Allusion aux événements racontés précédemment
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toutes les vertus qu'on tient de la nature et que l'éducation achève. On ne savait ce qu'on devait le plus admirer en lui, de sa capacité militaire ou de ses talents pour le gouvernement. H alliait, dit-on, à ces qualités un caractère aimable, des moeurs doaee?^ une manière, qui n'appartenait qu'à lui, de vivre avec ses amis comme avec des égaux. Pour les agré* monts extérieurs, il différait peu de son frère. Vainqueur en grande partie des peuples germaniques, auxquels il avait fait essuyer des défaites multipliées et sanglantes, une cruelle destinée nous le ravit, à trente ans, pendant son consulat. La conduite de la guerre fut transmise à Néron. D y signala sa valeur et la fortune qui l'accompagnait. Néron parcourut, toujours victorieux, la Germanie tout entière, et, sans rien perdre de ses troupes, qu'il était attentif à ménager, il la réduisit à devenir presque une province tributaire. Alors on offrit à ce général on second triomphe avec un second consulat ^ • i>
§ 7. — DÉSASTRE DE VARUS Elf 6ERKANIE. CONSéQtJENCES DE CET ÉVÉNEMENT POUR LES GAULOIS (10 ap. J.-C).
« César (Tibère) venait de terminer la guerre contre les Pannoniens et les Dalmates. Cinq jours après la consommation de ce grand ouvrage, on reçut de la
1. Velleius Paterculus, ch. xcvil Traduction Panckoucke. Historien latm de l'époque de Tibère. A écrit élégamment un résumé de VHistoire romaine^ U est très-élogieux et même partial à Tégard de Tibère*
Germanie des lettres funestes. Elles annonçaient la mort de Varus, le massacre de trois légions, de trois corps de troupes à cheval et de six cohortes. Nous eûmes du moins quelques grâces à rendre à la fortune de ce que d'autres guerres n'occupaient point le courage de Tibère, lorsqu'elle se déclara contre nous. Je m'arrête un moment pour faire connaître Yarus et la cause de sa défaite.
« Issu d'une famille moins noble qu'illustrée, Quintilius Varus était d'un caractère facile et de mœurs paisibles. L'indolence et la paresse d'esprit le rendaient plus propre au repos d'un camp qu'aux fatigues de la guerre. On eut la preuve, pendant qu'il gouvernait la Syrie, qu'il ne méprisait pas l'argent. Il entra pauvre dans cette province, et la trouva riche ; il en sortit riche, et la laissa pauvre. Mis à la tête de l'armée de Gennanie, Varus se persuada que les Germains n'avaient, de l'espèce humaine, que la figure et la parole; il crut que des hommes que le fer n'avait pu dompter ne résisteraient pas à l'empire des lois. Plein de cette espérance, il s'engagea dans la Germanie, comme au milieu d'un peuple jouissant des douceurs de la paix. Il rendait la justice du haut d'un tribunal et perdait à juger la saison qu'il devait employer à combattre *.
« Varus s'était mis en tête de faire payer des impôts aux Germains comme à des sujets. Cette prétention leur parut intolérable. Mais , comme les Romains étaient en nombre chez eux et qu'ils occupaient un
!♦ Velleius Paterculus, eh. cxvn.
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certain nombre de points fortifiés, ils ne voulurent point tenter de prime abord une rébellion ouverte. Ils laissèrent Yarus s'avancer sans aucune résistance dans le pays et s'éloigner des bords du Rbin pour se rapprocher du Véser. Dans cette promenade aventureuse, Varus, au lieu de concentrer ses troupes, les disperse, soit dans des garnisons, soit à la poursuite des malfaiteurs, soit à la recherche des vivres. Un complot se forme alors ; il a pour chefs Arminius et Segimer, qui avaient été reçus à la table du gouverneur romain et avaient vécu avec lui dans une véritable intimité. Varus apprend qu'une révolte vient d'éclater sur un point éloigné du territoire ; il donne rendez-vous aux Germains qu'il croit ses alliés et se met en marche. Mais ceux-ci coupent les communications des Romains, anéantissent les corps détachés qui battent la campagne, et se présentant à l'improviste, non comme alliés, mais comme ennemis, attaquent l'armée romaine, dont la marche est hésitante et embarrassée au milieu de vastes forêts. Le désastre fut complet : trois légions furent entièrement massacrées, et les ossements blanchis des soldats romains attendii'ent longtemps la sépulture i .
« Auguste, à cette nouvelle, déchira, dit- on, ses vêtements, et conçut une grande douleur de la perte de son armée. Il redoutait ce qui allait se passer dans la Germanie et dans les Gaules, et se figurait déjà voir ces nations se précipiter sur l'Italie et sur Rome elle-même. Néanmoins il prit toutes les mesures