‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 67 sur 329 · LES FBANÇAIS QUITTENT ROME · texte numérisé non relu

LES FBANÇAIS QUITTENT ROME

Le vingt-huitième jour du mois de juin , l'an susdit, et vigile de Saint-Pierre et Saint-Paul, apô-

Faniassins suisses, d'après uue estampe du xvi° siècle.

très, de devant Rome délogèrent les Français, et au partir mirent piétons et artillerie devant, avec le

train des sommiers et charroi du bagage de l'armée ; ce qui tenait de long plus de deux milles du pays. Les gens d'armes, en bon ordre et bel arroi, marchèrent après, montés et armés, la lance sur la cuisse et la tête en l'armet, tous en point, comme pour devoir combattre. Ainsi passèrent par la ville de Rome , sonnant trompettes et • clairons, et gros tabours de Suisse, si, que tonnerre n'eût là été ouï; dont aucuns Romains et autres tenant le parti contraire aux Français, comme envieux de la gloire d'iceux, disaient l'un à l'autre : « Oh! que grand'honte, vergogne et déshonneur est à tous les Italiens, de laisser ainsi passer à main armée les Français, lesquels pillent nos biens, désirent nos femmes, occupent nos seigneuries, et à toute heure courent nos pays, à la fin, tendent de tous points nous soumarcher ! » Autres alarmes n'eurent d'iceux les Français fors regards haineux, ennuyeuses paroles et menaces secrètes. Les autres Romains montraient chère joyeuse pour leur venue, louant l'heureuse prospérité des Français et leurs recommandables gestes. Devant le château de Saint-Ange, aux créneaux d'une basse galerie, était le pape, accompagné de grand nombre de cardinaux, d'archevêques, et aussi avec lui étaient le duc de Valentinois et plusieurs seigneurs de Rome; et au passage de l'armée, ledit Saint-Père donna bénédiction apostolique et le jubilé à tous les Français et Allemands qui étaient; et après ce, l'armée issit de Rome, et adressa vers le royaume de Naples, en cheminant toujours le grand pas, sans désordre, et de si bon branle, que par. défaut de conduite nulle chose demeurait en arrière *.

1. Tandis que l'armée commandée par d'Aubigny et suivie par César Borgia et Pierre de Médicis partait de

MARCHE SUR LE ROYAUME DE NAPLES il

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