‹ L'histoire de FranceChapitre 39 sur 140 · SIÈGE DU CAMT OS VETERA · texte numérisé non relu

SIÈGE DU CAMT OS VETERA

« Pour résister à un concours de guerres si menaçant, les lieutenants des légions, Mummius Lupercus et Numisius Rufus^ faisaient fortifier les retranchements et les remparts. Une espèce de ville, qiii, à l'abri d'une longue paix, s'était formée non loin du camp, fut démolie, de peur que l'ennemi ne s'y logeât; mais on prit peu de soin des approvisionnements. On laissa les vivres au pillage; par- là, ce qui eût pourvu aux besoins un long espace de temps suffit à peine aux dis* slpations de quelques jours. Civilis, avec l'élite de ses Bataves, se met au centre de son armée ; et, afin que le spectacle fût plus effrayant aux yeux, il couvre les deux rives du Rhin de troupes d'infanterie germaine : la cavalerie ne cessait de battre toute la campagne. En même temps, les vaisseaux remontaient le fleuve. On

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YOyait, d'un côté, les étendards de ces vieilles cohortes de Bataves, et, tout près, les enseignes mêmes des Barbares, ces simulacres d'animaux sauvages, que chaque nation, au moment d'aller en guerre, va prendre au fond de ses forêts et dans ses bois sacrés; ce mélange, qui offrait l'apparence d'une guerre à la fois civile et étrangère, avait saisi d'étonnement

Enseigne gauloise (Musée de Sainl-Germain).

les assiégés. Et ce qui redoublait la confiance des assaillants, c'était la grandeur même du camp, construit pour deux légions et défendu à peine par cinq mille soldats romains; à la vérité, depuis la rupture de la paix, il s'était réuni dans ce lieu un grand nom bre de vivandiers, et on en tirait pour la guerre même quelque service.

« Une partie du camp s'élevait sur une colline en

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pente douce ; le reste était dans une plaine unie. Avec ce camp , Auguste s'était flatté de resserrer et de bloquer les deux Germanies; et jamais il n'eût imaginé cet excès de malheur, qu'un jour elles fussent les premières à venir nous assiéger nous-mêmes. Voilà pourquoi il ne prit aucune peine ni pour choisir l'emplacement , ni pour le fortifier : du courage et des armes lui paraissaient suffire. Les. Bataves et les peuples d'au delà du Rhin prennent chacun un poste séparé, afin que leur valeur, se déployant à part, en soit mieux aperçue. D'abord ils attaquent de loin ; puis, voyant que la plupart de leurs traits!

s'arrêtaient en pure perte suri les tours et sur les créneaux] des murailles, tandis que, d'en haut, de simples pierres les blessaient, ils montent au rempart à grands cris et avec impétuosité, la plupart sur des échelles qu'ils avaient dressées, d'autres le long de

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la tortue ^ que forment leurs camarades; et quelque?-

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