‹ L'histoire de FranceChapitre 44 sur 140 · MASSACRE DES ASSIÉGÉS DE VÉTÉRA · texte numérisé non relu

MASSACRE DES ASSIÉGÉS DE VÉTÉRA

(( Les assiégés étaient cruellement partagés entre la fidélité et le besoin, entre l'honneur et l'opprobre. Pendant que dura leur indécision, les aliments de toute espèce achevèrent de leur manquer. Ayant consommé les bêtes de somme et les chevaux, ils se rejetèrent sur les animaux les plus dégoûtants, dont la nécessité leur ût une ressource. Enfin, réduits à manger des branches, des racines d'arbres, et de l'herbe qu'ils arrachaient d'entre les pierres, ils auraient été le modèle du malheur et de la constance, s'ils n'eussent terni tant d'héroïsme et de gloire en députant vers Civilis pour demander la vie. Avant de les entendre, on exigea qu'ils jurassent obéissance à l'empire des Gaules. De plus, on se réserva le pillage du camp, et on leur donna des gardes qui leur retinrent argent, valets, bagages, et qui, après les avoir ainsi dépouillés.

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les suivirent encore. A cinq milles environ, pendant qu'ils marchaient sans précaution, ils sont attaqués brusquement par les Germains. Les plus braves se firent tuer sur la place; beaucoup périrent dans la fuite; les autres regagnèrent le camp. Il est vrai que Civilis se plaignit, et qu'il fit aux Germains de vifs reproches de manquer aussi indignement à leur parole. Ne fut-ce qu'une feinte? ou fut-ce impuissance de contenir ces f mieux? C'est ce qui n'est pas bien éclairci. Le camp pillé, les Germains j mettent le feu, et tous ceux qui avaient survécu au combat furent la proie des flammes.

« Pour lors, enfin, voyant la ruine des légions consommée, Civilis se fit couper cette longue chevelure blonde que, depuis le commencement des hostilités contre les Romains, il avait laissé accroître par 'un de ces vœux ordinaires aux barbares. On débite aussi qu'ayant armé son fils, encore enfant, de flèches et de javelots proportionnés à son âge, il lui donna pour but quelques-uns de nos prisonniers. Au reste, il ne se soumit, ni lui ni aucun de ses Bataves, au serment pour les Gaules, se croyant assez fort avec les Germains, et s'il fallait un jour disputer l'empire aux Gaulois, comptant assez sur lui pour ne pas les craindre. Mummius Lupercus, lieutenant d'une légion, fut un des présents envoyés à Velléda i. Cette femme, née chez les Bructères, avait une domination très-étendue, fondée sur cette tradition des Germains qui font des

1. Cette Yelléda fut ensuite remplacée par une certaine Ganna.

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prophétesses de quelques-unes de leurs femmes, et ensuite des déesses, par ce progrès naturel à la superstition. Le crédit de Yclléda s'iaccrut encore, parce qu'elle avait prédit les succès des Germains et la ruine dès légions. Lupercus fut tué en route. On réserva quelques centurions et quelques tribuns, nésdans^la Gaule, pour cimenter FaïSance. Le camp des cohortes, celui de la cavalerie, celui des légions furent détruits et brûlés : on ne laissa subsister que ceux de Majence et de Vîndomssa * . w

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