‹ L'histoire de France, racontée à la jeunesse. Éd. stéréotype, augmentée d'une table analytiqueChapitre 56 sur 87 · LES PROTESTANTS · texte numérisé non relu

LES PROTESTANTS

Depuis Van 1547 Jusqu'à Van 1559.

Le bon roi Louis XII vivait encore, lorsque parut en Allemagne un moine nommé Martin Luther, qui annonça publiquement des nouveautés qui devaient être bien fatales à la tranquillité des peuples et des rois. Il soutint que les chrétiens n'étaient pas obligés de se soumettre au pape, quoiqu'il eût été jusqu'alors le chef de l'Église chrétienne, et conseilla aux gens qui Técoutaient de ne plus aller entendre la messe. Ce n'était pas la première fois, à la vérité, que de pareilles idées étaient annoncées en Europe : déjà en Italie, en France, et en Angleterre, de semblables tentatives avaient été faites contre l'autorité des papes; mais elles excitèrent alors dans plusieurs royaumes une grande fermentation, et tous ceux qui se mirent à suivre les leçons de Luther, reçurent le nom de luthériens.

Quelques années plus tard, et sous le règne de François I*^, on vit paraître en France un autre moine, nommé Calvin, qui annonça à peu près les mêmes choses que Luther avait déjà prêchées en Allemagne ; mais celui-là annonça en outre que

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c'était offenser Dieu, qne de le prier devant les images et les statues qui sont placées dans les églises. Beaucoup de Français de toutes les condi» tîons, depuis les plus grands seigneurs du royaume jusqu'aux dernières classes du peuple, suivirent Calvin, comme ailleurs on avait suivi Luther, et ces gens-là reçurent le nom de calvinistes.

Enfin les luthériens d'Allemagne et les calvinistes de France prirent plus tard la dénomination de PROTESTANTS, parce qu'ils avaient réclamé ou PROTESTiE contre la défense qui leur fiit faite dans une grande assemblée d'évêques, que l'on nomme un CONCILE, de répéter les nouveautés qu'ils avaient proclamées. On employa contre eux jusqu'à la violence ; François I®"* permit que le Parlement condamnât plusieurs protestants français au supplice du feu, et qu'on poursuivît par les armes ceux qui refuseraient d'aller à la messe.

De leur côté, les chrétiens qui ne voulurent pas se faire protestants, se donnèrent le nom de catholiques, ce qui veut dire universels, et cette distinction fut la cause première des guerres cruelles qui suivirent, et que l'on nomme ordinairement les

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