LA GAULB ^ LES GAULOIS
Remeirqnez dono d'abord que les anciens don* naîent le nom de Gaule à tout ce vaste territoire compris entre le Rhin, l'Océan, la Méditerranée, les Alpes et les Pyrénées; qu'elle comprenait plusieurs provinces qui ne font plus partie de la France actuelle, et qu'elle est traversée par un grand nombre de fleuves et de rivières, dont plusieurs méritent une attention particulière.
Parmi ces fleuves, distinguez surtout le Rhin, qui coule au nord-est de la Gaule, et la sépare de la Germanie, que l'on nomme aujourd'hui Î'Alle- MAGNE. Ce fleuve, qui est l'un des plus rapides de l'Europe, est souvent mentionné dans les premiers temps de cette histoire, et vous ne sauriez Ixop vous appfiquer à connaître son cours.
A peu de distance du Rhin, vous trouverez sur la carte, la Meuse, grande rivière qui coule du sud au nord, et va se jeter, comme ce fleuve, dans rOcéan. Autrefois, le cours de cette rivière était entièrement compris dans l'intérieur de la Gaule; Sous plus d'un rapport, elle mérite de fixer votre attention; mais aujourd'hui, une partie des provinces que traverse la MeusCi appartient au nouveau royaume des Belges.
En aescendant la carte, du nord au midi, vous rencontrerez la Seine, cette rivière remarquable, qui passe à Paris, et dont les bords sont à présent couverts d'ime multitude innombrable de villes, de villages et de maisons de campagne.
Il en est de même de la Loire, autre rivière
dont le cours a beaucoup plus d'étendue que celui
de la Seine, puisqu'elle traverse la majeure partie
'évinces gauloises, et les divise presque en-
en deux parties égales. Les Romains
LA OACLB ET LB8 QAinXHB. 9
donnaient le nom d' Aquitaine à toute la partie de la Gaule comprise entre la Loibe, TOcéan et les Pyrénées, et cette province conserva longtemps cette dénomination, que vous ferez bien de ne point oublier.
La Loire, qui prend sa source dans de hautes montagnes situées vers le midi de la Gaule, n'est d'abord qu*un tout petit ruisseau, qu' il vous serait aisé de franchir; mais ensuite elle devient une belle rivière, qui porte même de grands vaisseaux, lorsqu'elle approche des côtes de Touesty où elle se jette dans la mer.
Il me serait impossible de vous nommer ici tous les fleuves qui traversent la Gaule en différents sens ; mais je vous prie de distinguer le Rhône et la Saône, qui, après avoir pris leur source dans les montagnes que vous voyez à l'est de ce pays, se réunissent en un seul lit, pour suivre vers la Méditerranée, leur cours rapide et majestueux. C'est à l'embranchement de ces deux fleuves que se trouve située la ville de Lyon, l'une des plus anciennes et des plus commerçanteis de l'Europe.
La plupart de ces montagnes, situées à l'est de la France, ne font plus aujourd'hui partie de ce royaume. L'une des chaînes qu'elles forment entre elles, porte le nom de Jura, et elles appartiennent à la république suisse, que le Bhin sépare de l'Allemagne actuelle.
L'ancienne Gaule renfermait un grand nombre de villes riches et populeuses, dont les principales sont indiquées sur la carte : elles portaient le titre de CITÉ, parce que leurs habitants se gouvernaient eux-mêmes, à l'exemple des citoyens de l'ancienne Bome, qui, comme vous savez, se réunissaient fré^
10 LA GAtTLB ET LES OAÙLOtS.
quemment dans leur foram, pour élire leurs magistrats, et délibérer en commun sur les affaires publiques.
Ces cités, à l'imitation de cette antique capitale du monde, étaient ornées de superbes monuments, tels que des bains publics, des aqueducs, des palais, des temples, des théâtres et des cirques, où se célébraient des combats de gladiateurs ou de bêtes féroces, et des jeux de différentes espèces. C'étaient les Romains qui avaient introduit chez les Gaulois Tusage de ces monuments, et le goût de ces spectacles, auxquels ils se portaient avec non moins de passion que les peuples de l'Italie.
Vers le même temps à peu près, il arriva que des prêtres chrétiens se répandirent dans les Gaules, et propagèrent parmi la population de ces contrées, jusqu'alors adonnée au culte des faux dieux, la connaissance de V Évangile. Malgré les persécutions de plusieurs méchants empereurs qui faisaient mourir les nouveaux chrétiens, il n'y eut bientôt plus un Gaulois qui ne voulût recevoir le baptême, ce qui contribua plus que toute autre cause, à rendre les habitants de la Gaule doux et humains, de farouches et guerriers qu'ils avaient été jusqu'alors; car vous devez voiis rappeler que le terrible Brennus, qui mit Eome à deux doigts de sa perte, et que vainquit le dictateur Camille, conduisait une armée de Gaulois, et que ce fut encore une troupe de cette même nation qui fut exterminée en Grèce par la foudre et les tempêtes, au moment où elle allait saccager le fameux temple de Delphes.
Avant leur conversion au christianisme, les an-
** «Peuples de la Gaule, auxquels on donnait aussi
de GelteSi professaient une grande véné-
l'iNYABIOM D£8 BARBARES, 11
ration pour les prêtres de leurs fanx dieux^ auxqjuels ils donnaient le titre de druides. Ces dnudeSi qui habitaient de préférence les vastes forêts dont la Gaule était alors couyerte, sacrifiaient à leurs divinités des yictimes humaines, et surtout de pauvres petits enfants, dont ils s'imaginaient que le sang était plus agréable à ces dieux bizarres.
L'usage de ce culte afi&eux avait entretenu parmi la nation celtique une humeur sauvage et cruellci que la religion chrétienne seule put faire disparaître. H ne resta de ces mœurs barbares des Celtes que leur langage, qui ne fit place qu'après plusieurs siècles, à la langue latine que parlaient indistinctement tous les sujets de l'empire romain, et dont un grand nombre de mots sont restés mêlés à la langue française.
Ce que je viens de vous dire de la Gaule et de ses premiers habitants suffira, j'espère, mes jeunes amiS| pour vous donner une juste idée de ce pays, sur lequel vous allez avoir beaucoup d'intéressantes histoires à écouter.