Par opposition à l'armure de fer, le haubert
2. D'après le poème, le roi de France devait être en dernier lieu à Montfort, qui est sur la rive droite de l'Huisne, comme le Mans, de sorte qu'une reconnaissance partant du Mans pouvait rencontrer l'ennemi sans passer cette rivière. Mais Ben. Peterb. nous dit que le roi de France avait feint de se diriger sur Tours (/ingens se Turonim iturum, II, 67), ce qui suppose qu'il avait passé l'Huisne, et les éclaireursde Henri II durent en faire autant.
3. Étaient-ils jusqu'à ce moment sur des palefrois? ou avaient-ils mis pied à terre?
4. Dans la partie du roman d'Alexandre qui est connue sous le nom de Fuerre (fourrage) de Cadres, Emenidus et ses hommes sont attaqués par des forces supérieures. Emenidus prie vainement ses hommes les uns après les autres d'aller demander du secours à Alexandre. Tous s'y refusent, considérant comme ignominieux de déserter le champ de bataille; voir mon Histoire de la légende d'Alexandre, H, 155. Emenidui, et non pas comme ici Eumenidus^ est la leçon des mss. du roman d'Alexandre.
lO'i MESURES PRISES POUR LA DÉPENSE DU MANS. [1189
chai de charger les coureurs, qui étaient tout près. « Avant <i quMls puissent être secourus, » dit-il, « nous leur prendrions « leurs roncins*. »> Le Maréchal fut d'un avis contraire, faisant remarquer qu'il ne fallait pas fatiguer inutilement les chevaux pour gagner vingt ou trente roncins dont on n'avait pas besoin. Ils revinrent au Mans et rapportèrent au roi ce qu'ils avaient vu [8478].
Le roi sortit de la ville avec ses barons. 11 fit rompre le pont de THuisne et enfoncer des pieux dans les gués pour qu'on ne pût y passer ni à pied ni à cheval. 11 ne croyait pas quMI y eût aucun autre gué. Sur ces entrefaites ils aperçurent de l'autre coté de l'eau le roi de France qui s'avançait à la tête de toutes ses forces. Il fit tendre les pavillons près d'un bois appelé le Parc', à un trait d'arc de la rivière, pour passer la nuit [8500]. Le Maréchal conseilla au roi de rentrer, pour faire reposer les chevaux. Ce qui fut fait. Ils allèrent en ville et il fut décidé que, si le roi de France venait de ce côté, on incendierait les faubourgs [85-15]. Le lendemain, on fit chanter la messe de bon matin, car on redoutait la grande ost du roi de France. Le Maréchal s'arma. Le roi, au contraire, sortit désarmé par une porte en aval, du côté de la Maison-Dieu 3 [8523]. 11 dit au Maréchal : « Désarmez- « vous; pourquoi étes-vous armé? — S'il vous plaît, » répondit le Maréchal, « je préfère être ainsi. Mes armes ne me gênent a pas et je ne veux pas les quitter avant de savoir quel faix nous « aurons à supporter aujourd'hui. Nous ne savons pas ce qu'ils ({ voudront faire. — S'il en est ainsi, » reprit le roi, « vous ne
1. 11 faut conserver ce terme de l'ancienne langue qui désigne un cheval de qualité inférieure, car on va voir l'auteur opposer les roncins aux chevaux proprement dits.
2. Ce bois, qui devait être un reste de l'ancienne forêt du Mans on de Longaunai, n'existe plus. Le nom même a disparu.
3. Établissement fondé par Henri II, vers 1180, au sud du Mans, vers Pontlieue, sous le nom Maison-Dieu de Coefort {de Cauda forti); voir Th. Cauvin, Recherches sur les établissements de charité et d'instruction publique du diocèse du Mans (1825), p. 19. C'est maintenant une caserne. La porte en aval, par où sortit le roi, est celle qu'on nommait la c Vieille porte ». Voy. le mémoire de M. l'abbé Ledru, intitulé Prise du Mans par Philippe-Auguste, le \2juin 1189, dans La province du Maine^ recueil mensuel, IV (1896), 8.