ENTREVUE DE LA FERTÉ- BERNARD
avec des propositions de paix' [8321]. Ces deux messagers allèrent à Paris, où ils trouvèrent le roi de France. Mais le comte de Poitiers les avait prévenus, en envoyant à Pliilippe des hommes habiles qui les entravèrent et les empêchèrent de rien conclure avec le roi. Guillaume de Longchamps, qui était si rusé^, se trouvait là. Ils revinrent auprès du roi d'Angleterre et lui rendirent compte de leur mission. Le roi vit bien alors qu'il n'y avait plus qu'à se battre. Il demanda conseil à ses barons, mais nul ne sut lui dire ce qu'il y avait à faire. Il fit alors fortifier la cité du Mans, réparer et redresser les fossés et abattre les maisons qui étaient placées trop près des portes et nuisaient à l'établissement des fossés. Les choses allèrent ainsi jusqu'à la Pentecôte^ [8344]. A cette époque, le roi de France, voulant tromper le roi Henri et lui nuire, prit avec lui un rendez-vous entre la Ferté-Bernard et Nogent-le-Rotrou ^ Des deux parts, on s'y rendit à cheval et en armes. Les Français y eurent une attitude hautaine; le comte de Poitiers y vint en force^ et se rangea, avec le roi de France, contre son père. Cette conférence n'aboutit point; on se sépara sans avoir rien décidé. Le roi d'Angleterre partit de la Ferté très mécontent. Il y laissa,
1. Nous n'avons pas d'autre témoignage sur cette négociation.
2. Chancelier de Richard comme comte de Poitiers et comme roi d'Angleterre, fait évêque d'ÉIy le 6 janvier 1190. Il fut l'un des grands juges à qui Richard, à son départ pour la croisade, laissa le gouvernement de l'Angleterre. Il mourut le 31 janvier 1197. Les historiens sont à peu près unanimes à blâmer son orgueil et son ambition. Giraud de Barri notamment l'attaque violemment en plusieurs de ses écrits. Cependant, son éloge a été fait en vers rythmiques par un contemporain {Annuaire-Bulletin de la Société de l'histoire de France, 1885, p. 128). On peut voir sur Guillaume de Longchamp la notice de Miss Norgate dans le Dictionary of national biography^ Longchamp.