‹ L'Histoire de FranceChapitre 8 sur 145 · Ant. Anselme, Œuvres, édit. de 1748, in-8°, 3 vol · texte numérisé non relu

Ant. Anselme, Œuvres, édit. de 1748, in-8°, 3 vol

2, Voir : — Strowski, Rev. Bos., 25 janvier 1902; — L. André, Deux mémoires inédits de Claude Le Pelletier, Paris, 1906, in-8°; — et plus loin, n° 1702.

8 è BIOGRAPHIES.

celle du clergé, et elles ne doivent pas être acceptées sans contrôle. Mais qui ne sait que cette classe, la première de toutes, a joui, au xve siècle, d’une réelle influence et que ses avis, donnés du haut de la chaire, avaient un grand poids et étaient écoutés, tout au moins avec respect? La plupart de ces auteurs ne se sont pas, en effet, privés de juger leurs contemporains, la cour, le gouvernement même du roi, ou de décrire sans indulgence, mais avec une vérité suffisante, la situation de la France, pour eux peu favorable au moment où ils parlaient. Et, si plusieurs l’ont fait sous une forme atténuée et discrète, d’autres, comme Massillon, se sont exprimés avec une franchise qui peut étonner, mais qu’explique le caractère sacré de l’orateur. $ Vouloir réhabiliter, au point de vue historique, les oraisons

funèbres serait assurément un paradoxe insoutenable; les laisser:

dans un oubli total serait en même temps une erreur. S'il y a souvent à négliger, il y a quelquefois à prendre. Et ce n’est pas toujours dans les œuvres les plus éloquentes que l'historien trouvera son profit : des discours, médiocrement hittéraires, seront peut-être pour lui plus utiles. Qui veut connaître, par exemple, l’administration de Michel Le Tellier, soit comme intendant d'armée, soit comme secrétaire d'état, ne doit s'adresser ni à Bossuet ni à Fléchier, mais à Jacques Maboul, qui fut sans doute évêque d’Alet, mais qui appartenait à une famille dont tous les membres avaient été ou étaient des maîtres des requêtes.

Considérées comme sources historiques, les biographies de toutes sortes et les oraisons funèbres ont done, à notre avis, une valeur secondaire, mais ne sont nullement à dédaigner. Elles importent à la chronologie, à la connaissance de certains détails. Malgré leur tendance à l'apologie, qui paraît bien être la règle du genre, on trouve cependant parfois chez leurs auteurs une liberté de jugement, qui les relève et leur conserve quelque autorité. Elles peuvent, en tout cas, fournir, et elles ont fréquemment fourni, un canevas, un point de départ pour la composition de récits biographiques détaillés et vraiment scientifiques.

Quelques mots simplement sur l’organisation de ce volume. Nous l'avons divisé en deux parties : 1° les Recueils de biographies, 2° les Biographies individuelles. Pour ces dernières, il n'existait

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