendre congé du Saint-Père, et dirent adieu à leur hôte; et ce fait, retournèrent au camp, qui encore était devant Rome à séjour. Dès le vendredi devant

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