‹ L'histoire de France, racontée à la jeunesse. Éd. stéréotype, augmentée d'une table analytiqueChapitre 4 sur 87 · L'INVASION DES BARBARES · texte numérisé non relu

L'INVASION DES BARBARES

JD^pu» Van 406 jusqu'à Van 481.

Il y avait déjà plusieurs centaines d'années que les Romains s'étaient rendus maîtres de la Gaule, quMls avaient couverte d'une multitude de monuments, dont les débris excitent encore aujourd'hui notre admiration, lorsque des nations barbares, qui venaient du côté de la Germanie, fraftchirent le

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Bhin, et se répandirent de proche en proche mxt toute la eurface des provinces gauloises, où elles exercèrent de terribles ravages.

Quoique ces Barbares ne ^ssent pas tous sortis du même pays, on dit qu'ils appartenaient pour la plupart à la même race que les Teutons, ces peuples sauvages que Marins vainquit autrefois en Italie, ainsi que vous avez pu le voir dans V Histoire romaine; et leur aspect répandit la terreur au milieu de la population des Gaules.

Parmi eux, on remarquait les Yisigoths, dont je vous ai déjà parlé dans un autre livre ; les Bur- OONDES, qui étaient à peu près originaires du même pays ; et enfin les Franks, peuple qui avait quitté par troupes les forêts de la Germanie, pour venir de Vautre côté du Bhin, chercher un climat plus doux, et du butin à enlever. Ces derniers n'avaient point de demeures fixes; ils se plaisaient à parcourir tantôt un pays, tantôt un autre, comme le font encore aujourd' hui, dans Tempire de Bussie, quelques tribus tartares, ou, en Afrique, certaines peuplades arabes, qui ne vivent que de pillage.

Maintenant, il faut que je vous dise quel était le butin qui attirait ainsi cette multitude de Barbares dans les Gaules ; c'étaient des esclaves, des troupeaux, des étoffes et des meubles d'or et d'argent, dont ils dépouillaient les Gaulois, pour les transporter dans leurs déserts ; car il était bien rare de voir un Frank rester en arrière, lorsque ses coms'eji retournaient, et ils préféraient aux "^%e vie paisiblci leur existence sauvage

expliquais quelle était la figure et le 38 aventuriers terribles^ lorsqu'ils pa-

l'iNTASIOII des BAR&ABE0. 13

raient dans les Gaules, je suis sûr qae vons comprendriez aisément Veffix)! que leur apparition répandit dans cette contrée. Bs avaient de longs cbevenx letronssés sur le sommet de leur tête ; denx grosses monstaches leur tombaient de cbaqne côté delà bouche, et couvraient lenrs lèvres épaisses; ils portaient sar leur épaule une espèce de pique garnie de fer, et armée de crochets, dont ils se servaient comme d'un grappin, pour entraîner les hommes, ou enlever les choses qui leur convenaient; enfin ils étaient armés d'une " Francisque," sorte de hache àiionble tranchant, dont ils faisaient usage avec beaucoup d'adresse dans les combats.

Le reste de leur accoutrement répondait à cette figure étrange; leur vêtement se composait d'un habit de grosse toile, serré autour du corps et sur les membres, et leurs pieds étaient chaussés d'une espèce de guêtres de peau de cheval. Le plus souvent ils combattaient tête nue, et une longue chevelure graissée de beurre rance était, à leurs yeux, la plus belle de toutes les coifiîires.

Je vous laisse à penser ce que devinrent les paysans gaulois, lorsqu'ils virent arriver chez eux des hommes d'une figure si efirayante ; leur terreur fut si grande, qu'ils ne cherchèrent même pas à se défendre, et se laissèrent emmener en esclavage, pék-mêle avec leurs troupeaux, ou à la suite des chariots sur lesquels les Barbares chargeaient tout ce qu'ils enlevaient dans les campagnes.

Dans ce temps-là, les empereurs romains étaient il faibles et si découragés, qu'ils n'avaient point de soldats à opposer à ces bandes sauvages, dont les courses se renouvelaient à tout moment dans les provinces gauloises; ausm furent-ils obligée ''

14 l'iMVASIOM DB8 BARBARES.

BOufiHr que des troupes de Franks, après avoir dévasté une partie de ce beau pays, s'établissent enfin entre le Bhin et la Meuse, d'où ils purent se livrer à des incursions dans les Gaules, aussi souvent que cela leur plaisait. Les premiers Franks qui se décidèrent à s'arrêter ainsi dans cette con* trée, reçurent le nom de Saliens, parce qu'ils se fixèrent à peu de distance de l'Océan, sur les bords d'une rivière que Ton nommait alors' Ysala, qui arrose une partie de la Belgique actuelle; les autres Franks qui vinrent après eux, et s'établirent non loin du Bhin, furent désignés sous celui de BiFUAiRES, ce qui voulait dire alors Hommes de la RIVE, dans leur langue teutonique.

Nous retrouverons bientôt dans cette histoire ces tribus de Franks saliens et de Franks ripuaires, avec lesquels il faudra que nous fassions plus ample connaissance, puisqu'ils devinrent par la suite les maîtres de toute la Gaule, et furent les aïeux de la nation française. Mais il s'écoula bien des années avant qu'ils se décidassent à s'établir définitivement de l'autre côté de la Meuse ; ils préféraient ne pas s'éloigner de la Germanie, où étaient restées un grand nombre de tribus de la même nation.

Quant aux autres Barbares, comme ils traînaient après eux leurs femmes, leurs enfants, leurs troupeaux et tout ce qu'ils possédaient, ils se hâtèrent de traverser les Gaules, où les Visigoths se fixèrent| de l'autre côté de la Loire, et formèrent un puissant État, dont Toulouse fut la capitale, tandis Que les Burgondes, s'approchant des montagnes de ''>ndèrent aussi un royaume, qui reçut d'abord \tin de Burgundia, et plus tard celui de

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