‹ L'histoire de FranceChapitre 23 sur 140 · Dion Cassius, liv> LUI, ch. xii · texte numérisé non relu

Dion Cassius, liv> LUI, ch. xii

\3r0curateurs, airç proconsuls et aux propréteurs pour que, en se rendant dans leurs provinces, ils fussent instruits avec précision de ce qu'ils avaient à faire.

«Il fut en outre établi qu'ils auraient, eux et les autres magistrats, un traitement; car, auparavant, c'étaient des entrepreneurs qui s'engageaient vis-à-vis du trésor public à fournir aux gouverneurs de provinces tout ce qui leur était dû en vertu de leur fonction. Leur traitement ne fut pas uniformément le même pour tous : il fut fixé en raison des nécessités et des circonstances particulières.

<c On adopta, à l'égard de tous ces magistrats, des dispositions en vertu desquelles ils ne devaient faire d'enrôlements ni lever des sommes' au delà de ce qui avait été déterminé d'avance, à moins d'un décret du sénat ou d'un ordre de l'empereur; il leur fut prescrit de quitter la province dès l'arrivée de leur successeur, de ne pas s'attarder en route et d'être de retour à Rome dans le délai de trois mois * . »

§ 3. — SÉJOUR d'auguste en gaule (15-12 av. J.-C).

« Agrippa avait été chargé du gouvernement des Gaules, Ces peuples étaient en proie à des séditions intestines et harcelés par les Germains (19 av. J.-C.) 2. »

i. Dion Cassius, liv. LUI, eh. xv 2. Dion Cassius, liv. LIV, ch. 11.

hk OAULE ROUAINE 21

L^empereur jugea bientôt sa présence nécessaire dans> la province.

« Auguste (après avoir adopté les deux fils d' Agrippa, Caius et Lucius, et les avoir déclarés héritiers de Tempire) partit donc pour la Gaule, sous le consulat de L, Domitius et de P. Scipion, et prit pour prétexte les guerres qui s'y étaient élevées (an 15 av. J.-C.).

« Les Gammunii et le Venones, peuples des Alpes, qui avaient pris les annes,furent domptés par P. Silius. La plus grande des luttes qu'eurent alors à soutenir les Romains fut la guerre contre les Celtes. Les Sicambres, les Usipètes et les Tenctères commencèrent par mettre en croix quelques citoyens romains qu'ils surprirent sur leur territoire ; puis, franchissant le Rhin, ils ravagèrent la Germanie et la Gaule, et firent tomber dans une embuscade la cavalerie romaine qui leur donnait la chasse; entraînés à sa poursuite, ils rencon* trèrent à l'improviste LoUius, gouverneur de la contrée, et le vainquirent aussi. A cette nouvelle, Auguste marcha contre eux, mais la guerre ne fut pas difficile : les barbares, mis au courant des préparatifs de Lollius et de l'expédition d'Auguste, rentrèrent chez eux et acceptèrent la paix en donnant des otages.

« Auguste n'avait donc pas eu besoin de recourir aux armes; il passa cette année et la suivante à mettre ordre aux affaires de la Gaule. Ce pays avait eu en effet beaucoup à souffrir non-seulement des Celtes, mais surtout du procurateur Licinius, Gaulois d'origine, Lidnius avait été fait prisonnier par les Romains et avait été esclave de César, qui l'affranchit, Auguste lo

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nomma procurateur de la Gaule. Joignant ^'avidité d'un barbare aux prétentions d'un Romain, Licinius abattit tout ce qui autrefois aTait paru plus fort que lui et opprima tout ce qui pour le présent avait quelque puissance. Il leva de grosses sommes, non-seule* meut pour satisfaire aux exigences des fonctions dont il était chargé, mais il en ramassa également de fortes pour son propre compte, pour son agrément et celui des siens. Il en vint, dans sa méchanceté, à ce point d'audace que, les Gaulois payant leur tribut par chaque mois, il établit quatorze mois dans l'année, soutenant que décembre n'était pas le dernier, mais le dixième, et qu'il fallait conséquemment en compter encore deux, le mois onzième et le mois douzième, et payer Fimpôt pour ces deux mois. Cette habileté frauduleuse mit en grand danger Licinius ; les Gaulois, étant venus trouver Auguste, lui adressèrent des plaintes telles que, sur certains points, il ne put s'empêcher de partager leur irrilation ; sur d'autres, à vrai dire, il chercha à excuser Licinius , prétendit ignorer certains faits, feignit de ne pas croire quelques autres, et en cacha plusieurs, rougissant d'avoir employé un tel procurateur. Mais Licinius, par un nouvel artifice, les joua tous complètement. Quand il vit la colère d'Auguste et le châtiment qui le menaçait, il mena le prince dans sa maison, et, lui montrant des trésors remplis d'or et d'argent, et nombre d'objets précieux entassés en monceaux : « Maître, dit-il, c'est dans ton intérêt et dans celui des Romains que j'ai rassemblé tout cela, de peur que les habitants de ce pays, possesseurs de tant de richesses, ne fassent défection.

Dis Pater. — Costande civil des Gaulois avec manteau. Diaprés une statuette du musée de Saint-Oennain.

24 LA GAULE nOUAINB

Aussi je les ai toutes conservées pour toi, et je te les donne. » Ce fut ainsi que Licinius, se servant du prétexte que c'était dans l'intérêt d'Auguste qu'il avait énervé la puissance des barbares» trouva son salut * .

« Après avoir mis ordre à tout dans la Gaule, dans la Germanie, dans l'Espagne, dépensant beaucoup pour chaque ville, recevant beaucoup aussi de quelquesuns, donnant aux unes la liberté et le droit de cité, en privant les autres, Auguste revint à Rome * • »

§ 4. — LE TEMPLE d'AUGUSTE A LTOIT, StVBOLE DE SOUMISSION ET d'union pour LA GAULE.

« C'est à Lyon qu'on voit ce temple magnifique, hom-

Autel du temple d'ÂDgaste à Lyon.

mage collectif de tous les peuples de la Gaule, érigé en l'honneur de César Auguste; il est placé en avant

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