‹ L'histoire de FranceChapitre 25 sur 140 · Beau-fils d'Auguste, fils de Livie, frère de Tibère · texte numérisé non relu

Beau-fils d'Auguste, fils de Livie, frère de Tibère

26 ^ LA GAULB ROMAINE

danger. Comme l'hiver approchait, il quitta le théâtre de la guerre, et, de retour à Rome, sous le consulat de Q. iËlius et de Paulus Fabius, on le nomma édile, bien qu'il fût déjà décoré des ornements de la préture*.

« Au printemps, il partit de nouveau pour la guerre, traversa le Rhin et subjugua les Usipètes. Il jeta un pont sur la Lippe, fit irruption chez les Sicambres, et à travers leur territoire pénétra chez les Celtes et poussa 6a pointe jusqu'au Véser; il aurait même passé le fleuve sans le manque de vivres, rapproche de l'hiver, l'apparition d'un essaim d'abeilles dans son camp, présage fâcheux qui, avec les autres motifs, l'empêcha de s'avancer plus loin. Il rentrait en pays ami, lorsqu'il courut un grand danger. Les ennemis lui avaient déjà fait du mal dans diverses embuscades, et finirent par l'enfermer dans un lieu étroit et creux où il faillit périr; l'armée romaine eût certainement été anéantie si, la croyant déjà prisonnière et facile à exterminer d'un seul coup, les ennemis, dans leur imprudente confiance^ n'eussent marché contre elle en désordre. Ils furent battus, et, perdant toute leur audace^ ils se contentèrent de harceler de loin les Romains sans oser les approcher. Drusus, les méprisant à son tour, élève une forteresse au confluent de ia Lippe et de l'Alison et une autre chez les Cattes, sur la rive même du Rhin; tous ces exploits valurent à

1. Il y avait là, en effet, une anomalie. Dans le cours régulier des honneurs tel qu'il était consacré par l'usage et par la tradition, on devait passer par l'édilité avant d'arriver à la préture.

Drusus les ornements du triomphe, la permission de faire k cheval son entrée dans Rome et la puissance proconsulaire au sortir de la préture. Gomme Tibère auparavant, Drusus avait été proclamé imperator pai* ses soldats; mais Auguste ne lui confirma pas ce titre, bien qu'il eût lui-même, à la suite de chacun des exploits de Tun et de l'autre, augmenté le nombre de ses salutations impériales < . »

§ 6. — MORT DB DRUSUS (aU 9 aV. J.-C.). SON FRÈRE TIBÈRE CONimUE A AFFERMIR LA FROIfTIÈRE ORIENTALE DE LA GAULE.

« Pendant que Néron (Tibère) faisait la guerre aux Pannoniens. M. Lollius reçut un échec en Germanie. C'était un homme plus jaloux de s'enrichir que de bien faire et tout rempli de vices, qu'il s'étudiait à dissimuler. La perte de l'aigle de la cinquième légion appela César (Auguste) dans les Gaules ; le soin et le fardeau de la guerre germanique furent remis âi Drusus Claudius, frère de Néron 2 . Drusus possédait

i. Dion Cassius, liv. LIV, ch. xxxu, xxxiii. — Ce passage demande à être commenté. L'empereur est censé commander toutes les armées; car lui seul est dépositaire de Vimperium et peut prendre les auspices. Les victoires de ses Ueutenants lui sont attribuées. Quand un général, suivant la vieille coutume romaine, est proclamé impc' rator sur le champ de bataille, l'empereur prend à son compte cette proclamation et on peut lire sur les inscriptions, à la suite du mot imperator qui le désigne, le chiffre qui indique le nombre de fois que ses victoires ou celles de ses lieutenants lui ont valu ce titre. C'est ce qu'on appelle les salutations impériales,

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