Partie de la terre de Loboup
112 LA. GAULE ROMAHiC
§ 13. — LES GEBMAI5S RÉCLAIIENT US DÉMAirrÉLEMEirr DE CO- LOGICB ET LE MASSACBB DES HABITAIITS ROMAIKS. I^TTERVEX- TIOU DE LA PROPHiTESSE YBLLÉDA. ALLUlfCB DE C0L0G5B AVEC LES REBELLES. DÉFECTION DE PLUSIEURS PEUPLES.
« Civilis et Classicus, enflés de tant de succès, songèrent à livrer à leurs troupes le pillage de Cologne. Une cruauté naturelle et Tamour du butin les portaient à saccager cette colonie d*Agrippa. Us furent retenus par des raisons de guerre, et par l'idée qu'une réputation de clémence importe à qui fonde un empire. La reconnaissance agit aussi sur Civilis ; il se rappela que son fils, arrêté prisonnier dans Cologne au commencement des troubles, avait été traité avec distinction dans sa captivité. Mais tous les peuples d'au delà du Rhin haïssaient cette colonie, à cause de ses richesses et de sa population. Selon eux, pour mettre fin à tant de guerres, il fallait que la ville, ou restât ouverte à tous les Germains indistinctement, ou fût détruite, et les Ubiens dispersés comme eux.
« Il s'y rendit une députation des Tenctères, nation qui n'est séparée de Cologne que par le Rhin. Voici comment le plus altier de leurs députés exposa^ dans le conseil de la vDle, les volontés de sa peuplade : « Vous voilà donc rentrés dans le corps et sous la dénomination des enfants de la guerre. Nous en remercions nos dieux, qui sont les vôtres, surtout Mars, le premier do ces dieux, et nous vous félicitons de ce qu'enfin vous vivrez libres parmi des peuples libres. Car, jusqu'à ce jour, l'eau, la terre, et jusqu'à l'air même, avaient été, pour ainsi dire, emprisonnés par
les Bxmums. Tos Ir^ws »e petvmÛDit ^ m)m parler,
ai raas Toir ; ou bien, eë Jijai ioidjpa^ «eot fois plus
des hommes nés poi»* >les ^BStluss^ â fallait 'wdïir «»e
inspectIioB, payer nue ^axe, se ^épeniMler de ses armes
^ pieiqae <ieees -vétementB.^idooc vous voulez rcpe^
mAm ftmitié et ndtre 'aâiaffoe Boi«&t ià>jasuais vittcn*
^ées, iio<i6>ex3geQvi6 qoe ^toqb ^lÉbàtliez ^es man, bon»
lerards de la tjramiîe. HaY « 'pi» jusqu'aux animast
sau^B^es qui, reofereaiés^ ne perdent lem* braroiHfe
natorélle. ô«« tous les Roméhis '«or tout votre terrt-
tdire soient égorgés •: ki Bberté ne «oiiffre point de
maîtres «tu milieu d^elle. Que leurs l^iens soient niis eu
eomiBim, sans que perscnone puisée avoir de batiujii
d*iiit^«êt séparés. Qu^il soit iibre, et A nous et à vous,
d'hafhiter iudistincftement Tune et Tautre rive, comme
jadis !te "pmtiquaieiït nos p^res, oonime le veut :1a na-
tare, qui a départi le jour et la lumière à tous les
li€immes, la terre à' tous les'bmves.fleprenez les mœurs
et ie» usages du pays, et aibjurez ces voluptés par qui
Renne ^ent asservis ses «ujets biei pïus que par ses
armes. Alors, vraiment Germains, rentrant dans tous
vos ûrohSf et perdant jusqif au sowvemr de Teselarvage,
n&mB 99de^endrez im peufAe ou Fégol, ou le domma-
t<e«B*4e8 «i^/Fes. »
« Les Agrippiniens pHrent *i teiB^ pour délibérer ; dbf eaa «c^fet, m la <;rainte de f avenir tie leur permtfttait d'acoepier (les condHJions, m leur ^îfcuatk)n présente de bée rejeter ouvertement. Us firent «ette réponse : « ©es l'ftt^fcast que Toceaston d'Itfcre libres s'est présentée, Qjçm» }.\a^çm$ saisie a^c plus d'ai^eur «foe depi^iMKisey^iBKmsiaims !80iDme6«fé«ii8 i »os Êrèiies, jom
et tous les autres Germains. Loin d'abattre nos murs, dans un moment surtout où les Romains rassemblent leur armée, il serait plus sage d'en construire de nouveaux. Le peu d'étrangers de l'Italie ou des provinces qui se trouvaient sur notre territoire ont été détruits par la guerre ou ont regagné chacun leur pays; et, quant à ceux qui ont formé anciennement la colonie, qui ont contracté des mariages avec nous et ont laissé des descendants, c'est ici leur patrie, et nous ne vous croyons point assez injustes pour exiger que nous massacrions nos pères, nos frères, nos enfants. Les droits d'entrée, toutes ces entraves du commerce, nous les supprimons. Vous passerez librement, mais de jour et sans être armés, jusqu'à ce que des liens si nouveaux soient resserrés par l'habitude et le temps. Nous prendrons pour arbitres Civilis et Velléda : ce seront eux qui rédigeront le traité. » Les Tenctères, ainsi apaisés, envoyèrent à Civilis et à Vélléda des députés avec des présents, et tout se conclut selon le désk des Agrippiniens. Mais les députés n'eurent pas la permission de voir Velléda, ni de lui parler. Elle se dérobait aux regards pour augmenter la vénération. Elle se tenait au haut d'une tour : c'était un parent de son choix, qui, en qualité d'interprète de la divinité, recevait les demandes et rapportait les réponses.
« Civilis, fortifié de l'alliance des Agrippiniens, se mit en devoir de soumettre les cités voisines, oa û^ gré, ou de force. Il avait déjà réduit les Suniques * et enrôlé leur jeunesse, lorsque Labéo, avec une trovi^
1. Ils habitaient le Limbourg, où l'on retrouve encore, dans le bourg de Sinnicks, le nom de cet ancien peixple%
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de Bétasîens *, de Tongres et de Nervieas, levés à la hâte, vint s'opposer à ses progrès. Labéo comptait sur sa position; il s'était assuré d'avance du pont sur la Meuse 2, et il occupait les défilés. Le combat était encore indécis, lorsque les Germains, traversant le fleuve à la nage, vinrent tomber sur ses derrières. En même temps, Civilis, par un coup d'audace, ou bien de concert avec les Tongres, se porta au milieu d'eux, et haussant la voix : (( Nous n'avons pas, dit-il, pris les armes pour faire des Bataves et des Trévires les maîtres des nations; loin de nous cette arrogance : acceptez l'union, et je passe de votre côté comme chef ou comme soldat, à votre gré. » La multitude était ébranlée, et ils remettaient leurs èpées dans le fourreau. Deux des principaux Tongres, Campanus et Juvénalis, achevèrent de les décider, et la nation entière se donna à Civilis. Labéo s'échappa avant d'être enveloppé. Les Bétasiens et les Nerviens se rendii^ent aussi, et Civilis les incorpora à son armée. Ainsi, de tous côtés, s'agrandissait cette puissance, par tous les peuples que lui soumettait la terreur ou que l'affection lui donnait. »
§ 14. — SABIMUS PROCLAVé CÉSAR DÉFAIT ET MIS EN FUITE PAR LES SÉQUANES. DIVISION PARHI LES REBELLES. RÉACTION EN FAVEUR DES R0HAIN8. FUITE DE TUTOR. DÉFAITE DES TRÉVIRES.
« Cependant Sàbinus, après avoir détruit tous les monuments qui pouvaient rappeler l'alliance avec les