‹ L'histoire de France, racontée à la jeunesse. Éd. stéréotype, augmentée d'une table analytiqueChapitre 48 sur 87 · LE COMBAT DES TRENTE · texte numérisé non relu

LE COMBAT DES TRENTE

pour saîior sa proîe^ lorsque le dauphin, se jetant aux genoux de son père, le supplia d'ordonner qu'il ne fût fait aucun mal au roi de Navarre, afin qu'on ne dît pas dans le monde entier, quMl ne Tavait invité à ce festin que pour l'attirer dans un piège.

Le roi, malgré sa colère, parut se rendre aux justes raisons de son fils, et s*en alla dîner, dit l'histoire, avec ceux qui l'avaient accompagné, laissant le roi de Navarre et les seigneurs de sa suite sous bonne et sûre garde. Chacun crut un moment que le ressentiment de Jean était apaisé, et que les Navarrais en seraient quittes pour la peur ; mais à peine le repas fut-il terminé, que ce prince montant à cheval avec une troupe de ses gardes et de ses barons, et faisant amener dans un champ voisin tous les amis de Charles le Mauvais, les livra au bourreau à l'instant même, et leur fit couper la tête en sa présence.

Ce fat ainsi que périrent plusieurs des principaux seigneurs de Normandie, qui n'avaient commis d'autre crime que de montrer trop d'attachement au roi de Navarre. Quant à celui-ci, Jean ordonna qu'il fût conduit pieds et poings liés dans son château du Louvre, à Paris, que vous connaissez déjà, et où il passa plusieurs aimées dans une étroite prison.

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