‹ L'histoire de FranceChapitre 9 sur 140 · IX. — DERNIÈRE CAMPAONB DE CÉSAR. — SOUMISSIOE DE LA OAULE · texte numérisé non relu

IX. — DERNIÈRE CAMPAONB DE CÉSAR. — SOUMISSIOE DE LA OAULE

Il fallut encore une campagne pour achever la conquête de la Gaule, mais ce n'est pas le vainqueur qui nous a transmis le récit de ces nouveaux exploits. Le vn« livre de ses Commentaires finit avec la prise d'Alésia. Le vni« et dernier est dû à un ami de César et de Cicéron, Hirtius, qui avait, sans aucun doute, sous les yeux le journal dont il a été question plus haut (p. 140).

César venait d'envoyer dans les quartiers d'hiver 0on armée épuisée par une si rude guerre, lorsque la nouvelle vraie ou fausse se répandit qu'une certaine agitation se manifestait parmi les populations vaincues. Il partit immédiatement de Bibracte, tomba h l'improviste sur les Bituriges occupés sans défiance aux travaux de leurs champs, en enleva plusieurs milliers et les obligea à donner des otages. A peine de retour à Bibracte, il dut malgré Thiver conduire dans le pays des Camutes qui avaient en-

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vahi le territoire des Bituriges ses troupes qu'il ramena chargées de butin; et il est permis de supposer que ces deux expéditions qui paraissent n'avoir donné lieu à aucun combat, n'eurent d'autre cause et d'autre but que le pillage de ces riches contrées.

Un mouvement plus grave se préparait (51 av. J.-C). Les Bellovaques, le peuple le plus belliqueux de la Gaule, c et dont la gloire militaire surpassait celle de tous les autres Gaulois et des Belges, » prirent les armes avec les Âmbiens, les Aulerkes, les Calètes, les Velocasses et les Âtrébates (peuples de FÂmiénois, du Maine, du Calaisis, du Rouennais et de l'Artois), c Les chefs de cette armée étaient le Bellovake Corrée et l'Atrébate Comm dont il a déjà ^été parlé et qui, l'année précédente, avait été l'objet a'unë tentative d'assassinat de la part de Labiénus. Après diverses escarmouches une bataille s'engagea , elle fut longue, sanglante et décisive. Corrée y périt avec l'élite de ses troupes ; sa mort découragea les confédérés qui mirent bas les armes. Quant à Oomm, il s'était enfui au delà du Rhin, et lorsque plus tard il se décida lui aussi à faire sa paix, ce fut en y mettant la condition qui fut acceptée c de ne jamais se trouver en présence d'un Romain. »

Les Andes qui avaient assiégé inutilement dans Lemonum (Poitiers) le chef picton Durât allié des Romains, durent, comme les Camutes, céder à leur tour. Le chef de ceux-ci, Guturvath, livré à César, fut battu de verges c jusqu'à la mort », puis décapité.

Les derniers combats livrés pour la cause de Tindépendance le furent par les Cadurkes (peuples du Querci). Deux mille d'entre eux enfermés dans Uxellodunum (Puy d'Yssolu, dans le Lot) y firent

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une défense si opiniâtre que, pour les réduire» il fallut la présence de César qui, en interceptant les sources où s'alimentait la place, força les assiégés à capituler. Le vainqueur c dont la clémence était trop connue, dit hardiment son continuateur, pour qu'il pût être accusé de cruauté , fit couper les mains à tous ceux qui avaient porté les armes, et leur accorda la vie pour que leur châtiment servit d'exemple. 1

La Gaule désormais domptée fut réduite en province romaine sous le nom de Gaule Chevelue, imposée annuellement à 40 millions de sesterces (7,750,000 francs), et ses destinées enchaînées pour plusieurs siècles à celles du peuple romain. Les luttes qu'elle avait soutenues dans l'espoir de sau- VkiT son indépendance lui avaient coûté cher, c En moins de dix ans que dura la guerre des Gaules, dit Piutarque, César prit plus de 800 villes, soumit 300 peuples, et des trois millions d'ennemis qu'il avait eus à combattre il en tua un million et en fit prisonniers pareil nombre. >

Mais ces glorieux exploits qui placent César au premier rang des hommes de guerre de l'antiquité ont un côté que les Commentaires nous ont soigneusement dissimulé, c En Gaule, dit Suétone, il pilla les temples et les chapelles des dieux où étaient accumulées de riches offrandes, et il détruisit des villes plus pour faire du butin que pour les châtier d'une faute... Aussi regorgeait-il d'or, et il le faisait vendre en Italie et dans les provinces au prix de 3,000 sesterces (581 fr. 25) la livre, i

Outre cet or qui lui fut si utile pour l'accomplissement de ses projets ambitieux, César tira encore des soldats du pays belliqueux qu'il venait de con-

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quérir. Il en forma une légion à laquelle il donna k nom gaulois d'alaxida (alouette), c II la forma, dit Suétone, à la discipline des Romains^ Farma et l'habilla comme eux et plus tard il la gratifia tout entière du droit de cité. » Il ne se borna pas là. Autant pour humilier le sénat qui avait soutenu Pompée que pour reconnaître des services rendus; il y nomma des Gaulois. Aussi afHcha-t-on partout à Rome Favis suivant : c Que personne ne s'avise de montrer aux nouveaux sénateurs le chemin du sénat. » En même temps on chantait dans le peuple ces vers satiriques : c César traîne les Gaulois à son triomphe, et les Gaulois dans le sénat ont déposé leurs braies pour prendre le laticlave. i

Quand les guerres civiles eurent été terminées, César triompha quatre fois dans le même mois, c Le premier et le plus beau de ses triomphes, dit Suéton^, fut celui de la Gaule. Il monta au Capitole à la lueur de flambeaux que 80 éléphants rangés à droite et à gauche portaient dans des lustres. » Et les soldats ne manquèrent pas, suivant leur usage, de chanter en chœur des vers mordants sur la vie débauchée du triomphateur.

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