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108 LA GAULE GHRériENNE
respect que sa vertu imprima dans le cœur de ce barbare et cruel païen. Attila le voulut même avoir quelque temps auprès de lui et le mena jusqu'au Rhin en s*en retournant, d*où il le renvoya ensuite chez lui. Mais quoique ses prières eussent conservé sa ville au milieu des guerres et des ravages 'des barbares, néanmoins, en revenant à Troyes, il trouva que le désespoir en avait saisi les habitants, et qu'apparemment ils avaient abandonné la ville, pour se retirer en des lieux plus forts, Troyes n'ayant pas même alors de murailles.
Leur désespoir le troubla et l'affligea ; mais ce trouble ne diminua rien de sa prudence. Il se retira à 15 ou 20 lieues de la ville, sur une montagne nommée Latiscon , à dessein d'y rassembler le peuple de Troyes. Le même fait s'est produit en d*autres endroits, et c'est ce qui a fait changer le "siège de quelques évêchés, comme ceux du Puy et de Mende. Mais cela n'arriva pas à Latiscon, où peu de personnes se rassemblèrent, durant deux ans que saint Loup y demeura : de sorte que, se lassant enfin luimême de ce lieu, il se retira en 453 à Mâcon, où il semble qu'il ait eu autrefois du bien, et je ne sais même s'Ô n'y en avait point encore. Dieu témoigna qu'il agréait cette retraite par le pouvoir qu'il lui accorda en chemin de guérir près d'Alise , en Bourgogne, une femme paralytique, et, lorsqu'il demeurait déjà à Mâcon ou aux environs, il rendit la parole à une fille que le démon avait rendue muette.
Ce ne fut pas Attila seul , mais généralement tous les rois barbares, à qui Dieu imprima du respect pour la sainteté de saint Loup. On le sait particulièrement de Gebavulte ou Gibulde, roi des Allemands, qui avait aussi une grande déférence poiu* saint Séverin, abbé
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dans le Norique. Les Allemands, qui, à ce qu'on croit, occupaient alors le pays des Suisses, ayant fait des courses jusqu'à Brienne, dans le diocèse de Troyes, en avaient emmené divers captifs. Mais saint Loup en ayant écrit à Gebavulte, ce prince, dont le respect pour saint Loup allait jusqu'à l'obéissance, leur rendit aussitôt la liberté et les renvoya en leur pays, sans en demander aucune rançon. Ce que nous rapportons à Brienne en Champagne poun^ait aussi s'appliquer aux Brions ou Breons de la Vindélicie. Et, en ce cas, il sera encore plus glorieux pour saint Loup, et plus conforme même aux termes de son historien, de dire que les Allemands s'étant rendus maîtres de ce pays assez longtemps auparavant, et en ayant emmené les peuples captifs, Gebavulte leur rendit la liberté et leur pays même, les remettant dans l'état où ils étaient auparavant. Saint Loup pouvait lui avoir demandé cette grâce à la prière des officiers de l'empire.
La vie de saint Loup, après nous avoir marqué qu'il vint à Mâcon, ne dit point quand il retourna dans son diocèse, comme s'il n'y fût jamais venu durant vingtsix ans qu'il a vécu depuis l'an 453. C'est ce qui n'a pas la moindre apparence. La ville de Troyes était repeuplée avant sa mort, qui arriva à la fin de la cinquante-deuxième année de son épiscopat, c'est-à-dire en l'an 479.
Lk PATRONNE DE PARIS. - SAINTE GENEVIÈVE K