‹ L'histoire de FranceChapitre 53 sur 140 · Deux Ueues au-dessous de Trêves · texte numérisé non relu

Deux Ueues au-dessous de Trêves

ne lUr accordant pay un tel avantia^ par la- peBiiion, que Ifes siens n'èfn eussent un plorgrantî parla valeur. On' éprouva, em montant, un peu de difficulté, tant qu'on fut en butte» aux armes de tt«idt; on ne se ftit pas plutôt joint, que Fènnemi M renversé, précipité comme dtes ruines qui' croulent; une- psaiie de* Ife» cavaTerre, ayant tourné par éfe» liefut^urs moins escarpée», fit prisonniers lés princqwtœp Brfges, entre autres Valentinus, leur chef.

« Gérialis, craignant- pour sa réputation, s'il paraissait nourrir la licences et 1» cmsutédu soldat, contint leur fureur; et ils obéirent, bien plus modérés envers îes étrangers depuis qu'ils ne faisaient plus la guerre à des citoyens. L'atfeniâbn se reporta ensuite sur Ites malbeureuses légions qu'bn avait fait venir de Médîomatrix *. Les soldats, accabléis-du sentiment de leurs crimes, se tenaient iramobiïesi les regards fixéis contreterre. Au moment où les deux armées se réunirent, on n'entendit point les acclamations accoutumées; o» avait beau V%s consoTer ou les exhorter, iïs ne répondaient rien, se tenant cachés au' fon^dE de leurs tentes; et fuyant jusqu'à Ik Rimière. Et c'étaient moins le péril' et la crainte, que la honte et le sentiment de leur opprobre, qui les plongeaient dans ce profond àMttement. Il avait même gagné les vainqueurs, qui, n'^osant s'expliquer de vive voix, ni par les prières^ demandaient grâce par les larmes et le silence. Enfin, Cériaîis vmt adoucir lemr douîeur. H leur répétât, à i^aque mstant, qu'iï ne s*^en prenait qu'au destin de

f. STetâr.

tous les maux qu'avait causés la discorde des soldats et des chefs, ou les artifices de Fennemi; qu'il ne datait leurs services et leurs serments que" de ce jour que ni l'empereiu* ni lui ne se ressouvenaient du passé. Alors on les admit à camper avec les autres, et Ton fit publier, par toutes les centuries, que, dans aucun débat, dans aucune querelle, on n'eût à reprocher & ces camarades leur sédition ou leur défaite. »

§ 16. — CÉRIALIS REPRÉSENTE AUX GAULOIS LES AVANTAGES DE LA DOXINATION ROMAINE.

« Cérialis ne tarda point à convoquer une assemblée des Trévires et des Langrois ; il leur parla ainsi : « Pour moi, je n'ai jamais cultivé l'art de l'éloquence, et c'est par les armes que je vous ai prouvé la valeur . du peuple romain. Mais, puisque les paroles ont sur vous tant d'empire, et que vous jugez des choses moins par elles-mêmes que par les discours des séditieux, j'ai voulu vous faire part de quelques réflexions. Maintenant que la guerre est terminée, il vous sera plus utile de les entendre qu'à nous de vous les dire. Lorsque les généraux de Rome entrèrent sur votre territoire et dans les autres contrées de la Gaule, ce ne fut par aucun esprit de cupidité ; ils y vinrent à la prière de vos ancêtres, que fatiguaient des dissensions meurtrières, et parce que les Germains, que vous aviez appelés à votre secours, avaient réduit indistinctement à l'esclavage et les alliés et Jes ennemis. Je ne parlerai point de tous nos combats contre les Cimbres et les Teutons, des grands

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exploits de nos armées^ et du succès de nos guerres avec les Germains : ils sont assez connus; et si nous avons occupé les rives du Rhin, ce n*a point été pour protéger Tltalie, mais de peur qu'un nouvel Arioviste ne s*élevât encore sur vos têtes. Croyez-vous que vous serez plus chers à Civilis et aux Bataves, et à tous ces peuples dont le Rhin vous sépare, que vos ancêtres ne Tétaient aux ancêtres de ces mêmes nations? Les mêmes motifs d'invasion subsisteront toujours pour les Germains, Tamour de vos femmes et de vos biens, le désir de changer de lieu; et toujours on les verra déserter leurs solitudes et leurs marais, pour se jeter sur ces Gaules si fertiles, pour asservir et vos champs et vos personnes. On vous éblouit aujourd'hui des beaux noms de liberté, d'affranchissement; mais jamais on n'ambitionna d'asservir et de dominer, qu'on n'ait couvert son ambition du même voile. Il y eut toujours des tyrans et des guerres dans les Gaules, jusqu'au moment où vous acceptâtes nos lois; et nous, quoique trop fréquemment insultés, nous ne vous avons demandé, à titre de vainqueurs, que les moyens de vous maintenir en paix; car, pour avoir la paix, il faut des soldats; pour des soldats, il faut une solde ; pour cette solde, des tributs. Le reste est commun entre nous. Vous-mêmes, le plus souvent, vous commandez nos légions ; vous-mêmes vous gouvernez les provinces, et celles-ci et les autres. Nul privilège, nulle exclusion. Si nous avons de bons princes, vous en ressentez également les avantages, quoique dans l'éloignement ; s'ils sont cruels, ce sont les plus proches qui en souffrent. Comme on supporte la sèche-

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resse, les pldes excessives, ow Tes autres maitr de ïa nature^, supportez les prodigalités on Favarice de vos maîtres. H y aura des vicey tant qu'O y aura des hommes ; mais ces fîéanx ne sont pas continoels, et & airire des temps plny heoreux qor dédommagent ; à moms, peut-être, qu^asservis à TutOT et à Classions, vous ne comptiez sur «n gouvernement pltis mocféré, on qoTÎ ne fallût mon» dlmp^ts pour Tentretien des «Brraée» quà vous garantiraient des Germains et des Kretens^. En effet, si (ce doni les (fîeux nous préservent) îe» Romains venaient à être diassés de la terre, qu^ verrait-on, smon la guerre universelle des nations? I! a faHu Èuit cewl» ans d'une fortune et d'une discipline constantes pour éferver ce colosse immense, qui ne peut être détruit sans îa ruine des destructenrs; et alors le plus grand péril sera pour vous, qui avez Tor et les ridtesses, principale cause des guerres. Aimez donc, chérissez done la paix, et cette Romte qui se dmme égasiensent et aux vamqueurs et aux vaincus. Instruits par Tune et Fautre fortune, gardez^ vous de préférer Findocilîté qui vous pOTdraft à la soumission qui assure votre tranquillité. » Us craignaient bien plus que ce qui ïeur aorrivail;^ ce discours leur rendit le calme et le courage. »

§ 17. — CÉRIALIS ENVELOPPA PAR LES ENNEMIS El SUR LK

POINT d'Être écrasé rétablit L'ÀcnoN et remporte une

VICTOIRE DÉdSIVB.

« L'armée victorieuse était en possession de Tirèves, lorsque Crvilis^ e* Glassieus^firen* tennrune lettre à CC-

Là. CUIXILE itdMiàlKX 1Î5

fialè ; eatte Mite ^o«?tail; qna V^s^^suàem éksiis qu'on a'eilopçait imiiileiiieiit de le eaeher; qv» tlti^ £t Rome étaient la proie d'ome j^eire intosUiœ ; que lioeten et O&iiaÊtieii fi'é^aieM i^pie de Tains Aons sans poiw^ir; ^ue, «i -GéiiaMs v^otâmt T^minre des Gasdes, Us se iîonteiïtef aient des Suites de leur teriâtak® ; ^ae, £'il préférait «ombatire, ik oe s'y reÛKaieixt pas mm pliiis. €ériald5 ne fît anecme arépoaœe âCtfilis et 4 dlaseicus; il enYoy^ la Mtre à Dcoiiitiœn sree celui ^ Tavait sa^pDiifiba. Les enaernis , ea oas^ déiacbés, arrivéa?ent >âe kmbes |Murts; «t Cérialis lut asse£ .^énéraleBkent Mâdné d^'auttir BcmiiJtet leur jraie* tioiii, I;a2idi5 qu'il «arail ^ Iles iateivepler séparé* jxkesKt. L'<armée mumoe entûiiira Bxm icaoïp d'im foffîé et d'aae palissade ; «car ampasai^aiit eiiie auradi «u la témérité 4e Gamiker sans «es ^éeantdons. £hez les Germains^ les mm étaieet fartages tA. rsB eonlaat* taiesiKt

ce Gridis souteaail iqu'il fallait attendre èas natiûns à!aM ddà 4u RIûb; fiif elles é^AseraJent un «mifeam yaiafîa par la «eule teneur qu'elles lai insfnrakffit; qa'éitaji-ce que to <GaiUok, «isoa «ne fu:âis pour àe vainiquçttr? £t «9ccire T'éibite de eelte oatâiKa, tes B0]g^«éktaieQt toius 4e levr pétU* (OOvertemeBi; on ^ cœur. Tutor prétendait que, en différant, on LaÉsait^s PiiKaiaias jse £ortifier; iews «usiéfis^^saii^ ae sas- «ettJaUani de tfn^toe parts; «ne légion jde Siwbaigaie notait flstepttisé ia mer; «n ^m basait ««ur d'E^io^ne, il ea «nwait d'itadiifi, i^ ^naaàm de vieilles Énoi^s» flaKâaaiâ; M gueive, el dEttn ide «es :sdjMs içulini^ fait IMT, Theiea-e; les Germaixm, anr le^piab ^m scmpitait,

étalent incapables de la moindre soumission, de la moindre discipline ; ils n'agissaient qu'au gré de leur caprice ; il y avait avec eux un grand moyen de corruption, For et les présents, dont les Romains étaient mieux pourvus; et, tel amour qu'on eût pour la guerre, il n'était personne qui, au même prix, ne préférât le repos au péril ; si l'on attaquait dans ce moment, Cérialis n'aurait à leur opposer que les restes de l'armée de Germanie, ces misérables légions vendues à la confédération des Gaules ; et même avoir battu en dernier lieu, contre leur propre attente, cette troupe indisciplinée de Valentinus, serait un aliment à la témérité des soldats et du général ; ils se hasar« deraient donc de nouveau, et alors ils seraient reçus, non par un enfant inexpérimenté, qui s'occupait de mots et de harangues bien plus que de guerre et de combats, mais par Civilis et par Classicus ; le seul aspect de ces deux hommes retracerait à leur imagination la peur, la faim, la fuite, et leur vie tant de fois à la merci du vainqueur ; ni les Trévires ni les Langrois n'étaient retenus par l'attachement; ils reprendraient les armes sitôt que la crainte serait passée. Classicus trancha cette diversité d'opinions, en se déclarant pour l'avis de Tutor, et sur-le-champ on l'exécuta.

« Le centre fut assigné aux Ubiens et aux Langrois ; on donna la droite aux cohortes bataves; aux Bructères et aux Tenctères, la gauche. Prenant, les uns par les montagnes, les autres entre le chemin et la Moselle, ils arrivent tous si brusquement, que Cérialis était dans sa chambre et dans son lit (car il n'avait poiat

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passé la nuit dans le camp), lorsqu'on vint lui dire que les siens étaient attaqués tout à la fois et battus; il accusa de pusillanimité ceux qui lui donnaient cet avis, jusqu'au moment où il vit de ses propres yeux toute rétendue du désastre. Le camp des légions était forcé, la cavalerie en fuite, l'ennemi déjà maître du pont sur la Moselle, qui joint les deux parties de la ville. C'était au fort du péril que Cérialis était le plus intrépide. Ramenant les fuyards par la main, et se jetant presque nu tout au travers des traits, au moyen de cette heureuse témérité, et avec l'aide des plus braves qui accoururent, il reprend le pont, où il laisse une troupe d'élite. Puis, de retour au camp, il voit les légions qui s'étaient laissé prendre à Bonn et à Nuys, dont les centuries étaient éparses, à peine quelques soldats autour des enseignes, et les aigles sur le point d'être enveloppées. Enflammé de colère : « Non, dit-il, ce n'est point un Hordéonius, ce n'est point un Vocula que vous abandonnez. Il n'y a point ici de trahison, et mon seul tort est d'avoir dit trop tôt que vous aviez oublié votre traité avec les Gaulois, d'avoir cru légèrement que des Romains se ressouvenaient de leur serment à Rome. J'aurai donc le sort des Numisius et des Hérennius; tous vos lieutenants auront donc péri, ou par vos mains, ou par celles de l'ennemi? Allez, courez dire à Vespasien, ou mieux encore à Civilis et à Classicus, que vous avez abandonné votre général sur le champ de bataille ; il viendra des légions qui ne nous laisseront, ni moi sans vengeance, ni vous sans châtiment. )> c Ces plaintes étaient fondées ; leurs préfets, leurs

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tiibii&s les accâ^alefil; écs saêmes x^rocheâ. Us »& rassemblent jBar fioèuMtes «et^ar pelotons; ^ar ils ne pouvaient donner mi grand front A leur l^gnc^, Tennenû js'étant dél>orxdé de ioutes pai^, ^t leurs tentes eit ieuTfi haigSL^s les vgênant «daos «cette «Aceînte du camp» ioù Ton se battait. Tutor, €laffifiiDus «t CiviUs, chacun à son poste, ^mimaieB^ ia bataille ; dk esoitaieoat les Gaulois par te ^s de liberté, les Bataves par Tamour de la jgioôre , les ^«ermaiiïs par tka vue du butin:; et toi^ faYoriaait les «ennemie^ lorsque enfin la (vingt et juûèsae li^cm^ a^Ant ^(xmé un espace plus découvert et :s'Maiit mssaiinblée tout «en wi seul corps, soutint leur dhoc^ fnis Iibs x^ousea. Il y eul aussi âe rintervention «des «dieta dams cette xévolntû}B sulfite des esprits <|«i ûi tourner le dos aux wn*- €[UâUirs. Ils attribtuaidnt leur eiSEpoi sa ,1a vue des eolkortes qm a^aieopst été di^gftersées ou cconmettoemeskt de Tattaque tcrt ignl^ «ralliées suf les i«iuJ<ejinB « leur «avaient pai» us tnesKfertft&ut Aouiveau q^ mxi-

«liais J0 véritable .oibstaolB ^ levu* vkti^^ lat ofiitte làonleuse axidâ^té qui les faisait totui^ k l'en^ quillier Xennenû pour «eonrir a|^s le butin. £ériaUs avait été à la vaille 4e nuio^ les affaires par sa négligônce ,; inais ausfii il les j^établit ps^ £a ioraoï^é, et, poursuivant «A fortune, ilp?end« dés le jsiïêjR&c iomj le camp (des ^onaenûs 4»t le xase. :»

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§ 18. — LEâ HABITANTS DE COLOGNE dE SÂf^ARfitT DE LA CON- FÉDÉRATION GALLO-GERMANIQUE,

<c A peine accorda-t-on au soldat quelques jours de repos. Les Agrippiniens imploraient notre appui, et ils offraient de livrer la femme et la sœur de Civilis, ainsi que la fille de Classicus qu'on leur avait laissées pour gages de Talliance. En attendant, ils avaient égorgé les Germains dispersés dans Cologne, ce qui ajoutait à leurs craintes et à la nécessité d'être secourus promptement, avant que Fennemi, rétabli de ses pertes, pût reprendre ses projets de conquêtes ou du moins de vengeance. En effets Civilis avait tourné ses pas de ce côté. Il était assez en force, s'il eût conservé la meilleure de ses cohortes, toute composée de Chauques et de Frisons, cantonnée à Tolbiac K sur les frontières de Cologne. Mais il apprit qu'elle avait été détruite par la trahison des Agrippi^ niens. Ceux-ci, ayant donné un grand repas aux Germains, les enivrèrent, et, pendant leur sommeil, ils avaient refermé les portes et mis le feu aux maisons, où tous furent consumés. Cette triste nouvelle changea la marche de Civilis. D'un autre côté, Cérialis avançait en toute diligence. Civilis, pressé de plus d'un côté, avait eu aussi la (Mainte que k quatorzième légion, jointe à la flotte de Bretagne, ne désolât les Bataves à l'endroit où l'Océan les borde. Mais la légion prit la route de terre ; son lieutenant, Fabius

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