Windisch, dans le canton de Berne
LA GAULE ROSTAINE 111
qu'ils ne se Tétaient figurée. En effet, dans l'intérieur du camp, leur dégradation n'était pas si apparente. En pleine campaigne^ et en plein jour, se dévoila toute rignominic : les images de Itsurs empereurs arrachées, leurs enseignes déshonorées, tandis que les drapeaux gaulois resplendissaient de toutes parts ; la marche silencieuse, semblable à de longues funérailles; pour chef, Claudius Sanctus, borgne, imbécile, d'une physionomie barbare. Ce fut bien pis lorsqu'une autre légion, forcée d'évacuer le camp de Bonn , fut venue les joindre ; leur opprobre parut s'en accroître. D'ailleurs, au premier bruit de la prise des légions, tous ceux à qui peu auparavant le nom romain inspirait de l'effroi étaient a/:courus de leurs camps et de leurs maisons ; ils couvraient les bords des chemins, et jouissaient avec transport de ce spectacle extraordinaire. La division de cavalerie du Picentin * ne peut supporter cette joie insultante; et, sans égards pour les promesses ou les menaces de Sanctus, ils s'en vont à Mayence, Sur leur route, ils trouvent par hasard le meurtrier de Vocula, Longinus; ils le percent de mQle coups; ce fut par cette victime qu'ils commencèrent l'expiation de leur faute.
« Les légions, sans rien changer k leur marche, viennent camper devant Trêves. »