LES FÊTES DE LOUIS XTV
fait magiques, où il invita les plus grands seigneurs, et les plus belles dames de sa cour; et tant qu elles durèrent, les courses de bagues, les carrousels, les danses, les spectacles, et les banquets se succédèrent sans interruption.
L'un de ces festins, qui se donnait dans une Balle de verdure, fut éclairé par plus de deux centô flambeaux de cire blanche, que tenaient en main autant de personnes masquées, et par un nombre infini de girandoles d'or et d'argent.
Tout à coup parurent dans cette salle les Quatre Baisons, vêtues chacune suivant son caractère, et montées, le Printemps, sur un beau cheval d' Espagne ; l' Été, sur un éléphant ; l'Automne, sur un chameau; et l'Hiver, sur un ours. Le premier avait à sa suite douze jardiniers ; le second, douze moissonneurs; le troisième, douze vendangeurs; et le dernier, douze vieillards. Chacun de ces personnages portait sur sa tête un grand bassin rempli de fruits et de mets conformes à la saison qu'il accompagnait.
On vit ensuite des bergers et des chasseurs, placés sur une montagne roulante et couverte d'arbres, déposer sur une table magnifiquement ornée, les tributs de leurs troupeaux et de leur chasse ; en même temps, on entendit une musique harmonieuse, et le roi, la reine et les dames qu*il avait invitées, vinrent prendre place à cette table BUT des sièges élégants.
Une autre fois, pour amuser un jeune prince -étranger, qui venait visiter la cour du grand roi, on servit un somptueux déjeuner dans la belle forêt de Marly, voisine de Versailles, auprès de laquello 8*6levait alors un élégant château royal ;
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tout à coup, on cerf lancé près de la femllée paan comme par hasard sous les jeux du prince ; cette vue excita en lui un mouvement involontaire, car il se plaisait singulièrement à la chasse: ^^ Ohl ohl" s' écria-t-il, ''si j'avais des chiens T' £t aussitôt une meute de chiens traversa la route, et s'élança après le léger animal. Le prince, dans son transport, ajouta qu'il voudrait bien avoir un cheval pour les suivre, et il n'eut pas plus tôt achevé ces paroles, que des chevaux parurent, nonseulement pour lui, mais pour tous les seigneurs qui l'accompagnaient.
Cependant, le soin de ses plaisirs ne faisait pas négliger à Louis XIY celui de sa gloire ; en même temps qu'il aimait à s'entourer de prestiges et de majesté, il savait se faire respecter des nations étrangères ; il ajoutait au royaume 1' Alsace et la FttANCHE-CoMTE, dcux richcs provinces qui avaient autrefois appartenu à Tempire de Gharlemagne ; il ouvrait en France de larges routes et de nouveaux canaux, pour la facilité des communications et du commerce ; il fondait l'hôtel des Invalides, destiné à recueillir et à récompenser les soldats blesôés, ou devenus infirmes au service de leur pays ; il ordonnait que le Louvre devînt un des plus magnifiques palais du monde, et multipliait dans tout le royaume les édifices somptueux et utiles.
Je dois vous dire aussi que ce grand roi, qui régna plus longtemps que tous ses prédécesseurs, vit se former autour de lui une réunion d'hommes tels, que jamais aucun autre pays ni aucune autre époque n'ont offert un pareil assemblage de talents et de grands caractères. Il eut pour généraux le grand GoNDi, le maréchal de Turemne, Vauban