RECONNAISSANCE DIRIGÉE PAR LE MARÉCHAL
du roi de France. Ils se revêtirent le lendemain malin de leur armure de linge* pour être plus légers, et passèrent FHuisne^. Il faisait un brouillard épais qui gênait la reconnaissance quMl s avaient à faire. Ils allèrent jusqu'au moment où ils se rencontrèrent avec les coureurs ennemis. La partie ne leur parut pas égale. Ils montèrent sur leurs chevaux^, prirent leurs écus et leurs lances et se mirent en retraite au pas. Robert de Souville dit alors au Maréchal : « Sire, si vous le voulez bien, j'irai faire « savoir au roi avec quelles forces le roi de France marche « contre lui. — Non, » dit le Maréchal, « cela ne servirait à rien, a Mais je vais aller voir avec Gaufroi de Brulon quels gens ce « sont là et comment ils se comportent » [8426]. Et, ayant gravi un tertre, ils virent toute l'ost du roi de France passer si près qu'on aurait pu l'atteindre d'un trait d'arbalète. Ils revinrent vers les leurs, et alors Robert de Souville offrit de nouveau d'aller annoncer au roi ce qu'ils avaient vu ; mais le Maréchal s'y opposa encore, a Ah! » dit alors Gaufroi de Brulon, a quel dommage qu'Eumenidus n'ait pas eu un messager « tel que vous. Vous lui auriez été bien utile ''! » Les chevaliers se mirent à rire [8450]. Gaufroi de Brulon proposa au Maré-
Du Cange, Marescallus aul^b). L'office de maréchal du roi ou grand maréchal était héréditaire dans la famille de Guillaume le Maréchal et était tenu à cette époque par Jean, frère aîné du héros du poème.