Duren, dans lé duché de Juliers
96 LA GAULE ROMAINB
en sacrifier. La nuit même ne fit point cesser l'attaque.
« Ils avaient allumé de grands feux, autour desquels ils mangeaient tous ensemble, et, à mesure que le Tin leur échauffait la tête, ils se portaient au combat avec une témérité insensée , car leurs traits, dans Tobscurité , étaient perdus ; au contraire , les Romains découvraient pleinement les Barbares, et ceux qu'ils voyaient tout éclatants de courage ou de marques d'honneur, ils les choisissaient pour les frapper. Civilis s'en aperçut, et il fit éteindre les feux, afin que tout fût livré à toute la confusion de la nuit et de la guerre. Dès lors ce n'est que bruits confus ; on ignore ce qui arrive, on ne voit ni à frapper ni à parer. Si l'on entend un cri, on se retourne, on dirige «on arc de ce côté ; la valeur ne sert de rien, le sort confond tout, et souvent les plus braves périssent par la main des lâches. Les Germains avaient une fureur aveugle ; le soldat romain, mieux informé du péril, jetait des pieux ferrés, de gros quartiers de roche, et point au hasard. Lorsque le bruit des sapeurs, ou les échelles qu'on plantait, l'avertissaient de la présence de l'ennemi, il le renversait avec le bouclier, il le suivait avec le javelot; plusieurs, qui étaient parvenus sur la muraille, furent percés de coups de poignard. Ces travaux ayant ainsi rempli toute la nuit, le jour ouvrit une nouvelle scène de combats.
« Les Bataves avaient élevé une tour à deux étages; mais, comme ils l'approchaient de la porte prétorienne * qui était l'endroit le plus accessible, on fit