‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 71 sur 329 · INVESTISSEMENT DE CAPOUE · texte numérisé non relu

INVESTISSEMENT DE CAPOUE

Le septième jour du mois de juillet, dudit lieu délogèrent les Français, lesquels ne prirent le droit chemin de Capoue, pour ce que devant la ville, et entre l'armée du roi, passait un gros fleuve, qui trop eût empêché le charroi du train de l'artillerie, et arrêté le passage des gens de cheval; dont tirèrent à quartier vers une ville nommée Matalon, qui est du royaume de Naples^ à l'un des seigneurs Garaffes dudit lieu de Naples, comte dudit Matalon ; et là fut devant envoyé un capitaine nommé Jacques de Silly, bailli de Gaen, et maître de l'artillerie de France, avec quatre mille Allemands et quarante hommes d'armes des siens, et un homme d'armes de la compagnie du comte de Gayas, nommé Bernard de Mons, lesquels se mirent à chemin, et tant, que ladite ville approchèrent d'un mille près; et de là le bailli de Gaen transmit celui Bernard de Mons, avec deux archers seulement, parler à ceux qui tenaient le château de Matalon, et iceux semondre de le rendre, et bailler les clefs aux gens du roi» Ainsi s'en alla le-

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dit Bernard de Mons cette part, et fit tant qu'à sa semonce les gardes de ladite place la rendirent, et icelle mirent entre ses mains. La ville pareillement se rendit au bailli de Gaen sans coup férir, et lui, avec ses gens, se mit dedans. L'armée de France arriva là sur les vêpres, où demeura jusqu'au lendemain matin, qui fut le huitième jour du mois de juillet, que l'armée délogea, et prit les champs pour de plus approcher Capoue; tant alla en avant, que dedans le parc de Noie, où est un beau bois de haute futaie, avec grandes prairies et belles fontaines à huit milles de ladite ville de Capoue, fut mettre le camp, lequel fut illec assis huit jours durant; et ce pendant les gens d'armes et chevaux se rafraîchirent, les vivres furent charroyés au camp, le conseil tenu sur le mieux de cette affaire, et pris places et châteaux, qui autour de Capoue étaient, pour ôter l'ennui et le danger des alarmes qui, durant le siège, eussent pu être données aux Français.

§ 9. — PRISE d'AVERSA. — TRISTE BONNE FORTUNE DU StRE DE MAULÉON.

Entr'autres, fut rendue, par composition, la ville de Verse, et les clefs mises entre les mains des lieutenants du roi. Du camp furent après envoyés messire Jacques de Silly, messire François de la Trémouille, messire Jacques de Ghabannes, avec trois mille Allemands et quatre cents hommes d'armes, et quelques pièces d'artillerie, assiéger une ville nomméeJ\!érillaue, à quatre milles du camp, laquelle se rendit volontiBrs. Mais le château ne se voulut, de première venue, rendre, ains attendit à mettre le siège et asseoir l'artillerie ; et voyant que c'était, à tout parlementèrent et se rendirent à la volonté des capitaines français,

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