LA CAPTIVITÉ DU ROI JEAN
déjà ceux-ci se préparaient à renouveler la guerre en Guyenne, où le Prince Noir avait débarqué une puissante armée.
Jean le Bon se vît donc obligé de réunir aussi des soldats; mais comme les seigneurs ses vassaux, qui étaient presque tous ruinés par tant de guerres et de désastres, ne lui en amenaient plus qu'un petit nombre, il convoqua à Paris, de toutes les provinces du royaume, une grande assemblée de barons, d'évêques, et de bourgeois des communes, à laquelle on donna le nom d'ETATS généraux.
Quoique je n'aie point encore eu occasion de vous parler de ces sortes d'assemblées, celle que réunit le roi Jean, au moment de recommencer la guerre contre les Anglais, ne fut pas la première de ce genre que Ton eût vue en France. Vous avez déjà appris à connaître sous les deux premières dynasties, les champs de mars et de mai, et sous les Capétiens, les cours plénières successivement transformées en parlement. Eh bien, les plus anciennes assemblées où Ton ait vu figurer les députés des communes à côté des barons et des prélats de France, furent convoquées par Philippe le Bel, dans certaines circonstances où il crut avoir besoin du concours de tous les Français, et particulièrement lorsqu'il voulut faire juger les templiers et s'approprier leurs biens. A la vérité, les bourgeois ne s'y rendirent d'abord qu'avec une extrême répugnance, parce que la plupart du temps c'était pour leur demander de l'argent, ou des soldats, qu'on les tirait de chez eux; mais peu à peu ils s'accoutumèrent à ce nouvel état de choses, et résolurent de profiter de l'occasion, pour adresser au roi des cahiers de doléances, c'est-à
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dire, de plaintes, où ils lui représentaient humblement les souffrances du pauvre peuple.
Le roi Jean ayant donc convoqué les étate généraux à Paris, commença, selon la coutume, par leur demander des soldats et de l'argent poiu aller guerroyer contre les Anglais; et les états consentirent à lui en donner; mais à condition, pourtant, qu* il leur promettrait, à ce prix, d'abolir certains usages dont le peuple des villes et des campagnes se plaignait depuis un grand nombre d'années.
Autrefois c'était la coutume, lorsque la cour arrivait dans quelque lieu, que les gens du roi allassent dans les maisons enlever les meubles, les matelas, les chevaux, les mulets, les ustensiles de toute espèce, et tout ce qui pouvait être à leur convenance. On appelait cela exercer le droit de prise, et ce droit injuste ruinait en un seul jour la plupart des pauvres habitants.
Les états généraux, entre autres désordres, ne manquèrent pas de signaler celui-ci au roi, et ce prince, qui ne pouvait se passer de leur secours, leur assura qu'à l'avenir, pareille chose ne se renouvellerait plus ; mais il se passa encore bien du temps avant que ce pillage fût entièrement aboli.
A ce prix cependant, les députés du royaume accordèrent à Jean une grande armée de fantassins, avec un nombre considérable d'hommes d'armes complètement équipés et montés; ils lui abandonnèrent en outre une forte somme d'argent, au moyen de laquelle il s^engagea à défendre vaillamment le royaume contre les Anglais.
Alors le roi s*avança au-devant du Prince Noir, qui marchait déjà sur Paris, et les deux armées se
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rencontrèrent auprès de cette même ville de Poitiers, où je vous ai dit qu'autrefois Charles Martel défit les Sarrasins. Les Français étaient au moins cinq contre un, et le Prince Noir, tout vaillant qu' il était, hésita un moment s' il s'exposerait au danc:er d'être vaincu par le nombre.
Toutefois, comme la crainte ne pouvait avoir d'empire sur sa grande âme, il se décida promptemcnt à courir les chances de la guerre, et l'on vit alors s'engager une bataille dont l' issue fut encore plus funeste à la France que celle de la lournée de hécj. Les princes fran^is, emportés incore une fois par un courage aveugle et sans réflexion, chargèrent l'ennemi en désordre, et causèrent ainsi la perte de toute l'armée, qui joncha la plaine de ses cadavres : le roi Jean lui-même, avec plusieurs de ses fils, tomba vivant au pouvoir du vainqueur.
Jamais dans les jours les plus malheureux, une pareille calamité n'avait frappé le royaume ; ni la valeur indomptable du roi, qui combattit le dernier comme un lion, n'ayant plus à ses côtés que son plus jeune fils Philippe, duc de Bourgogne, qui ce jour-là mérita le surnom de Hardi, quoiqu' il fût à peine âgé de douze ans ; ni les efforts des barons français, dont la pltipart expièrent par une mort glorieuse leur fatale imprudence, ni l' héroïsme des moindres soldats de l'armée, ne purent empêcher une défaite aussi complète.
Le roi blessé au visage et accablé de fatigue, après avoir rendu son épée à un chevalier français qui se trouvait parmi les ennemis, pour qu'il ne fft pas dit qu'il avait été désarmé par un Anglais fut conduit aussitôt devant le Prince Noir, qui se montra aussi généreux après la victoire, qu'il avait
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été intrépide pendant le combat. H honora le malheur de son illustre captif^ en le servant luimême à table, et refusant par respect de prendre place à ses côtés, parce que, disait-il avec modestie, il ne se croyait pas digne de s'asseoir auprès d'un si grand prince et d'un si vaillant capitaine.
Le bon roi Jean fut mené d'abord à Bordeaux, la plus grande ville du duché de Guyenne, qui, comme vous savez, appartenait alors aux Anglais ; et bientôt après, on l'embarqua pour l'Angleterre, où il fut constamment traité avec les égards dus à son rang et à son noble caractère.
Après cela, un voile de douleur jjarut couvrir tout le royaume ; il semblait que le malheur eût commencé à régner sur la France avec la maison de Valois, et l'on dit que ce fut le jour de cette fatale bataille de Poitiers, que les soldats français firent entendre pour la dernière fois la chanson du paladin Boland.
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Depuis Van 1356 jusqu'à Van 1364.
Tandis que Jean le Bon était ainsi conduit prisonnier en Angleterre, le dauphin Charles s'ét^iît fait nommer régent du royaume. C'était, comme je vous l'ai dit, un prince sage et prudent, mais qui passait alors pour avoir peu de courage, parce qu'après la bataille de Poitiers, au lieu de rallier autour de lui les débris de l'armée française, il s'était enfui précipitamment jusqu'à Paris, où. il
était arrivé, avant même que la nouvelle de cette défaite y fût parvenue. ^
Cependant, mes jeunes amis, ce prince, au milieu du découragement général que ce revers inattendu avait jeté dans les esprits, se trouva fort embarrassé de faire face à tons les dangers dont le royaume était menacé ; il aurait bien désiré pouvoir acquitter sans retard aux Anglais la rançon du roi son père, pour que ce prince pût rentrer dans ses états; mais les préparatifs énormes de cettç guerre, dont T issue venait d'être si funeste, avaient épuisé tous les coffres, et le roi d'Angleterre mettait à un si haut prix la liberté de son prisonnier, que le dauphin désespéra de pouvoir jamais réunir une pareille somme d'argent.
Alors, il eut l'idée d'assembler de nouveau les états généraux, à Paris, pour les pays de la langue d'OïL, et à Toulouse, pour ceux de la langue d'Oc, et de leur exposer tous les malheurs qui, depuis Tannée passée, avaient assailli le roi et le royaume, en les suppliant d'unir leurs efforts aux siens, pour remédier à tant de désastres. Mais cette fois, les états, qui venaient de voir, en si peu de mois, se fondre les armées et les trésors qu' ils avaient confiés au roi Jean, se montrèrent peu disposés à s'imposer de nouveaux sacrifices ; même il se trouva parmi eux des hommes qui, animés de l'amour du bien public, résolurent de ne rien négliger pour éviter à l'avenir les fautes qui, en si peu de temps, avaient mis le royaume à deux doigts de sa perte. Parmi les hommes généreux dont les noms sont parvenus jusqu'à nous, on distinguait Robert lb Coq, évêque de Laon, et Etienne Marcel, prévôl des marchands de Paris, c'est-à-dire, le princi*^*»^
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magistrat de cette grande ville. Ces deux bcms citoyens n' ignoraient pas qu'au lien d'employer les trésors qu'on lui avait abandonnés, à payer des soldats et à se préparer aux chances de la guerre, le roi Jean s'était hâté de distribuer de grosses sommes à des courtisans, gens pour la plupart aussi avides de largesses qu'inutiles au pays.
Etienne Marcel, au contraire, bien différent de ces hommes insatiables, à la première nouvelle de la défaite de Poitiers, n'avait songé, en sa qualité de prévôt de Paris, qu' à mettre cette capitale en état de défense, soit en faisant réparer en toute hâte les murailles qui l'entouraient, soit en tendant à l'entrée de chaque rue de grosses chaînes de fer, qui empêchassent la cavalerie des ennemis d*y pénétrer: de sorte que, tandis que les habitants des campagnes, frappés d'épouvante, voyaient chaque jour des bandes de brigands, ou de soidisant soldats de toute nation, brûler leurs chaumières, enlever leurs bestiaux et emmener même leurs enfants, les Parisiens, à l'abri de leurs bonnes murailles, ne craignaient aucune attaque, et bénissaient la prévoyance de leur prévôt.
Les malheurs de ces pauvres campagnards accrurent pourtant encore les calamités de cette époque, et vous allez voir ce qui résulta de la détresse de tant de misérables, qui se trouvèrent bientôt réduits à la plus affreuse extrémité. Les barbares qui maltraitaient ainsi ces gens sans défense, ajoutaient encore à leurs cruautés par les plus amères dérisions, disant que pour arracher quelque chose d'un paysan, il fallait frapper rudement Jacques bonhomme : c'était le sobriquet ridicule qu'ils donnait nt à cette classe malheii-
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reuse, dont ils épuisaient ainsi la patience, à force de mauvais traitements.
En effet, ces infortunés ne pouvant plus supporter tant de misères, et réduits au désespoir, se réunirent dans les campagnes au nombre de plusieurs milliers, et formant une armée, rava* gèrent tour à tour tous les environs de Paris, incendièrent les châteaux, dévastèrent les villes et les villages, et déclarèrent surtout une guerre à mort à tous les barons, qu' ils regardaient comme les auteurs de leurs maux, parce qu' ils refusaient de les secourir. Cette insurrection des paysans français, pendant la captivité du roi Jean, est connue sous le nom de la Jacquerie, et accrut ainsi les malheurs publics; car bientôt personne n'apportant plus de vivres dans Paris, les horreurs de la famine vinrent se joindre à la désolation générale.
Cependant, Robert le Coq et Etienne Marcel, au nom des états généraux, supplièrent le dauphin de prendre en pitié le sort de tant de misérables; et pour que, désormais, les dépouilles du peuple ne servissent plus aux largesses des rois envers leurs courtisans, ils lui demandèrent avec instance d'infliger un châtiment sévère à ceux de ses officiers qui s' étaient partagé les trésors royaux. Le dauphin, qui avait un intérêt puissant à ne pas se brouiller avec les états, leur promit tout ce qu'ils voidurent; mais lorsqu'il s'agit de remplir ses engagements, il chercha chaque jour à gagner du temps par de nouveaux prétextes, et finit par ne rien faire de ce qu'il avait promis. ^
Alors, les amis d' Etienne Marcel, qui étaient en
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grand nombre, indignés de ce manque de foi de la part du dauphin, résolurent de lui opposer son beau-frère, Charles le Mauvais, ce roi de Navarre que Jean II avait autrefois privé de sa liberté, et l'arrachant de la prison du Louvre, où il languissait depuis plusieurs années, ils le présentèrent au peuple de Paris, comme le libérateur du royaume, et le réparateur de tous les maux: le dauphin Charles s'aperçut bientôt que c'était un maître qu'on avait voulu lui donner.
Dès ce moment, les états insistèrent plus fortement auprès de lui pour qu'il abandonnât à la vengeance publique les officiers contre lesquels Robert le Coq et Etienne Marcel avaient porté plainte; et le dauphin s' étant laissé conduire à l'hôtel de ville, sous prétexte de se présenter aux Parisiens assemblés, et de leur parler, eut la douleur de voir deux de ses plus fidèles serviteurs égorgés sous ses yeux, et si près de lui, que leur sang jaillit jusque sur ses vêtements. Charles lui-même aurait été exposé aux plus grands dangers, si Marcel, pour le préserver de la fureur populaire, ne l'eût forcé à se couvrir la tête de son propre chaperon, qui était rouge et bleu, et de se montrer ainsi à la populace, qui le salua de mille acclamations.
Or, il faut que je vous dise que ce chaperon, moitié rouge et moitié bleu, que Marcel avait placé sur la tête du dauphin, était une sorte de coiflFure adoptée par les habitants, pour se distinguer entre eux, et il n'y avait guère de bourgeois dans Paris qui ne portât alors ce signe de ralliement, les uns par crainte, les antres par opinion. Cependant, les deux oficiers du dauphin qui aient été si cruellement massacrés à ses pieds,
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appartenaient à la clasBO des barons de Champagne, qui supplièrent ce prince de ne pas laisser impunis de pareils meurtres; et pour lui donner les moyens d'en tirer vengeance, ils le déterminèrent à sortir de Paris, dont le roi de Navarre, en haranguant fréquemment le peuple qu' il soulevait ou apaisait à son gré, était devenu le véritable souverain. Charles de France consentit donc à se retirer au milieu d'eux, pourvu qu'ils s'engageassent à l'aider à se venger des Parisiens, et surtout d'Etienne Marcel, qu'il regardait comme son plus mortel ennemi.
Dans cvtte circonstance, le prévôt prévoyant que de grands dangers menaçaient Paris et la cause qu'il avait embrassée, s'unit plus étroitement au roi de Navarre, et le fit nommer capitaine général du royaume; mais les Parisiens ayant appris peu de jours après, que Charles le Mauvais, tout en paraissant servir le parti du peuple, cherchait secrètement à se raccommoder avec le dauphin, et que même il avait contribué avec les troupes de ce prince, à combattre et à exterminer les Jacques (c'était le nom qu'on donnait aux paysans qui suivaient la Jacquerie), lui ôtèrent ce titre, le chassèrent de leur ville, et défendirent à Marcel de jamais le recevoir dans leurs murs.
Pendant ce temps, le dauphin s'était approché de la capitale avec les soldats que les barons de Champagne lui avaient amenés; mais comme il n'osait point encore attaquer cette grande ville, où il savait que toute la bourgeoisie était en armes, il se contentait d'empêcher les vivres d'entrer à Paris, où déjà la famine se fiûsait sentir avec une nou-
vellc violence, lorsque Marcel, pénétré de douleur à la vue des souÔrances de tout ce peuple, se décida à ouvrir secrètement une porte de cette capitale au roi de Navarre, pourvu que ce prince s'engageât à y introduire les farines et les bestiaux que les troupes du dauphin arrêtaient au passage.
Mais au moment où le prévôt, ayant pris les clefs de l'une des portes principales, allait encore une fois livrer la ville à ce méchant homme, une troupe de bourgeois, conduits par un échevin nommé Jean Maillard, assaillit les compagnons de Marcel, en criant Mont-joie et Saint-Denis, qui était alors le cri de guerre des Français, et Maillard atteignant le prévôt d'un coup de hache, le laissa mort sur la place.
Le meurtre de Marcel, dans cette occasion décisive, changea tout le cours des événements : la faveur populaire qu' il avait possédée sans partage pendant sa vie, se convertit tout à coup en haine furieuse ; son corps tramé dans les rues par la plus vile populace, fut mis en pièces, et précipité dans un égout : Charles le Mauvais se vit contraint de chercher fortune ailleurs, et le dauphin rentra dans Paris oh sa présence fit cesser les désordres.
Vous entendrez dire peut-être quelquefois qu'Etienne Marcel, qui périt victime de la cause qu'il avait embrassée avec tant d*ardeur, excita par son humeur turbulente presque tous les malheurs que je viens de vous raconter; mais ce n'est point ainsi qu'il faut juger ce grand citoyen, qui ne doit point être accusé des maux de ce temps. Marcel avait été choisi par les bourgeois pour être leur premier magistrat et leur défenseur ; il connaissait les souffrances du peuple au milieu duquel il
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vivait, et ce fut dans l'espoir d'y porter remède qu' il consentit à s'attirer la haine du dauphin, ce qui amena sa perte.
Le calme intérieur était à peine rétabli en France après tant d'orages, qu'une nouvelle tempête parut prête à fondre sur elle. Le roi d'Angleterre s'avança presque aux portes de Paris, et le dauphin se décida à tout sacrifier, pour éviter au royaume iine mine complète. Il sollicita donc et obtint d' Edouard III une paix peu glorieuse à la vérité, quoique chèrement achetée, mais qui devait rendre le repos à l'Europe, et la liberté à son père. Le traité fut signé à Brétigny, auprès de Chartres, et une partie des conquêtes du prince anglais demeura en sa puissance. La ville de Calais et le duché de Guyenne forent de ce nombre, et le roi d'Angleterre cessa d'être le vassal du roi de France.
Quant au roi Jean, comme il s'en fallait encore de beaucoup que Ion eût pu réunir la somme énorme que le vainqueur avait ûxée pour sa rançon, il fut convenu qu'il donnerait en otages, jusqu'à ce que cette somme fût payée, un certain nombre des plus grands seigneurs et des plus riches bourgeois de son royaume. A ce prix, la liberté de rentrer dans ses états lui fiit rendue; mais il n'en jouit que peu d'années ; car étant retourné de nouveau en Angleterre, pour y proposer à son ancien ennemi une croisade contre les Sarrasins, il tomba malade à Londres, et mourut quelques jours après.
Plus de vingt ans après la mort de Jean II, Charles le Mauvais, dont la haine contre son beaupère avait tant contribué aux calamités de son rcgnei fut puni, dit-on, d'une manière où Ton *^
MO ^TIENSE KAKCEL.
vello riolenoe, lorsque Marcel, pénétré de douleur à la vue dea souffrances de tout ce peuple, se décida à outtît secrètement une porte de cette capitale au roi de Navarre, pourvu que ce prince s'engitgeàt à y introduire les farines et les bestiaux que les troupes da dauphin arrêtaient au passage.
Mais au moment où le prévôt, ayant pris les clefe de l'une des portes principales, allait encore une fois livrer la ville à ce méchant homme, une troupe de bourgeois, conduits par un éckevin nommé Jean Maillard, assaillit les compagnons de Marcel, en criant Mont-joie et Saint-Denis, qui était alors le cri de guerre des Français, et Maillard atteignant le prév6t d'an coup de hache, le laissa mort sur la place.
Le meurtre de Marcel, dans cette occasion décisive, changea tout le cours des événements : la faveur populaire qu'il avait possédée sans partage pendant sa vie, se convertit tout à coup en haine fiiriense ; son corps traîné dans les mes par la plus vile populace, fut mis en pièces, et précipité dans nn égout ; Charles le Mauvais se vit contraint de chercher fortune ailleurs, et le dauphin rentra dans Paris oH sa présence fit cesser les désordres.
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