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Manœuvre qui consistait pour les soldats à élever

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uns déjà atteignaient le faite, lorsque les Romams, les heurtant avec le glaive et le bouclier, les précipitent en bas, où une grêle de pieux et de javelots achève de les écraser. Ils employèrent aussi les machines, chose absolument nouvelle pour eux; car ils n'ont pas la moindre industrie. Ce furent les transfuges et les prisonniers qui leur apprirent à assembler des poutres, à en former une sorte de pont, à adapter des roues pour faire avancer ces tours mobiles, d'où les uns, plus élevés que les murs, combattaient comme du haut d'un rempart, tandis que d'autres, cachés dans l'intérieur, minaient le pied des retranchements. Mais les quartiers de roches que lançaient nos balistes eurent bientôt renversé cet ouvrage informe ; et, comme ils préparaient des claies et des mantelets, nos machines firent pleuvoir des javelines enflammées : les assiégeants étaient eux-mêmes assiégés par les feux. Enfin, renonçant à la force, ils n'attendent plus leur succès que du temps, n'ignorant pas que la place n'avait de vivres que pour peu de jours et qu'il y avait beaucoup de bouches inutiles. D'ailleurs ils comptaient sur la famine , qui pouvait amener une trahison , sur quelque perfidie des esclaves et sur les hasards de la guerre. »

les boucliers au-dessus des têtes et des épaules en se serrant, de manière cependant que les soldats du dernier rang étaient à genoux; ceux des rangs antérieurs se tenaient de plus en plus droits. On pouvait gravir cette masse compacte qui formait comme un toit.

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§ 6. — LÂCHETâ D'HOBBÉOirnjS QUI BEMET LE COMMAKDEMEZIT DES LÉGIONS A YOCULA, SON LIEUTENANT.

« Cependant Hordéonius, sur la nouvelle qu'on assiégeait le camp, avait envoyé de toutes parts dans les Gaules rassembler des forces ; et, en attendant, il détache l'élite de ses légionnaires sous Dillius Vocula, lieutenant de la dix-huitième légion, avec ordre de prendre le long du Rhin et de faire la plus grande diligence. Pour lui, toujours timide et affaibli par la maladie, il était odieux aux soldats. Et ils ne dissimu* laient plus leur indignation ; ils disaient publiquement qu'on avait laissé échapper de Mayence les cohortes bataves, fermé les yeux sur les entreprises de Civilis, sollicité l'invasion des Germains ; Hordéonius commandait de sa chambre et de son lit tout ce qui convenait à Civilis ; pourquoi souffrir qu'un seul homme, vieux et infirme, disposât des bras et des armes de tant de braves soldats? Tels étaient les murmures par lesquels ils s'excitaient entre eux, lors* qu'une lettre de Vespasien vint enflammer encore leurs emportements. Hordéonius, dans l'impossibilité d'en faire mystère, la lut publiquement aux soldats, et il envoya, pieds et mains liés, à Yitellius, ceux qui l'avaient apportée.

« Par là il calma les esprits, et l'on arriva à Bonn, au camp de la première légioi^. Hordéonius lut devant toute l'armée les copies de toutes les lettres qu'A avait écrites dans les Gaules, en Espagne et en Bretagne, pour demander du secours, et il prescrivit, par une

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condescendance infâme, que les lettres seraient remises aux aquilifères (porte-drapeau) des légions, par qui les soldats en prendraient lecture ayant les généraux.

« U fit mettre aux fers un des séditieux, non qu'il n'y eût qu'un seul coupable, mais pour faire preuve de quelque autorité. L*armée ensuite marcha de Bonn vers Cologne, où arrivaient de tous côtés les renforts de la Gaule, qui d'abord nous servit avec zèle. Mais bientôt, voyant l'ascendant que prenaient les Germains, la plupart de ses cités armèrent contre nous, dans l'espoir de secouer a servitude et, une fois libres, de dominer à leur tour. L'esprit de révolte gagnait de jour en jour dans les légions. Vocula montra pour lors une fermeté admirable. Il monte intrépidement au tribunal ; il fait saisir un mutin ; malgré la violence de ses cris, il le fait conduire au supplice ; et, tandis que les séditieux étaient intimidés, ce qu'il y avait de plus soumis exécute l'ordre. Sur les instances de toute l'armée, qui demandait Vocula pour son général, Hordéonius lui remit le commandement.

« Mais, avec ce levain de discorde, mille causes ulcéraient les esprits : le manque de vivres et l'interruption de la solde, les Gaules qui refusaient le tribut et l'enrôlement, line sécheresse inouïe dans ce climat , qui permettait à peine au Rhin de porter des bateaux, la difficulté des approvisionnements^ les postes qu'on avait disposés tout le long du fleuve pour défendre les gués contre les Germains; ce qui diminuait encore les subsistances et multiplait les consomma-

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leurs. A Nuys ^ ils joigiiireut la seizième légion. Ou associa à Yocula, dans le commandement, le lieutenant Hérennius Gallus, et tous deux , n'osant point marcher à Tennemi, campèrent dans un lieu nommé Gelduba *. Là, exerçant le soldat aux évolutions, à se retrancher, à se fortifier, enfin à tout ce qui prépare à la guerre, ils le rassuraient pour un jour de combat. »

§ 7. ~ ACCROISSEMENT DES FOBCES DE CIYIUS. LES UBIENS MENACÉS. SUITE DU SIÈGE DE VETERA.

« Cependant les forces de Civilis prenaient un accroissement immense, par la jonction de la Germanie tout entière, qui avait livré sa principale noblesse en otage pour sûreté de la confédération. Il ordonne, suivant la proximité de chaque peuple, aux uns de tomber sur les Ubiens et sur les Tré vires, aux autres de passer la Meuse et d'aller désoler les Ménapiens ', les Moriniens et toute cette frontière de la Gaule. On fît partout des ravages, mais avec plus d*animosité chez les Ubiens, parce que cette nation, d'origine germanique, ayant abjuré sa patrie, s'appelait, d'un nom romain, la colonie d' Agrippa. Ses cohortes furent taillées en pièces dans le bourg de Marcodu-

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