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jours. Jean lî, à cause de son affabilité envers ses moindres sujets, est connu dans T histoire sous le nom de Jean le Bon.
Ce prince eut, comme son père, beaucoup d'infortunes à supporter, et il paya bien cher Thoaneur de porter une belle couronne. Peu de règnes ont été aussi désastreux que le sien, et pourtant, il n'y a guère, dans toute notre histoire, d'époque plus fertile en événements remarquables.
Quoiqu'une trêve de sept années eût été jurée entre Edouard III et Philippe de Valois, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, et qu'aucun de ces princes ne mît en effet d'armée en campagne, la guerre continuait dans diverses provinces entre les seigneurs des deux nations. C'était dans ces combats partiels que les barons français et anglais nourrissaient cette haine qui divisait les deux nations, et, tout en ne cessant point de se haïr, ils apprenaient du moins à s'estimer.
Je n'aime pas, à vous dire le vrai, à vous raconter cette multitude de guerres et de batailles de tout genre, dont la plupart des livres d'histoire sont remplis, parce que ces événements offirent pea d'intérêt à votre âge; mais pourtant, je ne veux pas vous laisser ignorer un fait d'armes extrêmement célèbre, qui eut lieu en Bretagne, du temps du roi Jean, et qui servira mieux que tout ce que je pourrais vous dire, à vous faire connaître l'esprit et le caractère des hommes de cette époque.
Un baron breton, nommé Robert de Beaumanoir, ayant appris qu'à peu de distance de son château, habitait un seigneur anglais de grande renommée, l'envoya défier de venir, avec trente chevaliers de sa nation, combattre contre un pa-
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reîl nombre de Français. De semblables propositions avaient souvent lieu entre les guerriers de ce temps-là, et jamais elles n'étaient rejetées.
Le lieu du rendez-vous fut choisi auprès de la petite ville de Ploërmel, en Bretagne, et personne des deux partis ne manqua de s'y trouver au jour et à l'heure indiqués. Ces vaillants hommes d*armes s'avancèrent tout couverts de fer, ainsi que leurs chevaux, et lorsque le signal eut été donné, ils se précipitèrent les uns sur les autres, et combattirent à outrance.
Dès le premier choc, plusieurs cavaliers furent terrassés ; la lutte fut aussi terrible qu'on devait le supposer entre de si vaillants guerriers, et la victoire flotta incertaine entre les deux partis.
On raconte que dans cette rencontre, que l'on a nommée le combat des trente, à cause du nombre de chevaliers de chaque nation qui s'y trouva, le sire de Beaumanoir, grièvement blessé, et dévoré d'une soif ardente, allait se retirer du combat ou succomber, lorsqu'un de ses compagnons, s' apercevant qu'il fléchissait, lui cria: " Bois ton sang, Beaumanoir, ta soif se passera." Ij'intrépîde Breton, ranimé par ces paroles, redoubla d'efforts, et la victoire se déclara pour les Français; huit Anglais furent tués sur la place, et les antres se rendirent à discrétion.
Ce courage féroce et indomptable ne doit "pas surprendre, lorsqu'on se rappelle que les gentilshommes de ce temps-là passaient leur vie entière à s'exercer à de pareils combats, et que la guerre était leur occupation de tous les moments.
Pendant que ces choses se passaient, le roi Jean, dès son début sur le trône, se voyait en-