‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 64 sur 329 · LES FRANÇAIS A ROME · texte numérisé non relu

LES FRANÇAIS A ROME

apostolique, était de la nation d'Espagne, lequel en avait grosse garde et lait grand amas, pour être le plus fort dedans Rome. Sur ladite place du camp de Flour commencèrent iceux Espagnols à gronder et murmurer contre les Français, de ce qu'ils voulaient conquêter le royaume de Naples, disant qu'au roi d'Espagne appartenait mieux qu'au roi de France. Les Français et Allemands, qui étaient fiers comme lions, dirent que non et qu'au roi seul appartenait ledit royaume de Naples, et ainsi s'en aigrit la querelle de plus en plus fort, laquelle les Français et Allemands, la main sur l'épée, soutinrent contre les Espagnols. De cette affaire eurent entre eux contentieux propos, rudes paroles et grosses menaces, et tant, que de mots de langue à coups de main vint la chose ; et ainsi commença la mêlée bien à point. Plusieurs mécaniques et ruffians de Rome se rallièrent avec les Espagnols, et sortirent en armes sur les Français et Allemands, qui bien les recueillirent à grands coups d'épée et de hallebarde. Tous les Français qui là étaient par les rues et en la ville de Rome, accoururent à ce bruit, et quand tous furent assemblés, douze cents se trouvèrent du parti de France, et là fut à tous venants convi funéral * apprêté ; si que, d'un côté et d'autre, plusieurs sur le pavé furent morts et étendus. Un Espagnol illec se trouva, qui fit merveilles, à tout une rapière en main, dont il assena tel coup sur le col d'un Allemand du parti des Français, que la tête lui fit voler par terre. Mais de ce fut payé sur-le-champ; car un autre Allemand lui rua une hallebarde sur la tête de telle force, que jusqu'à la croisée de l'échiné le foudroya. Assez d'autres eurent la sanglante journée, dont autre mention ne

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