‹ L'histoire de France, racontée à la jeunesse. Éd. stéréotype, augmentée d'une table analytiqueChapitre 7 sur 87 · UB BAPTÊME OB CLOTIB · texte numérisé non relu

UB BAPTÊME OB CLOTIB

ainsi doiméB reçurent le nom de Terbeb bauqubb, parce que les Saliens furent les premiers qui en firent usage; et Clovis eut soin d'en accorder un grand nombre à ses compagnons, pour qu'ils ne s'éloignassent plus de sa personne, et fussent toujours disposés à former son armée.

Mais lorsque les premiers beaux jours du prînteiE^ avaient reparu, on voyait les Franks accourir de toutes les parties de la Gaule, se réunir en fljmes autour de leur roi, et former une assemblée que Ton nommait un Champ de Mars, où ils décidaient de quel côté ils recommenceraient à guerroyer, et surtout à chercher de nouveau butin; le roi était alors obligé de les conduire où ils voulaient aller, et vous n'aurez pas de peine à croire qu'avec de pareilles gens, Clovis n'était pas toujours sûr d'être obéi. Je vais vous raconter, à propos de cela, une histoire qui vous fera voir que le roi des Franks n'était certainement pas leur maître.

Avant que Clovis se &it rendu plus puissant que tous les autres chefis des Franks, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, il arriva un jour qu'il s'empara de la ville de Soissoms, laqueUe appartenait à l'un de ses ennemis. Cette malheureuse ville fut pillée et saccagée de fond en comble, et chacun des Franks rapporta au camp le butin qu'il avait fait, pour être partagé en commuui selon la coutume des Barbares.

Il y avait là, parmi une multitude de choses précieuses de toute espèce, un magnifique vase d'or, orné de ciselures, que Clovis trouva si beau, qu'il demanda au soldat qui l'avait enlevé dans une église, de le lui abandonner pour sa part du butin; mais cet homme grossier, au lieu d'obéir,

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et de céder ce vase an roi, aSma mieux le briser en mille pièces, en le frappant de toutes ses forces avec sa masse d'armes.

n n'en fallait pas tant pour mettre ce prince fort en colère; car il était d'un naturel très^emporté ; et comme il était accoutumé à tout arracher de gré ou de force, il soufirait avec peine qu'on osai lui résister; mais dans ce moment, il dissimula son ressentiment, et n'osa pas, à la face de toute l'armée, punir le soldat qui lui avait désobéi d'une manière si grave.

Maintenant, 11 faut que vous sachiez qu'une masse d'armes était une espèce de massue de £er, garnie de pointes, dont on se servait à la guerre à cette époque, et bien longtemps encore après, pour assommer ses ennemis; et comme cette massue était fort pesante, il fallait être très-fort pour pouvoir seulement la soulever.

A quelque temps de là, le roi, qui n'avait point oublié la désobéissance de son soldat, passa une revue de ses troupes, et fit sortir cet homme du rang, pour le réprimander de quelque faute légère qu'il venait de commettre; mais celui-ci s'étant baissé dans ce moment, pour ramasser quelque chose, le roi, qui portait aussi une masse d'armes, lui fendit la tête d'un seul coup, en^e frappant, dit-il, comme il avait frappé le vase aà Soissons.

La reine Glotilde fut très-affligée, lorsqu'elle apprit la mauvaise action que Clovis avait commise, en s'abandonnant ainsi à un mouvemexlt de colère, et de rancune ; mais elle ne se rebuta point poiur cela, et continua de prier Dieu avec ferveur de

iher l'âme du roi, persuadée qu'il deviendrait '^ur et plus hmnain, s'il voulait se faire bap-

LE BAPTftMB DB OLOTUb tl

tiser et embrasser la religion chrétieimei qui ne permet jamais de B^àbandomier à de si coupables violences.

Dans ce temps-là, il arriva précisément que Clovis fiot obligé de marcher avec son armée à la rencontre d'un nouveau peuple germanique, qui, ayant passé le Bhin, prétendaii chasser les Franks de la Gaule. Les Allemands, c'était ainsi que l'on nommait ce peuple, étaient aussi braves et beaucoup plus nombreux que les soldats de Clovis, et ils devaient être suivis de plusieurs autres tribus barbares, qui auraient bientôt exterminé toute la nation Êranke.

' Clovis s'étant avancé au-devant d'eux, les rencontra dans un endroit appelé Tolbiac, où s'engagea une terrible bataille, qui coûta la vie à un grand nombre de soldats^ de part et d'autre. Lt roi des Franks, malgré son habileté et son courage, manqua d'être pris ou tué dans la mêlée, et pendant un instant la victoire parut lui échapper.

Dans ce moment, Clovis se souvint de ce que la reine lui avait dit si souvent de la bonté de Dieu, qui n'abandonne jamais ceux qui l'invoquent dans leur détresse; et au plus fort de la bataille, il s'écria qu'il se ferait chrétien, avec toute son arméCi si le dieu de Clotilde lui accordait la victoire.

n n'eut pas plus tôt dit ces mots, que ses soldats reprirent courage. Les Allemands au contraire, frappés d'épouvante, s'enfuirent de toutes parts, et la iortone se déclara pour le roi des Franks.

Alors Clovis, reconnaissant que c'était au dieu de Clotilde qu'il devait la défaite de ses ennemis, fit sav(nr à cette princesse qu'il voulait se faire baptiser; et la joie qu'elle en ressentit fut sî

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grande que peu s'en fallut que cette bonne notl* velle ne la fît mourir de plaisir.

En effet, peu de temps après, le roi pria uii saint évêque, nommé Bemi, de le baptiser avec trois mille de ses soldats, dans l'église de la ville de Ri:iMs, où il y eut une belle cérémonie dont on n'a jamais perdu le souvenir.

C'est en mémoire de cet événement remarquable^ que l'usage s'établit, plusieurs siècles après, d'âme*ner en grande pompe les rois français danô la même cathédrale de Eeims, non pas pour les j baptiser^ parce qu'ils étaient toujours baptisés en naissant) mais pour y recevoir la couronne au milieu d'une cérémonie religieuse, à laquelle on donnait le nom de Sacre du roi.

Un grand nombre de Franks suivirent l'exemple de Clovis, et reçurent le baptême peu de temps après lui; mais il y en eut encore beaucoup d'autres qui continuèrent à adorer les faux dieux. Ce ne fut que par la suite des temps, que toute leur nation se convertit au christianisme, qui depuis cette époque a toujours été la religion pratiquée dans les Gaules.

Vous trouverez dans plusieurs livres, mes jeunes amis, et surtout au bas de beaucoup d'estampes, Clovis désigné comme le premier roi de France; c'est une erreur dont il faut vous défendre, parce que, du temps de Clovis, il n'y avait encore ni royaume de France, ni peuple français. Les GaulcSj dont VOUS savez que ce prince n'occupait que la partie comprise entre le Rhin et la Loire, étaient alors habitées par des Gaulois, des Burgondes, des *"* 'içoths et une multitude d'autres Barbares, par- -uels les Franks n'étaient que des étrangers.

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C'était de ces derniers seulement que Clovis était le roi ; les autres ne lui étaient soumis que lorsqu'il était le plus fort; et il fallut encore plusieurs centaines d'années avant que tous ces peuples, en se mêlant, formassent véritablement la nation fran* çaise, comme je vous le dirai plus tard.

Quoique Clovis, parmi les Franks saliens, ait le premier embrassé le christianisme, plusieurs che& de sa famille, et entre autres son aïeul MiROWia, et son père Cbildebic P^, avaient conduit avant lui des bandes de Franks dans l'intérieur des Gaules; et c'est à cause du premier de ces princes, que l'on a donné le nom de Mérowings à toute la suite des rois de la même dynastie, qui régnèrent successivement sur la nation franke.

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