‹ L'histoire de FranceChapitre 89 sur 140 · SAINTE GENEVIÈVE ET ATTILA · texte numérisé non relu

SAINTE GENEVIÈVE ET ATTILA

Le repos que le témoignage de ce grand évoque procura à sainte Geneviève ne fut pas de longue durée. En 451, Attila, roi des Huns, fit trembler toutes les iiaules par la terreur de ses armes. Dans cette épouvante générale, les Parisiens se résolurent à abandonner leur ville pour se réfuter, avec leurs biens dans des Ueux plus forts. Sainte Gei\pviève assembla les dames et les exhorta à implorer plutôt le secours de Dieu par les jeûnes, par les prières et par les veilles, pour détourner, comme Judith et Esther, le malheur qui les menaçait. Elles la crurent et pa$sèrent plusieurs jours à prier dans le baptistère. Au contraire, les hommes, qu'elle voulait engager dansle&piêmes exercices de piété et empêcher de transporter leurs biens hors de Paris, en leur représentant que Dieu conserverait cette ville, et que celles o^ ils prétendaient se

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retirer seraient pillées et saccagées par les barbares, ces hommes, dis-je, s'élevèrent contre la sainte, qu'ils traitaient de fausse prophétesse. Leur fureur alla jusqu'à former le dessein de la noyer ou de la lapider. Alors survint l'archidiacre d'Auxerre, qui avait été témoin de tout ce que saint Germain avait dit autrefois en faveur de sainte Geneviève. Surpris des propos que les Parisiens tenaient contre cette sainte, il leur représenta l'énormité du crime qu'ils voulaient commettre, les fit souvenir du témoignage qu'avait rendu saint Germain, que Dieu l'avait choisie dès le sein de sa mère* A ce discours, leurs esprits furieux se calmèrent La juste déférence qu'ils conservaient pour saint Germain leur fit reconnaître que Geneviève était une fidèle servante de Dieu et renoncer à leurs mauvais desseins contre elle. L'événement vérifia sa prophétie, et les Huns n'approchèrent point de la ville de Paris.

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