‹ L'histoire de FranceChapitre 88 sur 140 · KlfFAKCE ET YÔGATION DE SAUTTE GEICBYIÀYE · texte numérisé non relu

KlfFAKCE ET YÔGATION DE SAUTTE GEICBYIÀYE

Sainte Geneviève naquit vers Fan 422, dans le village de Nanterre. Son père s'appelait Sévère et sa mère Géronce ; et ils vivaient retirés dans cette campagne, comme des personnes qui j avaient quelque bien, mais non pas comme des paysans. Dieu la prévint par sa grâce dès sa plus tendre enfance, et lui donna pour la piété une inclination ardente qui croissait en elle à mesure qu'elle avançait en âge.

Geneviève avait environ sept ans, lorsque saint Germain d'Auxerre et saint Loup de Troyes, députés

1. La vie de sainte Geneviève, patronne de Paris, a été écrite diz-buit ans après sa mort par un auteur inconnu. Le style et la simplicité de cette narration sont évidemment d'un bistorien contemporain. Mais, comme il ne rapporte que ce qui peut édiner la piété des fidèles, elle n'offre pas tous les caractères désirables pour fixer une cbconologie exacte et certaine. On peut cependant détacher à travers la légende quelques traits crhistoire précieux que nous rapportons ici.

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par les évoques de Gaule pour aller combattre Thérésie pélagienne qui se renouvelait en Angleterre, passèrent vers la fin de 429 par le diocèse de Paris et allèrent coucher à Nanterre. Auprès de Féglise, ils trouvèrent tout le peuple qui venait au-devant d'eux pour leur rendre ses respects et recevoir leur bénédiction. Ce fut là qu'au milieu de cette foule de monde saint Germain aperçut la petite Geneviève. Il reconnut par la lumière divine quelque chose de grand et d'extraordinaire dans cette enfant. Aussitôt il la fit approcher, l'embrassa, demanda son nom, et qui étaient ses parents. On lui dit qu'elle s'appelait Geneviève.

Ses parents s'avancèrent auprès du saint. « Que vous êtes heureux, leur dit-il, d'avoir une telle fille ! Sa naissance a été pour les anges un sujet de joie et de réjouissance dans le ciel. Elle sera grande devant le Seigneur : et plusieurs, passant de l'admiration de sa vie à l'imitation de sa vertu, qjuitteront le péché, se convertiront à Dieu et recevront non-seulement la rémission de leurs fautes, mais aussi les récompenses de la vie étemelle. » Puis, s'adressant à Geneviève : « Ma fille, lui dit-il, déclarez-moi sincèrement si vous ne voulez pas bien vous consacrer à Jésus-Christ. — Saint Père, lui répondit-elle, je vous suis très-obligée de ce que vous voulez bien me demander si je désire une chose que je souhaite avec une extrême ardeur. Oui je le veux de tout mon cœur. Pliez Dieu de me faire la grâce d'accomplir en cela mon désir. — Prenez courage, ma fille, reprit le saint; mettez votre confiance dans le Seigneur, et il vous donnera lui-même la force et la vertu nécessaires pour l'accomplissement de votre généreux dessein ».

Les deux saints évêques s'en allèrent ensuite ^

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Téglise pour y 'dire nones et vêpres. Saint Germain y mena avec lui Geneviève et tint la main droite sur sa tête pendant ces offices. Ce saint la retint auprès de lui durant son repas, et, en la renvoyant le soir chez elle, il recommanda à ses parents.de la lui ramener le lendemain matin de bonne heure, avant son départ.

Fig. 27. — Cuiller d'argent Fig. 28. — MéduUle de bronae, (Leblant, Inscriptions). donnée par saint Germain i

sainte Geneviève.

Dès la pointe du jour, Sévère ramena sa fille à saint Germain, comme le saint le lui avait demandé. Ce saint évoque, voyant Geneviève, l'interrogea pour savoir si elle se souvenait de la promesse, qu'elle lui avait faite la veille, de se consacrer à Jésus-Christ. L'enfant lai répondit qu'elle se souvenait bien de ce qu'elle lui avait

Fig. S9. — Sainte OenOTiève et saint Germain, d'après la fresque de M. Puvis de ChavanneSydans l'église Sainte>GeneTiàre, à Paris.

promis, et à Dieu même, et qu'elle lui demandait le secours de ses prières pour obtenir de Dieu la grâce de conserver son âme et son corps dans une entière pureté. Sur cette assurance, saint Germain, prenant une médaille de cuivre où était gravée la figure de la

Fig. 30. — f Peigne de saint Loup, conservé dans le trésor de Sens.

Fig. 31. — Bfjoa d'or (Leblant).

croix, la lui donna comme un gage de son amitié pour la porter au cou, et l'exhorta à renoncer aux colliers de perles, aux bracelets, aux bagues, aux autres bijoux et ornements du siècle. Si vous vous laissiez, lui dit-il, éblouir à leur faux éclat, vous vous priveriez de ceux de Fimmortalité bienheureuse. Laissez

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aux gens du monde les ajustements du monde. Pour vous qui avez pris Jésus-Christ pour votre époux, ne recherchez point d'autres ornements que ceux de

Fig. 32. — 4grafe (Leblant, Inscriptions).

l'âme. Après lui avoir ainsi parlé, il la pria de se souvenir de lui devant Dieu, la recommanda à ses parents, et continua sa route avec saint Loup.

g 2» — CONBÉCHATION DE SAINTE GENEVIÈVE»

> Geneviève commença dès lors à se regarder comme véritablement consacrée à Dieu, et à ttiarquer beaucoup d'ardeur pour tous les exercices de la piété. Un jour de fête solennelle, sa mère, allant à réglise^ vou-^ lait la laisser à la maison. Geneviève la pria avec ins-^ tances et avec larmes de lui permettre d'y aller ailssii « Je désire, lui dit-elle, accomplir la promesse que j'ai faite à l'évêque, et aller souvent à l'église. » Sa mère, par un mouvement d'impatience, lui donna un

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soufflet. Elle en fut à l'instant punie, et elle devint aveugle. Elle demeura près deux ans dans cet état ; mais un jour qu'elle avait dit à sa fille d'aller tirer de l'eau pour lui en apporter, Geneviève, faisant réflexion que c'était à cause d'elle que sa mère souffrait cette affliction, fut touchée de cette pensée, demeura quelque temps sur le bord du puits à pleurer, puis elle lui apporta de l'eau sur laquelle elle fit le signe de la croix. Sa mère s'en lava deux ou irok fois les yeux avec foi et avec respect, et aussitôt efle recouvra la vue.

Quelques années après, Geneviève fut présentée avec deux autres filles plus âgées qu'elle, pour être consacrées par l'évêque de Paris avec les cérémonies ordinaires. On l'avait placée après ses deux autres compagnes, comme étant la plus jeune. L'évêque connut par une inspiration divine que Çeneviève avait une vertu beaucoup supérieure à celle des autres qu'on mettait avant elle, et il ordonna qu'on la plaçât la première, parce qu'elle avait déjà reçu de Dieu la consécration dont il allait faire la cérémonie : ce qui fut exécuté dans cet ordre ; après quoi, elles se retirèrent chacune chez elles.

Elle n'avait alors pas plus de quinze ans. Dès cet âge jusqu'à cinquante ans, elle observa de ne manger que deux jours dans la semaine, le dimandie et le jeudi. Elle passait les cinq autres jours dans une abstinence entière. Sa nourriture était du pain d'orge et des fèves cuites depuis quinze jours ou trois semaines, qu'elle réchauffait alors. Pour du vin et toute antre liqueur qui peut enivrer, elle n'en but jamais en toute sa vie. A l'âge de cinquante ans, elle prit du poisson et du lait par le conseil des évêques, auxquels elle aurait cru fsûre un crime de désobéir.

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I 3. — EXTA8£S DE SAINTE OENEYIÈVB.

Après la mort de ses parents, sa marraine la fit venir à Paris. Dieu, ponr faîre paraître davantage sa puissance dans la faiblesse de Geneviève et montrer avec plus d*éclat Téminence de la grâce de Jésus- Christ en elle, permit qu'elle tombât dans une paralysie si violente, qu'elle n'avaii plus Tusage de ses membres, et on la garda durant trois jours comme morte, n^ayant aucun signe de vie, hors mi peu de rougeur qui paraissait toujours sur son visage. Elle revint en santé, et dit qu'elle avait été enlevée en esprit par un ange dans ïe repos des justes, et qu'elle y avait vu les récompenses préparées pour ceux qui aiment Dieu et qui étaient incroyables, aux infidèles.

Elle découvrit depuis, à diverses personnes qui vivaient dans le monde, le secret de leurs consciences. Mais il y en eut qui, au lieu de profiter de ses avis, en prirent occasion de la déchirer par leurs médisances. Geneviève souffrit avec patience leurs calomnies et se contenta de prier et de pleurer dans le secret pour tous ses persécuteurs. Saint Germain, député une seconde fois en Angleterre avec saint Sévère, évoque de Tçèves, Tan 447, repassa par Paris. Le peuple alla au-devant de lui pour le recevoir et pour lui demander sa bénédiction. Ce saint voulut savoir des nouvelles de Geneviève et s'informa de ce qu'elle faisait. Le peuple, toujours plus disposé à médire des gens de bien qu'à imiter leur exemple, lui ïépondit qu'elle n'était pas si sainte qu'il la croyait. Mais ce saint, qui n'ignorait pas sans doute toutes les injures, les îpédisances et les calomnies que la saiptç ayait

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souffertes durant son absence, méprisa tous leurs faux rapports, parce qu'il la connaissait mieux qu'eux et que ses p£u*ents mêmes. 11 alla aussitôt la voir et la salua avec tant de respect, que tout le monde en fut surpris. Là, il fît un discours en présence de tous sea calomniateurs pour défendre Tinnocence de cette sainte : et pour les confondre il leur montra dans sa chambre le plancher tout mouillé par les larmes qu'elle y répandait dans l'endroit où elle faisait ses prières. De là il prit occasion de les entretenir des commencements de sa vie, et de quel mérite elle était levant Dieu, comme il l'avait autrefois déclaré publiquement à Nanterre. Après quoi, l'ayant recommandée au peuple, il partit pour continuer sa route.

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