I. Jovnandès, c. xxxyi à xuu
LÈS INVASIONS BABfiARËH 131
golfes dans sa chevelure coupée ras. Sa tête semble diminuer, et son visage paraît plus grand. Ici, le vieux Sicambre, tondu «près sa défaite, laisse croître de nouveau ses cheveux. Ici se promène l'Hérule auj joues verdâtres, presque de la teinte de TOcéan, dont il habite les derniers golfes. Ici, le Burgonde, haui de sept pieds, fléchit le genou et implore la paix. Ici, rOstrogoth réclame le patronage qui fait sa force el à Taide duquel il fait trembler les Huns, humble d*un côté, fier de Tautre. Ici, toi-même, 6 Romain, tu viens prier pour ta vie; et, quand le Nord menace de quelques troubles, tu sollicites le bras d'Euric contre les hordes de la Scjthie ; ainsi, par la présence de Mars qui règne sur ces bords, la Garonne puissante protège le Tibre affaibli. Le Parthe Arsace lui-même demande qu'il lui soit permis, en payant un tribut, de régner en paix dans son palais de Suse : car, sachant qu'il se fait de grands préparatifs de guerre sur le Bosphore, il n'espère pas que la Perse, consternée an seul bruit des armes, puisse être défendue sur les rives de l'Euphrate, et lui, qui se fait appeler le parent des astres, qui s'enorgueillit de sa fraternité avec Phébus, descend néanmoins aux prières et se montre simple mortel *. »
1. Sidoine Apollinaire, liv. VIII, lettre 9. — Caius Sollias Apoilinarius Siddnius, né à Lyon vers 430, évoque de Clermont, mort en 4$$, un des personnages iisportants de l'Église au v» siècle, écrivain estimé de la décadence latine, a laissé des lettres et des poésies qui nous fout vivre dans le monde gallo-romain, à l'époque do l'invasion des barbares»
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