‹ L'histoire de FranceChapitre 85 sur 140 · SCIENCE DE SAINT LOUP · texte numérisé non relu

SCIENCE DE SAINT LOUP

Il ne faut pas s'étonner que Dieu accordât des miracles extérieurs à celui à qui il accordait les plus grands effets de sa puissance , qui est la conversion des pécheurs. Outre les miracles qu'il avait faits eu Angleterre avec saint Germain, il guérit un grand nombre de malades désespérés, qu'il se hâtait d'aller visiter dès qu'il était averti de leur état.

Il n'avait pas seulement la piété, mais aussi la science des saints docteurs. Car le comte Arbogaste s'étant adressé à saint Sidoine sur quelques difficulté de l'Écriture , Sidoine le renvoya aux illustres Pères des Gaules , et nommément à saint Loup, l'assurant que , quelques questions qu'il lui pût proposer , il n'épuiserait pas une source de doctrine aussi féconde que la sienne. Il conservait même encore dans son extrême vieillesse quelque amour pour les belles pièces, et il en savait fort bien juger ; de sorte que les plus habiles redoutaient aussi bien sa censure sur les règles de l'éloquence que sur la conduite des mœurs. Il se plaisait à produire et à faire parler les

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personnes de lettres, quoiqu'elles tâchassent de se cacher; et lorsqu'il en savait qui se tenaient dans l'obscurité , par l'amour du repos , ou par crainte et par modestie , il était ingénieux pour les manifesta et les faire connaître au public. Il était exact à corriger les moindres défauts, et jusqu'à la ponctuation, dans les livres mêmes des autres qui lui tombaient entre les mains.

Ce fut par tant de grandes qualités qu'il mérita d'être toujours préféré aux autres prélats, avant même qu'il les précédât par l'antiquité, el de passer pour le père et l'évêque des évêques mêmes, incomparablement élevé au-dessus des autres: « Les évêques mêmes, dit saint Sidoine, se soumettaient avec respect à ses avis. Son jugement était pour eux une décision absolue. En comparaison de lui, les plus anciens ne passaient que pour de jeunes enfants ; la saii^ milice des moines le regardait, aussi bien que l'ordre des évêques, comme son chef et général et il ne méprisait pas les moindres serviteurs de l'armée de Dieu. »

On ne sait pas ce qui l'empêcha d'accompagner encore saint Germain lorsqu'il retourna en Angleterre, l'an 447, pour y combattre de nouveau les pélagiens. Mais il ne lui fut guère moins glorieux de ce qu^au lieu de lui saint Germain prit un de ses disciples, savoir saint Sévère, évêque de Trêves, qu'on regarde comme l'apôtre des Bourguignons.

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