H89] LES FRANÇAIS PASSENT L'HUISNE A GUÉ
« viendrez pas avec moi ! » Il fit désarmer son fils le comte Jean, en qui il avait toute confiance, ainsi que Girard Talebot^, Robert de Tresgoz^ et Gaufroi de Brulon^. Ils dépassèrent la Maison- Dieu et là tinrent conseil. Ils virent bientôt l'avant-garde du roi de France chevauchant dans la direction du pont que l'on avait rompu. On ne croyait pas qu'il y eût un gué à cet endroit, mais, ayant sondé avec leurs lances, les Français trouvèrent le meilleur gué du monde*. Gela déconcerta nos gens. « Sire, » dit Robert de Tresgoz [8564], « voici venir leurs chevaliers. » Girard Talebot courut sur un chevalier qui galopait en avant des autres et lui brisa sa lance sur Técu. Richard Fils-Herbert^ fit de même avec un autre chevalier [8584].
Le Maréchal, aussitôt, demanda son heaume à Jean d'Erlée, disant que ceux qui étaient désarmés devaient bien le regretter. Jean lui ayant lacé son heaume, le Maréchal se mit en défense devant la porte, si bien que les Français qui vinrent le frapper ne purent rien gagner sur lui. Ceux qui se trouvaient sur la porte et sur la bretèche criaient : « Çà, Dieu, aide au Maré- « chai ! » Alors vinrent à la rescousse Baudouin de Béthune, Hue de Malaunoi*, Renaut de Dammartin, qui devint comte de Boulogne^, Hue de Hamelincourt ^, Eustache de Neuville^, EustachedeCanteleu^^, Raoul dePlomquet^\ Pierre Mauvesin^'^